Toujours l’amour…

Je n’aime pas trop parler encore de ça, mais puisque c’est un exemple que tout le monde connaît, je vais l’utiliser. Il y a eu un moment où une idée, qui me semble personnellement vraiment étrange, a commencé à se répandre dans les esprits comme un feu de forêt. C’était celle voulant que les personnes qui portaient le masque le faisaient parce qu’elles avaient peur de la Covid… et que ceux qui ne le portaient pas étaient les vrais courageux. Cette idée s’est répandue même chez des personnes normalement intelligentes et instruites. J’avoue que ça m’a vraiment troublée. Ça me trouble encore. Ça me trouble parce qu’il me semble que pour ces personnes, la maladie était quelque chose que les personnes voyaient comme ne les concernant qu’eux personnellement puisque bien sûr, dans leur esprit, si c’est une question de courage de ne pas mettre de masque, ça semble impliquer qu’ils pensent qu’ils sont les seuls à mettre en danger s’ils attrapent la Covid. J’ose espérer qu’ils s’aveuglaient à ce sujet parce que l’autre option, celle où ils risquent de contaminer d’autre personnes et qu’ils s’en câlissent me semble un peu trop perturbante et décourageante, assez pour me péter la tête sur un mur… C’est peut-être quand même ça, la vérité. Peut-être qu’ils s’en fichaient que d’autres personnes soient malades à cause d’elles, voire risquent de mourir. Ça arrive souvent que les gens s’en fichent, même les personnes disant d’elles-mêmes qu’elles sont de bonnes personnes, oui.

Un peu plus tôt cette année, quelqu’un m’a demandé pourquoi je portais encore mon masque en classe. Ma réponse a été: la seule période où je l’ai enlevé, j’ai attrapé la Covid immédiatement et je ne veux pas revivre ça. L’autre s’est mis à rire un peu de moi en me disant que les études démontraient que le masque protégeait plus les autres que moi. J’ai répondu: je ne comprends pas comment ce pourrait être une mauvaise idée de le porter alors… et peut-être que les autres devraient aussi le porter pour me protéger. Il a répondu: c’est vrai. Je me sens mal de ne pas en avoir maintenant. Je suis repartie un peu secouée par cette conversation. Est-ce que j’ai toujours été trop idéaliste de penser que les gens se souciaient au moins un minimum des autres? Est-ce que j’ai projeté ma conscience sociale sur les autres alors qu’ils en ont juste une quand ça les arrange? Et d’autres questions du genre…

Ça me fait penser un peu à comment je me sens face à l’amour des autres ces jours-ci. Il y a un comédien que j’ai fréquenté durant mon adolescence et puis durant ma trentaine deux fois et qui était, avec le recul, vraiment le comble de l’égocentrisme. Voir l’image… (Je l’ai déjà mise, oui.) C’est le même, oui… il devrait y avoir une bd cet été. Il disait pas mal de choses intelligentes et réalistes…

Ce gars-là m’a dit un jour: « Tu n’iras pas chier loin dans la vie avec ton amour de Gandhi! Il va falloir que tu finisses par te rendre compte que dans la vie tout le monde se câlisse de tout le monde et c’est bien correct de même! ». Étant plus inutilement baveuse qu’aujourd’hui à l’époque, je lui avais répondu que c’était beau d’avoir une telle indépendance de pensée . Puis je lui ai servi le classique sur tout le monde qui se jette en bas du pont, qu’il les suivrait puisqu’il fallait toujours faire comme tout le monde… il n’a pas aimé ça.

Mais ces jours-ci, je me demande si je n’aurais pas dû partiellement suivre son conseil et assumer que tout le monde se fiche effectivement de tout le monde. Probablement que j’aurais mal moins souvent… mais je ne pense pas être capable vraiment. Je ne suis pas très bonne pour me ficher de l’ensemble des autres. Mais je ne suis plus certaine non plus de pouvoir les aimer vraiment non plus.

On a compris que les dernières histoires, sous l’effet de l’accumulation de toutes les autres avant, ont fini de m’achever en un sens. Même si je parle d’accumulation, chacune de ces histoires était en soi profondément décourageante alors l’accumulation des autres ne suffit pas à minimiser leur gravité individuelle non plus… mais bon. C’est difficile de vivre parfois, après tout ce qui m’est arrivé, après ce manque d’amour et de respect infini, après chacun de ces moments où peu importe ce que je dis et que j’explique, même quand je ne demande rien, l’autre choisi quand même d’agir comme un cave. C’est décourageant à la longue et oui, je finis par me demander si je suis encore capable d’aimer et même si j’en ai simplement envie.

Je trouve difficile d’imaginer comment peuvent être mes relations avec les autres maintenant. J’en ai encore des bonnes, mais quand même, les dernières années ont été incroyablement perturbantes et je me demande sincèrement pourquoi les autres sont si pleins de haine et incapables de s’intéresser à la réalité de l’autre en face d’eux, à sa vie, ses besoins et… Je ne sais pas trop quoi faire. Je ne sais plus comment faire.

Je vais commencer par lire beaucoup, j’imagine, avec mes superbes nouvelles lunettes dont on jugera bien sûr important de me dire qu’elles ne sont pas sexy en confondant son opinion personnelle avec un jugement universel et la loi.

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