Guérir (conclusion)

            J’ai encore beaucoup de choses à dire, mais je vais quand même clore cette série ici, parce que j’ai vraiment envie d’aller de l’avant, ce qui ne veut pas dire que je ne reparlerai pas plus tard des certains éléments dont il a été fait mention durant ces billets. 

            Je me sens mieux. J’ai plus d’énergie. Ce n’est pas encore complètement la joie, mais bon… ça viendra, je crois. Ma tristesse et ma déception sont parfaitement normales selon mon psy (et selon moi aussi, mais ça confirme encore plus…). Malgré tout ce que la situation m’a fait vivre, j’ai constaté des changements qui sont positifs. Je sais aujourd’hui, ce que je ne savais pas quand j’étais plus jeune, que le comportement d’une personne parle toujours d’elle et non de la personne à qui elle fait quelque chose. Avant j’aurais pensé que c’était ma nature qui faisait qu’on me manquait de respect ou me violentait, mais aujourd’hui je sais que tout cela appartient à l’autre. Je sais aussi que je vaux mieux et que je mérite mieux que d’être quelqu’un qu’on voit en attendant quelqu’un d’autre. Je n’ai rien fait qui justifierait qu’on me place dans cette position, et surtout pas au nom d’une personne ayant crissé son camp et étant idéalisée par la tristesse et l’habitude. 

Je sais aussi qu’il n’est pas vrai que dans tous les problèmes relationnels, les deux personnes sont responsables. Parfois, le problème provient d’une seule personne et cette fois, c’est lui. Il n’y a absolument rien que j’aie pu faire qui ait rendu cette situation ma faute. Je ne suis pas responsable de son choix de me placer dans cette situation et je n’ai absolument rien fait qui l’aurait rendue obligatoire ou nécessaire. Toute cette partie-là lui appartient. La seule responsabilité que j’ai, c’est envers moi-même. Dans le fait de prendre soin de moi et de me respecter. Ne pas me laisser faire honte de ce que je veux ni du passé que j’ai eu qui expliquent très bien pourquoi c’est si important pour moi. Je ne suis pas responsable de la confusion des autres. Je n’ai pas non plus de pattern d’hommes confus, contrairement à ce que j’ai soupçonné. Pour que ce soit le cas, il faudrait que je répète systématiquement ça et que j’y aille, alors que dans la réalité je fuis en courant dès que je vois que c’est le cas parce que ça veut dire qu’il n’y aura pas de place pour moi dans cette situation. 

J’aurais aimé qu’il réfléchisse plus et face plus attention à moi en général, mais aussi parce qu’on habite si près l’un de l’autre. Ça aurait été la moindre des choses de se demander dans quoi il me plaçait. Ce n’est pas non plus parce que ce sont des comportements fréquents sur le plan social que ça veut dire qu’ils sont sains et que je dois m’y soumettre sans rien dire. 

Je ne l’ai pas revu. Je ne sais pas si c’est volontaire ou pas. J’essaie de ne pas trop imaginer ce qu’il peut se passer dans sa tête. Comme j’ai dit, si un jour il me donne des explications, je les écouterai calmement. Il reste que souvent beaucoup de personnes ont tendance à penser qu’il est impossible qu’elles aient pu blesser quelqu’un et ont plutôt tendance à vous faire honte et à vous renvoyer la responsabilité dessus plutôt que de se remettre en question. Donc je ne m’attends pas à trop, puisque je ne le connais pas assez pour savoir ce qu’il en sera. Disons seulement que je ne compte pas là-dessus pour aller mieux. Si jamais j’ai des explications qui montrent une compréhension de ce que ça m’a fait vivre et une remise en question de son comportement, j’aviserai, mais sinon attendre des excuses des gens (et souvent en recevoir des vraiment moches) ne m’a jamais servi à rien. S’il veut me parler, il sait où me trouver.

L’important maintenant, c’est surtout que je prenne soin de moi et que je fasse ce que je sais qu’il faut faire pour aller mieux et avancer dans ma vie. C’est la seule chose sur laquelle j’ai le contrôle. Je sais aussi que ça m’arrivera encore d’être jugée superficiellement sur ce que je vis par des personnes qui n’ont aucune idée de ce que ça peut faire de vivre ce que j’ai vécu. J’ai cependant plus de force pour faire face à ces jugements irrespectueux. 

Je dresserai une liste des choses qui me font aller mieux quand je traverse une crise de stress post-traumatique et qui m’ont aidée durant la pandémie. Ce sera plus simple comme ça. Je suis tannée de parler de la pandémie. J’ai vraiment besoin d’aller de l’avant. 

À plus! 

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