Centre-Sud, mon amour (2)

Concernant ce qui m’est arrivé au travail, voilà pas mal tout ce qu’il me reste à dire:

J’en ai assez parlé. Tout le monde sait que ce que j’ai vécu est inacceptable et illégal.

Je lis ça. Ça aide un peu:

J’ai hâte d’arriver aux explications liées aux neurosciences… ça promet.

J’ai pleuré beaucoup aujourd’hui. J’ai du parler de mon historique relationnel et j’ai réalisé que même si je le sais avoir bien exploré plusieurs choses, il reste encore des zones grises. Pendant un temps ça ne m’a pas trop dérangée de sortir le plus possible de relations de ma vie. Je n’ai pas peur d’être seule et je n’ai pas peur du rejet. Mais maintenant j’ai peur des gens. Je dois explorer cette peur dans les prochaines semaines. J’en sais certaines choses, mais il y a aussi plusieurs choses que j’ai volontairement poussées hors de ma conscience immédiate et je me sens prête à explorer tout ça, ne serait-ce que pour me libérer de ce poids énorme qui me fatigue depuis longtemps.

Cette semaine j’ai croisé un homme que j’aimerais connaître vraiment. Je ne sais pas dans quelle optique, ami, connaissance ou autre. On se suit juste sur les réseaux mais on ne s’est jamais parlé. On s’est reconnus je pense, mais je n’ai pas osé lui parler. Je ne sais plus trop comment agir avec ces histoires de réseaux. D’une côté il y a la moi qui est timide de base. Il y a aussi la moi profondément traumatisée qui me suis sentie emplie d’une terreur sans nom un terreur terrassante, oui. Je ne pense pas que ça vient de lui. Ça vient de toutes les horreurs que j’ai vécues, incluant celles récentes aussi. C’est tellement arrivé souvent que maintenant j’ai toujours peur que derrière un masque de gentillesse, les gens se révèlent être des monstres. Pas toujours des masques machiavéliques… mais souvent des monstres qui n’ont pas réglé leurs problèmes et qui se défoulent sur les autres en essayant de les abaisser, voire de les détruire.

J’ai assez donné.

C’est épuisant.

Ça m’a fait pleurer. J’aurais aimé ne pas être dans cet état et au moins lui avoir dit bonjour. Je ne sais plus trop comment dépasser tout ça et ça aide pas que les horreurs s’accumulent depuis longtemps.

Après que j’aie parlé de ces choses dans le contexte où j’étais, quelqu’un d’autre a parlé et s’est mis à dire des horreurs homophobes et ça m’a fait mal. Pas parce que je serais secrètement homosexuelle, non. C’est parce que je ne supporte plus les propos haineux ni les préjugés envers la différences. C’est horrible. C’est encore plus souffrant quand on a soi-même vécu des préjugés ou des violences en raison de nos différences. Je n’ai pas de patience pour ça.

Heureusement, la personne qui menait la rencontre a mis fin au tour de parole de cette personne et à la rencontre. Je suis rentrée très triste, dépassée par le fait que des gens puissent être aussi intolérants et entretenir des pensées aussi haineuses.

J’étais fière du courage de la personne qui a mis fin à la rencontre. J’étais soulagée aussi. Ça m’a donné de l’espoir aussi de voir qu’il existe des espaces où on n’essaie pas de me forcer à endurer la violence des autres. Il y a aussi des endroits où on m’en protège.

C’est une très bonne chose.

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