J’ai passé mon examen ce matin. Je pense que ça a bien été. L’examen était bien fait. J’ai fini avec une heure d’avance. J’ai eu le temps de tout relire et de corriger trois réponses. J’en ai un autre demain. La matière des deux cours de recoupe. Je pense que ça ira. Je me sentais vivante en faisant l’examen. C’est la qu’on voit que je suis une vraie nerd. J’adore passer des examens, faire les liens entre les choses, trouver des pièges et… Analyser, comprendre, éclaircir, relier… Ce sont les plus grands plaisirs dans ma vie.
Oui… ce dont je parlais hier, c’est la plus grande blessure, je pense. De voir combien les gens se soucient peu de ce que vivent les autres, de ce qu’on a du traverser, du travail que l’on a fait pour arriver là où l’on est. La plupart des gens qui ont vécu les choses que j’ai vécues sont mortes ou pas loin, droguées dans le fond d’une ruelle. Alors que pour moi ça se respecte, la force et le travail que ça m’a pris pour dépasser tout ça. Voir des gens arriver et agir comme si rien n’était leur faute ou essayer de me détruire sciemment, parce que c’est en partie ça, ça me dégoûte et ça m’horrifie. Je n’aurais jamais l’égocentrisme et le culot d’essayer de faire croire que j’ai maltraité quelqu’un parce que j’ai vécu un traumatisme ou parce que je ne savais pas… Vous êtes responsables de qui vous êtes et de ce que vous faites. L’inconscience, l’ignorance et la violence sont des choix.

Ça a été une meilleure journée qu’hier où j’avais fini en larmes d’épuisement. J’ai vu mon psy après mon examen. Il n’était pas surpris du diagnostic de mon médecin. Ça m’a fait du bien de pouvoir parler de la peur que j’ai ressentie face à l’intensité des symptômes. Je n’avais jamais vécu ça avant. Pas autant et pas aussi intensément en même temps. J’ai moins peur aujourd’hui. Je suis tombée par hasard sur une publication qui rendait hommage à mon ex qui s’est suicidé. Ça me donne encore un coup au cœur chaque fois que je vois son visage. Je l’ai beaucoup aimé. J’ai choisi de voir ça comme un signe que je dois prendre soin de moi et, surtout, choisir un autre chemin. J’ai encore des choses à faire.
J’ai besoin de retourner dans le monde aussi. J’ai besoin de me trouver un espace où je ne serai pas sans cesse retraumatisée par des personnes qui ne se soucient pas de l’impact qu’elles ont sur les autres ni du temps et de l’énergie qu’elles nous font perdre. Des gens qui s’imaginent avoir des droits qu’ils n’ont pas.
Je le fais, moi, le travail sur moi. Aux autres de faire au moins quelques efforts.
Ça fait du bien la pluie. C’est apaisant.
On reste au chaud.

Oui… j’ai beaucoup d’animaux en peluche… parce que c’est bon pour la santé mentale et parce que je manque de tendresse et de réconfort.