L’« indiscutable » supériorité masculine, les relations pansements et… (Fin)

            Un dernier billet sur ce sujet infini qui m’ennuie de plus en plus. C’est sûr que la misogynie internalisée est moins spectaculairement violente que bien d’autres formes de violence… Il reste qu’elle est vraiment lourde à vivre et décourageante. Elle use et elle tue, à la longue. C’est sûr aussi qu’il y a des femmes qui en sont aussi porteuses. Je l’étais quand j’étais jeune, avant que j’arrive à me décrasser le cerveau de toutes les idées connes et fausses qui y avaient été enfoncées. Certaines femmes restent empêtrées dans ces idées toute leur vie. Mais il y a de l’espoir. On peut choisir de les refuser. Il n’y a qu’en vivant dans un endroit totalement dénué de technologie ou dont l’accès aux informations et à internet sont interdits qu’on peut vraiment prétendre qu’il est difficile de remettre les idées qu’on nous enseigne en question. On peut le faire aussi de temps à autre même si on n’en ressent pas le besoin… Les personnes qui se questionnent le moins sont souvent les personnes qui auraient le plus besoin de le faire. 

            Un homme m’a écrit récemment qu’il serait bien que plus d’hommes lisent mes textes. Je suis assez d’accord, mais en même temps ça ne réglerait pas nécessairement des choses pour ces autres hommes parce qu’ils peuvent tirer différentes conclusions de mes textes. Si on prend la dernière histoire, pas lui en particulier puisqu’on ne le connaît pas assez pour dire ce qu’il ferait, mais le contexte de l’histoire. Un homme ayant agi de la sorte pourrait, ayant lu mes textes sur ce qu’il a fait, en arriver à l’idiote conclusion que ça n’a juste pas fonctionné parce qu’il a parlé de son ex… et tout simplement décider de ne pas parler de son ex la prochaine fois… ce qui ne règlerait absolument rien au problème sous-jacent et exposerait alors la personne ainsi bernée à tout autant de souffrance. Le problème est à l’intérieur de la personne qui vient de se séparer. Pas dans l’autre. 

            Quand j’ai raconté ce qui m’est arrivé à différentes amies, elles ont toutes réagi négativement envers lui. Ça a été : « Méchant trou du cul! », « Quel ego, c’est incroyable! » et d’autres choses mentionnées précédemment. Une d’entre elles a dit qu’elle ne comprenait pas pourquoi il se permettait d’agir ainsi. La réponse est quand même simple: parce qu’il ne pense qu’à sa souffrance et pas à l’autre. Il y a un type de relation qu’on appelle les relations pansements, tampons, rebound ou… La même chose se cache sous chaque nom. Une personne qui vient de se séparer et se remet rapidement en relation avec une autre personne. Ce ne sont pas toutes les relations qui naissent après des ruptures qui sont des rebound. Si la personne a eu le temps de voir venir la fin de la relation, il est possible qu’elle ait fait le deuil de celle-ci avant même sa fin et alors il est possible qu’une autre relation survenant rapidement soit réelle et sincère. Mais quand la rupture arrive comme un choc, quelque chose d’inattendu, d’imprévu, c’est rare que si on se remet avec quelqu’un rapidement après, c’est sincère et sain. 

            Je déteste honnêtement ce comportement, celui d’utiliser un rebound après avoir eu le cœur brisé. Je déteste cela parce que c’est profondément égocentrique, égoïste et déshumanisant. Ça fait disparaître l’autre complètement puisque la seule personne qui compte dans ces relations c’est la personne qui vient de sortir d’une relation. C’est elle qui veut arrêter de souffrir et instrumentalise l’autre pour le faire. C’est déshumanisant pour la personne qui le subit. Pour moi, c’est important de ne fréquenter que des hommes qui ont appris à faire le deuil de leurs relations avant de s’engager dans d’autres. 

Je n’ai pas beaucoup de patience ni d’intérêt ni de respect pour les personnes qui sautent sans arrêt d’une relation à l’autre. Ce sont généralement des personnes qui ne se remettent jamais en question et ne règlent jamais leurs problèmes… les traînant d’une relation à l’autre et faisant souffrir leurs partenaires en série. Comme le revenant, là… qui 20 ans après m’avoir fait quelque chose d’horrible, a essayé de faire la même chose à sa blonde en m’utilisant moi pour le faire. J’ai dit « NON » et « Fuck You » rapidement. Mais comme vous avez vu, il a quand même jugé bon de me recontacter maintenant pour se réessayer, avec un nouveau compte Facebook puisque j’avais bloqué l’autre. En tout, là, ce gars-là, ça fait au moins 25 ans qu’il refait la même chose à des femmes… et de ce que j’en sais, il n’a jamais été célibataire… C’est épeurant. Et il n’est pas le seul (et oui, je sais que des femmes aussi font ça, mais je pense que cette idée latente dans la société de supposée supériorité masculine leur fait peut-être paraître la chose plus naturelle…). J’ai de la misère à comprendre comment quelqu’un peut s’aveugler sur son comportement pendant 25 ans, même si oui, je connais quelques notions en psychologie qui l’expliquent assez bien… mais quand même. À quel point faut-il se mentir et une telle vie est-elle appréciable de quelque façon que ce soit? 

Ce qu’il faut savoir de ces relations pansements, c’est qu’elles causent des problèmes de santé mentale aux personnes qui sont utilisées dans celles-ci. C’est sûr qu’ici et là, oui, il y a des personnes dont ça fait l’affaire, mais dans la grosse majorité des cas, ce sont des relations où l’on se fait piéger et c’est dégueulasse. C’est presque absolument toujours une forme de violence qui vous est faite. Ça peut être extrêmement traumatisant. L’autre vous utilise pour se remonter l’ego, pour avoir de l’affection, du sexe et… sans réellement se soucier de vous, et vous finissez avec des problèmes d’estime de vous, un cœur brisé, une dépression… et parfois, les personnes qui se font utiliser comme ça se suicident. Je pense que c’est important d’en être conscient.e.s puisque de plus en plus les relations ressemblent à aller à l’épicerie ou à des commandes pour emporter. On fait une liste de ce qu’on veut et l’autre doit répondre à ça sinon il prendre le bord des poubelles ou alors on délèguera la mission de combler nos besoins à d’autres personnes. C’est très déshumanisant. Je pense qu’il serait bien que plus de personnes comprennent que ce sont elles-mêmes qui sont responsables de répondre à leurs besoins et de les gérer et non d’autres êtres humains transformer en pions ou en accessoires temporaires. Et non, ça ne veut pas dire que je pense qu’il y a juste les relations à deux qui sont possibles… les relations poly amoureuses sont possibles, mais elles ont lieu entre personnes qui se respectent et non entre personnes qui utilisent les gens pour oublier d’autres personnes… Ça veut dire aussi pour moi que, contrairement à ce qu’on me dit parfois, le type de relation que je veux n’est pas « juste une relation ordinaire ». Je pense au contraire que le type de relation que je veux est très rare et précieux. J’en suis consciente et j’accepte d’être seule sereinement jusqu’à ce que je trouve quelqu’un qui veut la même chose ou alors une relation s’en approchant. Je ne vis pas mal ma solitude. J’aimerais cependant qu’on cesse de venir m’emmerder et me blesser alors que tout ce qu’on a à m’offrir ce sont des miettes relationnelles. 

Une autre idée avec laquelle j’aimerais qu’on en finisse est celle voulant qu’être seul soit mal ou une défaite ou un signe d’anormalité ou… Ça met tellement de pression malsaine et fausse sur les humains. À chaque fois que j’ai voulu prendre le temps de vivre le deuil d’une relation, quelqu’un m’a dit que l’autre s’était remis en couple bien avant moi, qu’il avait gagné, qu’il avait refait sa vie… comme si c’était une compétition. Ça voulait juste dire que l’autre n’avait rien réglé et avait entraîné une pauvre fille dans une relation malsaine et que celle-ci allait fort probablement vivre les mêmes choses pénibles que j’avais vécues après une phase de lune de miel… Ce qui est bien triste pour elle, à la fin. Je n’envie pas les femmes qui sont avec mes exs. Je n’ai pas non plus envie de diaboliser mes exs même si je dénonce parfois ici certains de leurs comportements. Je n’ai envie de retourner avec aucun d’entre eux. Ce sont toutes des histoires terminées pour moi. Pas pour eux, on a vu… mais ils finissent à un moment donné par me laisser tranquille. La femme qu’ils veulent retrouver, ils lui ont après tout sauté dessus à pieds joints quand ils pouvaient être avec elle… Pourquoi est-ce que je devrais m’exposer à ça encore une fois? Ça ne veut pas dire que dans ma vie je ne donnerai jamais de chance à quelqu’un qui aurait fait un vrai travail sur soi, mais dans les hommes que j’ai connus, aucun n’était dans ce genre de démarche. Ils préféraient généralement le déni et la consommation, ce qui est bien triste pour eux et pour leurs conjointes présentes ou à venir. 

Je ne sais pas ce qui me serait arrivé si j’avais persisté dans ma dernière histoire. Probablement par grand-chose de bon vu le caractère absolument pas réglé de sa relation. Ce n’était pas en tout cas quelqu’un qui avait une très bonne estime ni un très grand respect ou souci de moi. Ce n’est probablement pas juste envers moi qu’il est comme ça. Je reste avec l’idée que vu l’état des lieux, j’ai échappé à plus de mal que j’ai perdu de bien et je finirai par ne plus y penser. J’y pense déjà d’ailleurs moins. Ça ne paraît pas trop ici, mais vous le constateriez si vous étiez là le reste de la journée… Ha! Ha! 

Faire sa vie n’est pas être en couple. Être seul.e n’est pas mal. Ce n’est pas un signe d’échec. Ça n’a pas non plus à être malheureux. Être en couple ne garantit pas non plus que vous êtes une bonne personne, que vous allez bien, ni même que vous êtes dans une relation saine… Il faudrait arrêter avec ces conneries. Faire sa vie, c’est faire sa vie à soi, parfois seul.e, parfois en collaboration avec un.e autre. Ça dépasse de loin avoir une relation de couple.     

            Pour clore ce billet, je dirai une chose très importante : Ça n’existe pas, un être humain inférieur. Personne au monde n’a besoin d’être (ni ne veut être) utilisé, dénigré, rabaissé, envahi et… par vous. 

             Je vais voir ma belle-sœur tantôt. Ça fait 3 ans que je ne l’ai pas vue. Je risque de pleurer de bonheur. Bonne fin de long congé!

(Je mets la limace léopard comme photo… Je l’ai déjà utilisée, mais c’est à ça qu’elles me font penser les personnes qui utilisent les autres et restent inchangées au travers du temps.)

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