L’idée que je me fais des autres…

            L’idée que je me fais des autres est généralement trop positive. J’ai souvent tendance à commettre des erreurs. Par exemple de projeter mon intégrité, mon authenticité, ma conscience et mon respect de l’autre sur les autres, alors qu’ils ne les possèdent absolument pas. Et je reste stupidement déçue à chaque fois. Honnêtement surprise et sous le choc. Je ne sais pas pourquoi je fais ça. C’est de toute évidence une perte de temps et d’énergie. Je vais essayer de cesser de le faire maintenant. 

            Ce matin, avec une amie, nous parlions de l’égocentrisme ambiant. Je disais que j’étais triste ces jours-ci. En bonne partie à cause de l’épuisement probablement et le fait d’avoir bientôt fini de travailler aidera fort probablement ma remontée… mais je pense qu’on peut dire que j’ai eu une très mauvaise année sur le plan humain. Être le bouche-trou d’un gars triste que sa blonde soit partie et qui n’a clairement aucun respect pour moi, me faire regarder de haut par une ARTISTE qui n’a pas accompli la moitié de ce que j’ai accompli dans chacune de mes différentes carrières et qui n’a pas l’air de comprendre que pour se faire un nom il faut travailler mais qui prétend étrangement que j’ai du mépris pour les artistes alors que j’en suis une… , voir des gens se mettre en compétition avec moi sur comment se remettre de traumatismes graves et… Il me semble que ces comportements ont quelque chose d’abracadabrant et que je mériterais clairement d’être traitée mieux que ça, et ce, même si oui, je suis consciente que les gens nous traitent à partir de ce qu’ils sont et non à partir de ce que nous méritons. 

            J’ai le cœur en poussières. Je l’ai senti cette semaine quand j’ai été confrontée de force à la présence d’une personne qui m’a blessée dans un endroit où j’aime aller. C’était bizarre. Comme si je sentais réellement les fragments de mon cœur brisé et les reflux des déceptions et blessures remonter. J’ai regardé ailleurs et j’ai continué mon travail, mais je m’en serais vraiment passé, de sa présence nocive dans ma vie. J’ai dit aussi à mon amie que j’ai rencontré de très bonnes et très intéressantes personnes cette année, mais on dirait que parce que les personnes qui m’ont blessée sont dans mes milieux de vie, de création ou de travail, ça rend plus difficile d’en faire abstraction et de ne plus y penser. Je suis normalement quelqu’un qui croit très fort en l’exposition. C’est-à-dire que si quelqu’un me blesse dans un endroit où j’aime aller, je continue en général à y aller et à me sentir à ma place jusqu’à ce que ma peur et ma tristesse s’épuisent. Mais ces jours-ci, je suis fatiguée. Je ne suis pas juste fatiguée, je suis presque morte. Intérieurement du moins. Je regarde les gens aller et je me sens dépassée par l’absurdité. L’autre jour, alors que je parlais avec un homme sur le bord de la rue, le voisin qui m’a terriblement blessée est passé entre nous et s’est retourné vers moi de façon agressive. Il se déplaçait de façon brusque et a traversé quelques pas plus loin… L’absurdité de la situation m’a encore une fois choquée. Je ne sais pas où il trouve l’arrogance d’être fâché contre moi alors que c’est clairement lui qui a merdé et mal agi. C’est insensé. Et non, le fait d’avoir parlé de ce qu’il m’a fait n’est pas mal ou méchant de ma part. C’est juste normal. La plupart des gens m’ont en fait trouvée plutôt gentille avec lui vu ce qu’il avait fait. S’il s’était soucié le moindrement de moi et de comment la situation risquait de m’affecter, il n’aurait pas agi comme il l’a fait durant la soirée ni dans les mois qui ont suivi.   

            Une autre amie a ri hier devant l’effective absurdité totale d’une chose qui m’a été faite… et c’est vrai que c’est drôle, avec un peu de recul, mais quand même… L’orgueil et l’ego des autres ne semble pas toujours avoir une limite au-delà de laquelle ils sont incapables d’être en mesure de comprendre que leur comportement est complètement insensé et blessant. Je sais que par là ils protègent leur fragilité psychique. Ça reste épuisant. Je préférerais sincèrement qu’ils aillent chercher de l’aide plutôt que de se défouler sur moi ou d’autres. Je sais bien que je ne suis pas parfaite. Le fait d’être neuroatypique me fait parfois par exemple dire les choses de façon plus abrupte que ce à quoi les gens sont habitués dans une société hypocrite qui tolère les plus grands égarements en autant qu’ils soient enrobés dans quelques couches de faux miel… mais je préfère personnellement qu’on me dise les choses de façon un peu raide, mais pas méchante qu’on me raconte n’importe quoi gentiment. J’y travaille de toute façon. Je suis en constant travail sur moi-même, ce qui est bien rare. 

            Avec les fêtes qui arrivent en courant, je sais que plusieurs personnes sont terrorisées. J’avoue ne pas comprendre pourquoi on s’entête à fêter des fêtes chrétiennes (Même si je sais qu’il s’agit d’une fête précédant le christianisme, au Québec, ce que nous fêtons majoritairement, c’est la version héritée du christianisme.) dans une société qui se réclame à grands cris de la laïcité et qui a transformé sa foi religieuse en foi en la consommation et en des rituels normatifs réconfortants. Tout cela est très pénible. J’envisage de serrer le sapin demain, maintenant que les chiens y sont habitués et vu ma haine de l’hypocrisie des fêtes…    

            Je ne sais pas ce que je vais faire. Demain, j’ai une rencontre avec mon psy qui poussera fort probablement des soupirs de découragement honnête face à ma dernière aventure scabreuse avec une humaine. Je vais essayer de faire le plus de travail possible durant les derniers jours de l’année sur ce qu’il me reste des blessures subies au cours des derniers mois. Même si je sais que le changement d’année n’est que symbolique, ça m’aide, moi, de prendre ces derniers jours pour faire le bilan et d’essayer de réorienter ma vie pour l’année qui vient. Je suis capable de changement. Je l’ai prouvé souvent dans le passé.

            Pour le moment, je me sens comme le cerf pris dans les ronces que je suis en train de me faire tatouer sur le corps. Ça fait mal à plusieurs niveaux. Je sais que je suis forte et que je me dégagerai de la douleur, mais ça prendra du temps. 

            Prenez soin de vous et essayez d’être conscients des autres dans vos actions. 

            Désolée s’il reste des coquilles. Je n’ai pas envie de me relire. 

            Je vais me reposer. Il me reste 14 copies.

            À bientôt!   

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