Ma vie de grand-mère

            Je me sens un peu fatiguée. Le long congé m’aidera à me remettre. Cette fatigue me suggère cependant qu’il est probablement temps de reprendre ma vie de petite grand-mère que j’aime tant… Cet été, j’ai un peu trop dépassé mes limites et mon corps et mon esprit s’en ressentent. Il est temps de finir le party et les excès afin d’être en forme pour mes études et pour mes élèves. Pour apprécier la vie de tous les jours aussi et ne pas me traîner dans mes tâches et mes projets. 

            La vie avec le stress post-traumatique complexe chronique est généralement assez simple pour moi. Il me suffit d’avoir une bonne hygiène de vie et d’être disciplinée et de ne pas trop faire d’excès pour que je n’aie à peu près aucun effet secondaire. Ça aide mon système nerveux. Il me faut aussi éloigner de ma vie les personnes qui voudraient que j’aie une vie plus branchée et nocturne comme la leur, vie qui ne m’intéresse pas vraiment de toute façon… J’y ai fait un bref retour cet été, mais ça n’a pas vraiment été gagnant. Ça m’a plutôt ennuyée, blessée et épuisée. 

            Je préfère ma vie d’étudiante studieuse, de professeure dévouée, de maitresse de chien active, d’artiste pratiquement sobre, qui se lève et se couche tôt, qui prend soin d’elle pour pouvoir réaliser ses rêves. Hier j’ai probablement fait la fête pour la dernière fois pour un très long moment. Je sais que j’ai un verre avec une personne dont je suis curieuse qui m’attend plus tard dans l’automne, mais ce sera vraiment l’exception et non la règle. Je me sens mieux quand je vis une vie bien réglée et ordonnée que je choisis que quand je me laisse aller à abuser de quoi que ce soit. 

            J’avoue avoir encore des flashbacks de F (la dernière histoire, qui ne sera pas toujours la dernière histoire, donc on va l’appeler F) saoul et me disant, rêveur, qu’un jour il serait à nouveau avec son ex alors que j’étais pas mal intérieurement horrifiée par la situation. Ça va passer. Je reste encore avec une forme de colère, surtout devant les répercussions que ça a eu pour ma vie. Les personnes qui ne pensent pas aux effets de leur comportement sur les autres me sont vraiment pénibles. C’est une situation qui aurait pu être facilement évitée. Je n’avais pas besoin d’être blessée ni de passer le dernier mois de mes vacances en crise de stress post-traumatique à cause de quelqu’un qui n’a pas voulu se poser de questions ni faire preuve d’un minimum de respect. Ça me laisse un peu amère, oui. C’est la seule chose que je lui ai demandée, du respect… mais même avant que cette soirée commence, le respect était en fait déjà absent. 

            C’est sûr que ça me laisse aussi un sentiment d’injustice puisqu’il ne lui arrive rien à la suite de cette histoire qui m’a coûté si cher, sauf le fait de me voir disparaître de sa vie, mais vu le peu de respect et d’intérêt qu’il avait pour moi, ça ne change probablement pas grand-chose pour lui. Je n’ai cependant pas de temps à perdre à me venger et je préfère aller vers d’autres histoires qui seront peut-être plus heureuses et constructives. Heureusement pour moi, je n’avais pas eu le temps d’être amoureuse, donc ça fait ça de moins à vivre. C’est déjà ça. Je trouve aussi intéressant de questionner comment je me sens parce que j’ai agi différemment des autres fois. Normalement, j’ai plutôt tendance à confronter les personnes qui me font du mal. Cette fois j’ai adopté la technique de ma belle-sœur qui est plutôt de s’éloigner pour ne pas se faire faire plus de mal. J’ignore si je me serais fait faire plus de mal, mais j’imagine que ça a peut-être été un peu moins coûteux en énergie que d’essayer de faire comprendre à quelqu’un que je n’intéresse pas de toute façon pourquoi son comportement était blessant. 

            Je suis désolée que ça ait été aussi coûteux en temps et en énergie pour mon entourage. Mon petit monsieur en bas avait bu un peu l’autre jour et il avait les larmes aux yeux en me disant qu’il a peur que F capote quand il n’y aurait plus personne chez lui (parce qu’il héberge des gens) et tente de se rapprocher et me fasse mal à nouveau. J’ai essayé de le rassurer comme j’ai pu. Je sais que cette possibilité existe, mais en même temps je ne suis pas naïve et je sais qu’il faut du temps pour que les gens changent… alors on ne m’a pas si facilement, non. Ce serait aussi très difficile pour moi d’avoir encore de l’intérêt pour quelqu’un qui a causé autant de souffrance dans ma vie. Je ne fais pas partie des personnes qui confondent aimer et souffrir. 

            Il fait chaud aujourd’hui et j’avoue avoir hâte qu’il fasse plus frais même si je sais que c’est le cauchemar de plusieurs. Ça me rend plus énergique, moi, le froid. Ma collègue qui est originaire d’un pays plus chaud riait de moi cette semaine en me disant que c’étaient mes ancêtres nordiques qui parlaient en moi. Peut-être. Je ne sais pas à quel point ces choses peuvent être écrites dans notre génétique. Mais oui… quelque chose m’appelle plus dans mes ancêtres Écossais que dans les autres. Une belle mer froide, des tricots, des repas délicieusement réconfortant, un feu de poêle ou de cheminée… Ce sera toujours mieux pour moi qu’un pays tropical. 

            J’ai envie de me faire tatouer ces jours-ci. Je vais commencer par payer un peu plus de dettes, je crois… mais ça me démange, j’avoue. J’ai différents projets, on verra. Je mène une vie de petite grand-mère tatouée, active et artistique. Ça me plaît bien. Les autres vies m’ennuient pour moi, bien que je les respecte pour les autres. J’aimerais recevoir plus de respect en retour. 

            Bon long week-end!

Prenez soin de vous. 

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