Hyperconformisme et souffrance

Je me traîne un peu ces jours-ci. J’ai été malade, mais ce n’était pas la Covid finalement. J’ai quand même dû dormir plusieurs heures par jour avant de me sentir mieux. Le retour temporaire de l’hiver de ce matin m’a aussi un peu épuisée. J’ai l’impression que la session n’en finit pas de finir. Je me sens encore fatiguée et je suis tannée de parler et d’être regardée. Ça ira mieux dans quelques jours. Je n’enseignerai pas cet été. Ça aidera à passer la fatigue d’exposition, si je peux la nommer comme ça. Je pense que je suis rendue au point de changer complètement le contenu de mes cours pour me redonner de l’élan. Ce que je dis est pertinent, je pense, mais quand même… Ça fait tellement de fois que je le répète que ça finit par m’ennuyer. C’est le temps de changer un peu. Le monde change aussi et je dois m’ajuster. 

Les derniers jours m’ont fait rêver de beau temps, de jardinage, de temps à moi. Je n’ai pas à me plaindre puisque j’aurai un long congé qui me permettra de me reposer et d’explorer toutes sortes de choses, mais ce matin était difficile avec la neige et la pluie. C’est probablement la dernière fois cette année et ça ne me manquera pas. Pas du tout. Je sens ma patience s’effriter pour les petits soucis du quotidien. En même temps, autre chose pousse en moi et semble vouloir prendre vie. Je déteste ces périodes où je suis coincée dans la fin de quelque chose et que j’attends impatiemment le début d’une autre chose… mais ça fait partie de la vie. Il faut finir. 

Hier j’ai regardé des vidéos sur les problèmes relationnels des personnes douées. J’essaie de m’instruire et de m’informer afin de diminuer les frictions. La vidéo portait sur les hyperconformistes. C’est un fait bien connu que beaucoup de personnes se sentent rassurées par la conformité. Parfois au point de ressentir une grande détresse s’ils perçoivent en eux une différence d’avec le groupe. Ce qui est triste dans cela, c’est que la différence et l’individuation sont nécessaires pour pouvoir pleinement se réaliser. Ça a pour conséquence que parfois les personnes qui se conforment trop passent à côté d’elles-mêmes et de leurs rêves en ne voulant pas s’éloigner du groupe. 

Dans la vidéo la psy disait que souvent, les doués peuvent avoir des problèmes sociaux avec ça. Ils ont une façon différente de réfléchir et cela entraîne aussi des différences comportementales. Des différences de désirs, de valeurs et… Il y a en eux une forme de rébellion qui n’a rien à voir avec celle adolescente. L’absence de sens nous rend fous. Moi en tout cas, je me reconnaissais là-dedans. Je ne peux vraiment pas facilement me soumettre à des normes sociales qui me semblent insensées. Je n’accepte pas si facilement les règles ni les tendances. J’ai plutôt le réflexe de tout questionner… et ça, ça peut énerver les gens. Mais je ne peux pas arrêter. C’est toujours nécessaire pour moi de trouver du sens à ce que je fais, sinon c’est la dépression, le désintérêt et je n’arrive pas à me mobiliser. Ou alors le résultat est vraiment moche… à mes yeux en tout cas. En ce moment c’est apprendre et créer qui fait le plus de sens pour moi. Je pense que j’ai besoin de me recharger pour pouvoir mieux trouver du plaisir et du sens à transmettre aussi. 

Dans la vidéo, il était aussi question du fait que plusieurs personnes peuvent ressentir une forme de jalousie par rapport au fait que les doués sont toujours en train d’expérimenter, apprendre et oser… Ce n’est pas quelque chose que j’aurais pensé puisque pour moi c’est quelque chose de naturel, explorer et essayer de créer des choses et faire des choix qui me permettront d’amener ma vie là où je la veux. Même si je dis que c’est naturel, ça ne veut pas dire que ça a été facile de me donner le droit de le faire. J’ai beaucoup été aspergée de honte pour mes différences durant ma vie. Ça m’a pris beaucoup de courage et de travail avant d’arriver à être capable de tenter de faire ce que j’ai envie de faire. Je pense que certains de mes conflits viennent du fait que les autres pensent que c’est facile pour moi de me montrer et de montrer ce que je fais, alors que c’est toujours un travail considérable. Je pense qu’il y a un genre de nœud de distorsion cognitive là qui crée des situations difficiles. Je ne sais pas trop comment le dénouer, mais je sais que je dois vraiment protéger ma vie et mes projets maintenant. J’ai assez vérifié que beaucoup de personnes manquent de bienveillance par rapport aux projets des autres et à leurs réalisations. Ça me gâche souvent mon plaisir et je n’aime pas qu’on me fasse cela. 

Je ne pense pas que je dois rester proche des personnes qui souhaitent trop se conformer au monde et au groupe. Mon psy me dit souvent qu’être très bien adapté à une société malsaine comme la nôtre n’est pas un signe que ça va bien. Je pense qu’il a raison. C’est souvent ce que je constate dans mes interactions avec les autres qui disent et font des choses qui me semblent mesquines et blessantes et qu’il ne me viendrait jamais à l’idée de faire. J’ai besoin d’être plus consciente de quand ça arrive et quand ça me contamine l’esprit. C’est leur malheur. Il leur appartient et j’ai le droit d’être heureuse et fière de ce que je fais. Je travaille très fort. On m’a beaucoup demandé de changer dans ma vie… De changer pour le confort des autres. Je ne veux plus. 

Je vais être plus lente à publier pour un temps. C’est la fin de session à l’université et celle du collège suivra. C’est beaucoup de travail, mais au moins une certaine partie me rend très heureuse. 

À bientôt! 

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