Finalement je me sens prête en avance pour mon examen. Ça a été plus vite que je pensais. Je vais pouvoir me reposer ce soir. Je pensais que j’avais plus à apprendre. C’était probablement à cause de tous les fractionnements de travail. Je sais que je ne suis pas obligée… que je pourrais ne rien faire… mais ce ne serait pas bon pour ma santé mentale. Il n’y a pas tant de matière non plus. C’est surtout un cours où l’on doit apprendre à identifier certaines choses dans le récit de différentes personnes.
Même si je ne suis pas très en forme ces jours-ci, ça me fait du bien d’être à la maison. Au travail je me sens comme si j’avais un essaim de guêpes autour de la tête. Tous les commentaires mesquins sans fin… Ce ne sont pas des choses fondées, non. Ce sont des commentaires rabaissants de personnes qui n’ont pas travaillé sur elles-mêmes et qui pensent qu’en disant des méchancetés aux autres elles iront mieux. Mais ça ne fonctionne pas comme ça, non. Il faut regarder en soi pour aller mieux. Pas détruire les autres.
Ce qui a été le plus traumatisant dans l’histoire je pense c’est à quel point certaines personnes se sont foutues de ce que ça me ferait vivre. C’est un manque de conscience de la lute et de respect épouvantable. C’est une immaturité qui m’énervait déjà durant ma vingtaine… vous pouvez imaginer ce que ça me fait de réaliser que les gens sont encore comme ça vingt ans plus tard… vingt ans que moi j’ai passé en thérapie à me reconstruire de l’impact des problèmes des autres… Mais ça, ça n’a pas d’importance aux yeux de ces personnes… parce qu’elles pensent à elles. Pas à moi.
Ce congé de maladie que j’ai, il sert à ça: à penser à moi, à prendre soin de moi. À voir si les symptômes vont diminuer. À identifier ce que je me sentirai capable de faire à l’avenir. Chose certaine, je ne peux pas passer les vingt ans de travail actif qu’il me reste à subir les mêmes comportements toxiques que je subis depuis treize ans. Ça me gâche la vie et je ne pense pas que j’y survivrais en fait. C’est décourageant.

J’ai peur de la suite. J’ai quand même confiance en ma résilience malgré le fait que mon image de moi est abîmée par toute cette violence et la dépression majeure.
J’ai envie de gens qui se souvient des autres et les respectent.