Être heureuse à haute voix (2)

I want somebody to share
Share the rest of my life
Share my innermost thoughts
Know my intimate details
Someone who’ll stand by my side
And give me support
And in return
She’ll get my support
She will listen to me
When I want to speak
About the world we live in
And life in general
Though my views may be wrong
They may even be perverted
She will hear me out
And won’t easily be converted
To my way of thinking
In fact she’ll often disagree
But at the end of it all
She will understand me

I want somebody who cares
For me passionately
With every thought and with every breath
Someone who’ll help me see things
In a different light
All the things I detest
I will almost like
I don’t want to be tied
To anyone’s strings
I’m carefully trying to steer clear
Of those things
But when I’m asleep
I want somebody
Who will put their arms around me
And kiss me tenderly
Though things like this
Make me sick
In a case like this
I’ll get away with it

Martin Gore – Somebody

            J’ai passé l’après-midi à fredonner cette chanson en rangeant l’appartement, en remplaçant le She par He, puisque la chanson se porte aussi bien avec l’un ou l’autre. Cette semaine, alors que je replongeais dans Depeche Mode pour je ne sais quelle raison lors de mes déplacements de la maison au collège et inversement, je me suis mise à penser à comment les années 80 et 90 avaient façonné ma personnalité, ainsi que ma vision de la vie et des relations. Je pourrais dire que les hommes qui chantaient ces chansons m’ont menti en me donnant l’impression que je rencontrerais des hommes différents de ceux que j’ai rencontrés, mais aussi que le monde était bien plus ouvert que ce qu’il deviendrait réellement, que ce qu’il est aujourd’hui. Donc, pour punir Depeche Mode d’avoir contaminé une bonne partie de ma vie et de ma vision du monde, je mettrai un extrait d’une de leurs chansons au début de chacun des billets de cette série… ou alors pour bien les aimer, encore, à nouveau. Je m’en prendrai à Trent Reznor après, cœur tendre infini… malgré la cuirette des années 90. 

            Sans me considérer comme une personne trans, je me suis souvent surprise, dans ma vie, à me dire que j’étais devenue un de ces hommes des années 80-90. Je l’ai déjà abordé brièvement. Je l’aborderai longuement un jour. Il y a beaucoup d’eux et de leur sensibilité en moi. Il y a aussi que je n’aimais absolument pas les modèles féminins qu’on me proposait alors. Je n’ai jamais accepté ces modèles, même si je n’en étais pas consciente à l’adolescence. C’est tout simplement que le sort et la vie qu’on réservait alors aux femmes n’avait rien d’enviable ni d’intéressant pour moi. Je n’ai jamais été dupe du voile d’illusions. Les choses commencent à changer, mais jamais assez vite pour que je puisse pleinement être et vivre comme je le voudrais en paix. Je suis quand même heureuse du chemin que j’ai pris, même s’il m’a souvent conduite à me sentir ou être identifiée comme différente. Je préfère ma vision des choses à celle qu’on a voulu m’imposer toute ma vie. 

            Je pense qu’il est en partie là, le secret de mon bonheur : dans le fait de retrouver en moi ce qui fait que je suis moi et de vivre comme je le veux. Je parlais récemment avec le monsieur qui sort la petite quand je dois travailler longtemps. Il est un homosexuel de 69 ans. Je lui disais que je trouvais infiniment triste que considérant que c’est la première fois historiquement que les hommes peuvent (et ont littéralement l’autorisation) de se définir comme ils veulent et de mener leur vie comme ils veulent, ils se contentent bien trop souvent de reprendre de vieux schémas misogynes et trouduculesques à l’infini. Ça n’a pourtant pas grand-chose de pertinent ni d’enrichissant de choisir de mentir, d’être lâche, d’agir en salaud ou… D’être dénué d’empathie… De se mentir à soi-même et… Le monsieur a dit que j’avais bien raison et que c’était encore plus lâche de leur part considérant le fait qu’ils ne risquent pas de se faire traiter de tapettes, eux… en tout cas pas autant que les hommes de sa génération qui eux, se sont battus pour vivre selon qui ils étaient. J’ai répondu que même si cela leur arrivait, aujourd’hui, ce serait la personne qui se moquerait d’eux qui risqueraient davantage d’être condamnée et ce sera de plus en plus le cas, je l’espère. Il me semble qu’il y a une aberration et un manque de créativité assez criants du côté de l’invention de soi, de la remise en question des schémas traditionnels. C’est ennuyant et ça fait souffrir.   

            J’ai donc décidé de ne pas faire comme eux et de vraiment travailler à créer ma vie comme je la veux, peu importe ce que l’on tente encore d’imposer aux femmes aujourd’hui. Je le fais déjà pas mal, mais j’ai été moins courageuse récemment. J’ai aussi laissé les croyances des autres m’empoisonner beaucoup trop, jusqu’à me donner des jours très sombres durant lesquels, sans avoir envie de mourir, je ne trouvais plus tellement en moi d’envie ni de raison de vivre. Ça me rattrape parfois, toutes ces violences que j’ai vécues. Ça a été le cas pendant les dernières semaines, j’avoue. Ça m’a éloignée de ce que je veux et de qui je suis maintenant. C’est sûr qu’elles feront toujours partie de moi, ces violences, mais, comme un homme me l’a dit l’autre jour (et ça m’a fait vraiment plaisir et je le lui ai dit) les personnes qui me connaissent un peu peuvent voir que cela m’a donné une énorme capacité de résilience. Je la vois aussi, cette force que j’ai. Je ne veux plus la perdre en combats inutiles avec des personnes qui ne me connaissent pas et ne me respectent pas. J’ai trop de choses à faire et à vivre.

            Alors je pense que pour être heureuse, il me faut baisser le volume des autres et leur négativité, retourner à ce que j’aime et qui me fait sourire, honorer mes valeurs de respect et d’ouverture dans toutes les sphères de ma vie, exigez le respect lorsque c’est nécessaire, mais ne pas perdre mon temps avec les personnes qui clairement veulent me nuire ou se fichent de moi. Il y a en moi tellement de vie et d’énergie, tellement de soif d’apprendre et de créer, tellement aussi de bonheur de pouvoir aider et transmettre… J’ai toute une vie à vivre selon mes idées et à ma façon, peu importe ce que les autres choisiront de faire. J’ai commencé à la construire plus ardemment. Je vais continuer. 

            Il n’y a pas trop d’infos sur le crédit photo : CC-BY-SA-3.0.

            Je l’ai évidemment modifiée… 

À plus!

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