Être heureuse à haute voix (4)

            

People are people, so why should it be
You and I should get along so awfully
People are people, so why should it be
You and I should get along so awfully

So we’re different colours and we’re different creeds
And different people have different needs
It’s obvious you hate me though I’ve done nothing wrong
I’ve never even met you, so what could I have done

I can’t understand
What makes a man
Hate another man
Help me understand

People are people – Depeche Mode

Celui-là risque d’être un peu dans la plainte… mais je vais essayer de bien le finir. Une des raisons pour lesquelles il est plus heureux pour moi d’être seule est l’infinie complainte des autres, leur rabaissement, leur dénigrement, leur jalousie et… Ces choses sont la plupart du temps non assumées et parfois même absolument pas conscientisées.

            Il y a les plaintes sur les relations de couple qui n’en finissent jamais sans que les personnes n’envisagent de se poser vraiment des questions sur ce qu’elles font, ce qu’elles acceptent, ce qu’elles choisissent à chaque jour… Sans que ces personnes ne se posent de questions sur leur définition d’une relation. Sans que ces personnes ne prennent leurs responsabilités dans les relations. Ces histoires de traiter les hommes comme des enfants et les femmes selon d’autres clichés dont la mère et l’hystérique. C’est un peu beaucoup épuisant et stérile. L’égalité ne semble pas très souvent envisagée.  La demande de prise de responsabilités n’est pas non plus très populaire. Je sais que je ne veux pas être la mère ni le boss d’un conjoint. Il y a des raisons pour lesquelles j’ai choisi de ne pas être la mère de personne (saufs deux adorables chiens, mais c’est différent). Je n’ai aucune envie qu’on me force à accepter un rôle de marâtre qui doit toujours passer derrière pour faire le ménage, qui doit surveiller les allées et venues et chialer si l’autre rentre trop tard, boit trop ou passe trop de temps avec ses amis et… J’ai clairement autre chose de plus intéressant à faire de mon temps et de mon énergie et jamais je n’accepterai qu’on me fasse perdre mon temps et qu’on me force dans ce genre de rôle pour être en relation. 

Il y a d’autres clichés relationnels qui ne me font pas envie non plus. Les gens s’appuient parfois sur l’idée que les choses ont toujours été comme ça, mais c’est faux et de toute façon, ce n’est jamais un argument. Les choses changent, mais ce n’est pas tout le monde qui en prend pleinement conscience ni qui en profite. Il y a à peine 35 ans, on avait encore le droit de violer la personne avec qui on était en couple… Aujourd’hui il y a encore des hommes et des femmes qui pensent que c’est ok de faire pression et manipuler ton partenaire pour le forcer à avoir des relations sexuelles. Il y a des gens qui pensent que ça fait partie d’une relation « normale » ce genre de dynamique et qui s’appuient sur l’argument complètement faux que les hommes auraient plus de besoins sur ce plan que les femmes… Ça me décourage, à quel point les choses avancent lentement dans les faits même si, sur le plan des possibles et des idées, nous avons fait des avancées énormes ces dernières décennies. Le conservatisme revient toujours en boucle et les idées reculent et c’est épuisant. 

Je ne pourrais pas être avec quelqu’un qui essaie de m’imposer des clichés relationnels au lieu de construire avec moi une relation dans laquelle nous sommes bien tous les deux. Je ne voudrais pas non plus être avec un homme qui n’est pas ouvert à l’idée qu’une relation puisse être différente de ce qu’il a vécu avant et qui essaierait, consciemment ou pas, de me pousser dans des clichés de femmes qui au fond le rendent malheureux et lui pourrissent la vie. Je ne veux pas non plus quelqu’un qui est un poids au lieu d’un soutien. 

Je suis tannée aussi de cette histoire de charge mentale. Je sais qu’elle est bien réelle dans certains cas, mais elle dépend aussi de ce qu’on accepte. Toute femme est libre de refuser ces choses qui sont souvent représentées comme inévitablement leur responsabilité. J’en ai marre aussi qu’on me dise que c’est facile et relaxe d’être seule. La vérité c’est que quand on vit seule comme je le fais depuis longtemps, on doit absolument tout faire. TOUT. On doit penser à tout, prévoir tout, faire tout et… On n’a personne sur qui compter pour nous aider. Personne pour nous réconforter après une dure journée. Personne pour prendre soin de nous si on est malade et… On doit aussi souvent faire des heures de merde au bureau pour aider les pauvres personnes qui ont choisi de faire des enfants, mais qui se reposent sur nous sans notre consentement pour les aider à s’occuper de ce qui est leur choix personnel en assumant que ces exigences sont normales de leur part et en se permettant en plus de dénigrer nos choix de vie. On doit effectivement subir aussi tous les commentaires de merde voulant que notre vie soit supposément moins importante et moins occupée que celle des personnes en couple avec ou sans enfants alors que c’est complètement faux. Il n’y a rien de facile dans ça. Il serait bien d’arrêter de le sous-estimer.  

Les foutus commentaires de dénigrement infini sont aussi quelque chose que j’ai bien du mal à supporter quand je dois être en société. Les personnes qui rient de/rabaissent ce qu’on aime. Celles qui dénigrent nos réalisations. Figurez-vous que c’est apparemment facile selon bien des gens qui n’en ont jamais fait, de faire un doctorat. Il n’y a rien là. Maintenant je leur réponds que dans ce cas ils devraient juste en faire un. Ça leur permettrait d’être payés plus cher plus rapidement. Ils trouvent alors toutes sortes de défaites pour expliquer le fait qu’ils ne peuvent pas en faire un… Qu’ils veulent avoir une vie (comme si les doctorants n’en avaient pas… ma vie me semble pourtant avoir été plus intéressante et plus mouvementée et plus riche en expériences diverses que celle de bien des gens qui n’ont pas fait de doctorat, mais bon… J’imagine que ma vie ne correspond pas à leur définition restreinte « d’avoir une vie »)… Je me souviens en fait d’une fois où un homme me crachait dessus justement parce que j’avais un doctorat et finalement il a décidé d’appliquer pour en faire un et la vérité c’est qu’il n’avait absolument pas des notes ni un dossier académique lui permettant d’en faire un… J’entends souvent même des profs dénigrer le fait d’avoir un doctorat… C’est le monde à l’envers. Il n’y a pas de raisons objectives de chier sur le fait de faire un doctorat et ce n’est pas parce quelques personnes en ayant un sont infiniment chiantes et se prennent pour d’autres que ça veut dire que c’est ok de dénigrer toutes les personnes qui en ont un. Les raisons qui ont fait que j’ai choisi de fait un doctorat n’ont rien à voir avec le fait de me sentir supérieure. Je n’ai jamais considéré que ça me rendait meilleure que les autres. Ça me blesse souvent, ces remarques mesquines sur ce qui a en fait été pour moi une des plus belles expériences de ma vie. Passer plusieurs années, qui deviennent alors comme un moment hors du temps, à me concentrer sur un sujet important et un groupe de personnes qu’on a traité (et qu’on traite encore souvent) de façon horrifiantes et sauvages a été incroyablement enrichissant sur le plan des connaissances et sur le plan humain. Arrêtez de chier sur ce que vous ne connaissez pas. J’en ai marre de me faire regarder comme une extra-terrestre parce que j’aime apprendre et parce que j’ai l’humilité de le faire au lieu de m’asseoir aveuglément et stupidement sur mon statut de professeure. 

Je pourrais continuer comme ça très longtemps. Les gens qui disent que je suis en crise de la quarantaine parce que je me fais tatouer et… Tous les clichés de merde qu’on me ressort sans arrêt sur toutes les facettes de ma vie et qui souvent me reflètent surtout l’ignorance de l’autre et la fragilité de son estime de soi plutôt que la supériorité qu’il voudrait que je voie en lui. Quand on a une estime de soi positive et réelle, on ne passe pas ses journées à chier sur les choix et les passions des autres. On ne minimise par leurs réussites ni leurs efforts non plus. Ça, c’est toujours un signe que vous allez mal, êtes fragiles et n’avez pas de respect pour les autres… Ce qui n’a rien d’enviable comme état ni comme vie selon moi. 

Maintenant, je sais que je ne peux pas changer le monde d’un coup ni rapidement. La seule chose que je peux faire est d’y aller de mon mieux en faisant des choix qui m’appartiennent, en partageant mes connaissances avec les personnes qui veulent bien les recevoir et… Il reste que c’est parfois difficile de subir cette pluie infinie de commentaires négatifs de personnes qui essaient la majorité du temps de me faire croire que c’est moi qui suis négative… Si j’étais négative, je me contenterais de chialer et de ne rien faire et d’essayer de détruire les efforts des autres comme vous le faites. Je ne passerais pas mon temps à construire. Je me permets quand même de dire ces choses ce matin, même si elles sont une forme de chialage, chialage que je ne me permets pas au quotidien, ce qui est quand même une différence marquée d’avec le comportement des autres. Je ne suis clairement pas une personne qui se plaint ni qui dénigre les autres au quotidien. Je ne participe pas à ça. Je sais qu’il y a une forme de tradition de créer des liens entre humains en chialant sur des choses communes et en se moquant ensemble de certains groupes de personnes, mais je n’ai absolument aucune envie de participer à ça ni d’avoir des liens de cet ordre.  

Dans les prochains mois, afin d’aller mieux, je pense que je devrai réexaminer ma vie et mes choix, mes rêves et mes projets, mes désirs et mes valeurs afin de resolidifier mon centre et que cette litanie infinie de plaintes m’affecte moins parce qu’elle me gâche souvent mon bonheur et m’épuise, honnêtement… C’est pour ça que souvent j’ai tendance à rester seule ou à ne passer du temps qu’avec des personnes respectueuses qui veulent construire et qui ne passent pas leur temps à me chier dessus. J’ai besoin de mon temps et de mon énergie. Ma batterie est presque épuisée en ce moment. Je suis allée me faire tatouer hier et mon corps est tellement fatigué qu’à peine touchée, ma peau devenait mauve. J’ai besoin de repos et de sécurité. De bonheur aussi. C’est à cela que je consacrerai mes vacances afin de me donner une routine qui me rend heureuse pour amorcer la nouvelle année. 

Je vais au cours de photogravure maintenant. Apprenez. Ça rend heureux… L’humilité que ça demande nous rend souvent plus respectueux et attentifs aux autres. Plus réalistes aussi.  

(Oui, je sais que je suis imparfaite sur la photo et je l’accepte et l’assume. Pas besoin de commentaires dénigrants encore une fois…)

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