Les vilains et les sous (2)

Dans une série que j’écoute ces jours-ci, Alertes, un personnage masculin a dit cette phrase à une autre homme: « Ça va être plus facile de rencontrer quelqu’un quand tu vas être toi-même devenu quelqu’un au lieu d’une joke ambulante de mononcle cochon qui a des criss de besoins. ». Je pense que j’ai du rire pendant une dizaine de minutes. J’en ris encore en fait à chaque fois que ça me traverse la tête.

La dernière chose que je voudrais préciser au sujet du dernier gars qui m’a abordée, mais ça ne parle pas vraiment de lui… c’est un point important pour tout le monde, mais c’est quelque chose qu’il m’a dit qui m’a fait repenser à ça. Il m’a dit qu’il ne me jugeait pas parce que j’avais un blogue sur les violences que j’ai vécues… C’est très étrange. Ça m’a fait penser à toutes ces personnes qui font des choses atroces aux autres et se disent ensuite horrifiées qu’on en parle. Il ne devrait même pas avoir à se demander s’il me juge ou pas. Si j’écrivais sur des tailles de pénis ou des problèmes érectiles de mes exs ou des conneries du genre, j’accepterais qu’on me juge… puisque je ne jugerais moi-même pas ça très intelligent ni respectueux de ma part… Ce seraient aussi des questions intimes et oui je pense que certaines choses intimes doivent rester entre deux personnes. Mais la violence, la violence sous toutes ses formes, c’est toujours une question sociale et non une question intime, et ce, peu importe si elle se passe dans une chambre ou dans la rue, dans un couple ou entre des étrangers. Personne au monde ne vous doit le silence pour les choses dégoûtantes que vous faites aux autres, peu importe ce que vous vous racontez à vous-mêmes pour justifier vos comportements violents… comportements que vous appelez toujours autrement, par exemple en utilisant le mot « petit défaut »… La seule chose qui est personnelle à la personne qui vit la violence c’est si elle décide d’en parler ou pas. A partir du moment où vous faites quelque chose de blessant dans la vie d’une personne, eh bien vous êtes dans la vie de l’autre et alors cet autre a le droit d’en parler… mais c’est ca que beaucoup de personnes ont l’air de ne pas comprendre. L’autre est une personne avec une vie complète… Il faudrait donc envisager ces petits détails avant de penser que tout tourne autour de vous et que seulement votre vie doit être protégée.

Je n’ai pas le choix de constater qu’il devient de plus en plus difficile pour moi de faire confiance aux autres. je remarque aussi que j’ai tendance à m’isoler de plus en plus. Je pense que c’est un peu normal après toutes les trahisons que j’ai vécues. Je ne sais plus comment faire confiance aux gens à part quelques exceptions qui font partie de ma vie. J’ai toujours peur que l’autre se révèle pourrit intérieurement et débiteur d’horreurs maintenant. Je n’aime pas ça. Je vais devoir travailler fort là dessus durant les prochaines semaines. Je ne peux pas me laisser glisser hors de la vie.

Je sais que c’est liés à tout ce que j’ai vécu et aux symptômes qui persistent dans ma vie aussi… mais la bonne nouvelle c’est que je vais avoir une entrevue pour déterminer si j’aurai droit à un suivi psychosocial pour le stress post traumatique… Il est possible aussi que je reçoive une indemnisation. Ce sera probablement surtout symbolique , mais c’est pour ça que je fais la démarche… même si je sais que mon expérience et mon état sont valides, ça me ferait du bien, oui, que ma situation et les violences que j’ai vécues soient reconnues par la société dans laquelle je vis.

Bonne nuit et à plus!

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