Centre-Sud, mon amour

J’ai des jours avec et des jours sans. Je suis encore souvent horrifiée par ce qu’elles ont fait à mon travail. Je ne pense pas que ça disparaîtra complètement, ne serait-ce que parce que c’est horrifiant. C’est un fait. Ce que je ressens est normal. Par contre quelque chose a changé en moi et je me sens assez forte pour faire face à tout ça à la rentrée… même si j’aurais préféré ne rien vivre de toute cette histoire. C’était vraiment du gros n’importe quoi. C’était extrêmement blessant et violent. Mais surtout faux.

Les jours passent vite. J’ai commandé mes livres hier. J’ai hâte de voir ce que les élèves en penseront. J’ai quand même besoin de la fin des vacances. Pour finir d’écrire mon livre. Pour me remettre encore le plus possible.

Mes collègues trouveront certainement quelque chose de négatif à dire sur ma sélection… mais rendu là je pense qu’on s’en fiche pas mal de ce qu’elles peuvent penser. J’ai aussi une infernale quantité de choses à faire d’ici la rentrée. Je vais me concentrer sur ça.

Mon psy revenait de vacances hier aussi. Ça m’a fait un bien fou de le voir. Lui aussi est encore découragé de ce que j’ai subi. Il a relevé beaucoup d’incohérences dans les histoires inventées à mon sujet. J’en avais déjà identifié plusieurs mais ça a fait du bien de l’entendre de sa bouche. J’ai besoin d’être entourée de personnes qui savent se remettre en question et travailler sur elles-mêmes.

Aujourd’hui on a dû appeler la police et une ambulance pour faire rentrer mon voisin à l’hôpital. Sa démence a trop avancé. Il se battait avec des gens invisibles. Ses hallucinations et ses crises sont devenues de plus en plus rapprochées. Ça m’a brisé le coeur. Mais il sera plus en sécurité comme ça.

Malgré tout ce que j’ai vécu dans ce quartier, je pense que j’ai décidé d’y rester encore et d’acheter quelque chose dans le coin. J’ai tellement aimé vivre ici avant le voisin harceleur. J’aime faire ma vie à pied. J’aime être confrontée à toutes les classes sociales et à toutes les émotions ici. Je ne voudrais pas vivre dans un endroit aseptisé où on cache la souffrance des gens. Rester près de la bibliothèque (où je passe la majorité de mon temps) et avoir plus d’espace pour moi et les chiens… et toutes mes passions et activités. Ce sont mes priorités. Je vais commencer par chercher un courtier.

Cassius aime ce nouveau revêtement de sol…

J’avance vers une vie plus heureuse. J’aimerais que ça aille plus vite… mais l’important c’est que ça avance.

À plus!

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