Progrès

            Il m’est arrivé quelque chose d’extrêmement désagréable récemment. Je raconterai plus tard l’événement parce qu’il peut être utile pour exposer différents types de violence psychologique, ainsi que les rôles des implicites et des codes sociaux dans les échanges. Je veux aujourd’hui surtout me pencher sur ce qu’il m’a permis de comprendre par rapport à mon cheminement et au progrès que j’ai fait durant la dernière année. 

            Donc il s’est passé quelque chose avec une personne qui n’était pas respectueuse de moi, et la personne semble utiliser une forme de manipulation pour sauver la face ou acheter la paix pour elle-même. Ça m’a profondément découragée. En même temps, ça m’a donné beaucoup d’informations sur moi que je veux bien écouter. 

Ça m’a informée du fait que j’ai encore trop souvent tendance à idéaliser les gens et à me dénigrer intérieurement, donc je dois vraiment travailler sur ces restes de traumatismes répétés qui me font, souvent inconsciemment, me placer en dessous de l’autre. Je ne suis pas responsable de ce que les autres font pour autant. Quand une personne choisit de manipuler, d’abuser, de violenter une autre personne, elle est toujours responsable de ce qu’elle choisit de faire et la faute n’incombe jamais à la personne qui subit. C’est sûr que, comme je le fais, on peut travailler sur soi pour envoyer des signaux différents aux autres. Ça reste difficile de tout changer et de toujours tout surveiller. Je ne passe par exemple pas toutes mes journées à me demander si sans que je m’en rende compte ma posture trahit un reste de honte ancienne infligée lors de l’enfance que je n’aurais pas encore déterrée et corrigée malgré tous mes efforts. Quand je vois une personne qui souffre, je n’ai jamais tendance à me dire que ce serait une bonne idée de profiter d’elle ou de la faire souffrir encore plus. J’attends la même chose des autres, parce que l’inverse trahit des problèmes mentaux assez graves… Je pense qu’elles ne le voient pas, ça, les personnes qui choisissent d’instrumentaliser les autres, voire de les violenter. Je pense qu’elles imaginent que ça traduit une sorte de force, de dominance chez elle, alors que cela ne faire qu’annoncer à tout le monde qu’elles sont malades, qu’elles en soient conscientes ou pas. 

Je parlais avec une amie hier et elle disait que c’était malheureux parce que les personnes qui ont des mauvaises expériences ont tendance à vivre dans la peur après et se méfier des autres. J’ajouterais qu’en plus de ça on doit se taper les commentaires mesquins des personnes qui choisissent de vivre la tête dans un bac de sable rose et de faire comme si les personnes violentes, mauvaises, n’existaient pas et nous disent à l’infini qu’on exagère et nous violentent aussi par le fait même. Mais elles existent, ces personnes qui font du mal. On sait aujourd’hui qu’il ne s’agit pas de « forces démoniaques », mais bien plus souvent de problèmes non réglés et refoulés… mais bon… ça ne change pas grand-chose qu’elles n’aient pas de cornes si elles ne vont pas plus en thérapie. J’ai choisi de ne pas vivre dans la peur, malgré tout ce que j’ai vécu. Ça peut sembler naïf pour certaines personnes, mais ça ne l’est pas. Ce n’est pas à moi de contrôler les autres ni de prévenir la violence, même si non, je ne prends pas de risques inconsidérés, même si la définition de ce qu’est un « risque inutile » pourrait varier d’une personne à l’autre. Je n’ai pas à m’empêcher de vivre, à limiter ma vie, parce qu’il y a des personnes qui ne règlent pas leurs problèmes, voire qui sont carrément malades.   

Avec le temps et en parlant avec mon psy, nous sommes venus à la conclusion qu’il ne me servirait à rien de vivre dans la peur, puisque je sais que je suis assez forte pour survivre à beaucoup. Parfois, devant ma sensibilité, les gens pensent que je suis fragile, comme le mathématicien dont je parlais récemment qui m’a dit un jour qu’il pensait que s’il me laissait, je ne m’en remettrais jamais. Je lui avais répondu que c’était ridicule son truc et que si j’avais survécu à deux agressions sexuelles et de multiples formes d’abus et de violences, je pouvais très bien survivre au fait qu’il me laisse. Je lui ai ensuite dit que je ne savais pas comment il serait possible pour moi de continuer à l’aimer en sachant qu’il me percevait comme cela. Le lendemain il m’a annoncé qu’il s’était subitement aperçu qu’il était encore amoureux de son ex, ex qui est retournée avec lui la pauvre. Je ne la connais pas, mais on m’a dit qu’elle était une personne grise, effacée, l’air malade toujours. J’espère qu’elle sortira de là un jour. 

Donc je suis bien assez forte pour survivre à énormément de choses. Je préférerais quand même que ces personnes me sacrent la paix. Avec mon psy, nous avons décidé qu’il serait meilleur pour moi que je sois consciente de ma force et que j’arrive à tester les autres quand j’ai un doute sur leurs intentions. Pas afin de les manipuler. Je ne me promène pas dans la vie en faisant passer des tests aux autres constamment. C’est plutôt quand je commence à avoir des doutes sur l’autre que je passe à une étape qui me permet de vérifier qui est l’autre. Je connais presque par cœur les répertoires de la manipulation et de la violence psychologique dont les comportements et phrases répétitives manquent étrangement d’originalité. On dirait que ces personnes ont été clonées parfois. Elles utilisent les mêmes stratégies, les mêmes phrases, parfois mot à mot. Ça a quelque chose d’un peu effrayant en fait, quand on y pense… mais c’est aussi pratique pour la personne qui veut éviter de se retrouver dans une relation plus engageante avec une personne violente.

Au début, les personnes manipulatrices et violentes sont toujours très charmantes. Elles sont gentilles, souriantes, avenantes. Elles se mettent à votre disposition. Elles sont des caméléons qui font semblant d’être pareilles comme vous et d’avoir les mêmes intérêts. Parfois elles vous ont étudiées avant aussi, par exemple sur les réseaux sociaux, pour bien forger leur masque et arriver à vous séduire. C’est pour cela qu’il est idiot de dire aux personnes victimes de ces violences qu’elles ont été naïves. Si le piège n’était pas bien fait et si la personne vous faisait quelque chose de dégoûtant dès le départ, ce serait bien facile pour tout le monde d’éviter ces personnes et elles n’auraient d’autre choix que de changer une fois démasquées… mais c’est au contraire l’impression d’avoir rencontré une personne merveilleuse, qu’on a. Et qui nous retient parfois de quitter plus vite.

Donc cette fois, quand j’ai confronté la personne, la réponse qui déformait totalement mes propos, ainsi que la situation et démontrait un caractère fuyant m’a indiqué à quel type de personne j’avais affaire. Je ne sais pas à quel point cette personne est consciente de ce qu’elle fait. Je ne dis pas qu’il s’agit d’un monstre cherchant à me faire du tort. Peu de gens connaissent vraiment la nature de la violence et beaucoup s’imaginent que leurs comportements manipulateurs et violents sont des comportements normaux et n’ont donc réellement pas l’impression de commettre une faute en vous maltraitant. Je ne sais pas où se situe cette personne sur le continuum des possibles. Je sais seulement que la réponse était irrespectueuse et blessante sous une apparence de gentillesse et de bienveillance aussi fausses l’une que l’autre.

J’ai alors compris qu’il ne me servait à rien de confronter cette personne davantage. Et c’est là mon progrès. Avant je réagissais vivement à ces situations à cause de l’injustice qu’elles me font vivre et j’avais l’impression que je devais démontrer à l’autre son erreur et prouver que je suis une personne qui en vaut la peine. Ça m’entraînait à vivre encore plus d’abus pendant plus longtemps. J’ai choisi cette fois de ne pas m’engager plus avant dans la conversation et de m’éloigner. Premièrement, parce que je n’ai pas de temps ni d’énergie à perdre. Deuxièmement, parce que ce n’est pas à moi d’éduquer ces personnes sur leurs comportements irrespectueux et/ou violent. Elles ont besoin d’une thérapie et de limites claires, pas d’un char de marde. Troisièmement, parce que j’ai acquis une assez bonne connaissance de qui je suis et de ma valeur et que je n’ai plus rien à prouver à personne. Quatrièmement, parce que j’ai confiance en mes perceptions et je sais ce que j’ai vécu. Il ne me sert donc à rien de m’exposer à me faire traiter de folle qui hallucine (leur défense préférée dont ils ne voient curieusement pas l’absurdité face à une personne comme moi dont la santé mentale est monitorée de près depuis 15 ans… et ils font ça à tout le monde, pas juste à moi. On trouve des témoignages de ces situations par centaines sur le net et dans les livres sur la violence psychologique.). Cinquièmement, parce que si elle pense que je mérite d’être traitée avec si peu de respect, cette personne n’a clairement pas de place dans ma vie et ne mérite pas mon temps. 

Un jour, je dresserai une liste des raisons pour lesquelles je vis ces violences à répétition. Ce ne sont malheureusement pas toutes des choses que je peux changer. Il y en a plusieurs, des raisons, par exemple ma profonde gentillesse qui fait qu’on me prend souvent pour une conne naïve… ce que je ne suis pas. Je suis tout à fait capable de cesser d’être gentille face à des comportements d’abus et ça ne fait pas de moi une personne méchante pour autant. Je suis fière de moi quand même. Ça fait plus de 6 ans maintenant qu’aucune de ces personnes n’a réussi à me prendre plus que ce que je voulais donner. C’est le signe que ça va mieux. Il reste qu’elles sont là et qu’on ne peut pas complètement s’affranchir de leur présence, mais maintenant je vais mieux vite et je ne perds plus mon temps en conflits inutiles.  

Je vais m’enfermer pour corriger pour vrai maintenant. Je prépare aussi une sculpture un peu punk, d’où la photo…    

À plus!  

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