Noël  (Partie 1)

Je vais de mieux en mieux récemment. Je pourrais dire que je me retrouve peu à peu, malgré tout ce qu’il s’est passé cette année. Il reste quand même en moi une sorte de séquelle de ces choses mesquines qu’on m’a dites. Quelques-unes en particulier. On (une personne seulement) m’a laissé entendre que je ramenais trop les choses à moi et que je me prenais pour une autre de parler de choses à propos desquelles j’aurais fait seulement un ou deux petits cours… On remarque le « petits » ici, comme si mes cours n’étaient même pas des cours normaux, comme si puisque c’était moi, les cours que j’avais suivis devenaient eux-mêmes non pertinents. Comme si ma recherche de 15 ans et mes 15 ans de thérapie ne m’avaient pas appris quoi que ce soit pouvant avoir de la valeur. Comme si j’étais indigne de parler de ce que je vis, de dire ce que je pense. La même personne m’a demandé « C’est quoi ça? » avec une moue de mépris en parlant de mon blogue… comme si c’était de la merde.  

Tout cela est faux bien sûr et cela va avec le déni de la valeur de ma subjectivité, de mon intelligence, de mon expérience du monde dont j’ai parlé dans un des derniers billets. Cela me renvoie à toute la violence psychologique que j’ai vécue durant ma vie. Cela crée une forme d’inquiétude en moi, souvenir de cette violence et du doute perpétuel et excessif qu’elle a fait entrer dans mon esprit et dont cela m’a pris des années à me défaire. C’est pénible. C’est pénible qu’il y ait des personnes qui pensent qu’elles peuvent rabaisser les autres comme cela et les violenter au point de leur faire perdre confiance en eux. Je n’ai pas perdu confiance en moi, mais les situations récentes et les souvenirs du passé qu’elles ont fait remonter m’ont assez secouée pour rendre mon écriture plus hésitante malheureusement. Ça passera, mais ça reste pénible. La prochaine fois, je fermerai la porte plus vite, comme je l’ai appris en thérapie. Tout le monde ne mérite pas qu’on leur accorde du temps quand ils vous maltraitent. Surtout pas quand ils vous maltraitent. 

Je suis une personne qui pense que tout le monde a le droit de parler. C’est une des raisons pourquoi j’aime tant la littérature. C’est parce qu’elle permet d’entendre une immense diversité de voix. La littérature a permis à beaucoup de personnes opprimées de prendre la parole publiquement. Elle a été utilisée entre autres justement pour authentifier l’existence d’une subjectivité réelle et valable chez des personnes dont on la niait. Tout le monde a le droit de parler et tout le monde a droit à son expérience du monde, que cela vous plaise ou non. Donc pour qui est-ce que je me prends? Pour une personne qui a passé 15 ans en thérapie et qui a traversé un an et 8 mois de pandémie quand même assez sereinement, à part pour la tristesse pour les personnes mortes de la Covid et pour les personnes qui travaillent follement à nous sauver. Juste cela, ça me donne le droit de parler, d’assumer que, devant la panique et le désespoir généralisés, c’est peut-être possible que j’aie quelque chose de valide à dire. Ça m’a pris plusieurs mois avant de me plaindre ouvertement de quelque chose lié à la pandémie. Ça vous a pris combien de temps, vous? Je ne me suis jamais plainte des mesures pour diminuer la propagation, du confinement, des changements dans ma vie ou… Je me suis plainte du comportement des personnes qui ne pensent pas aux autres quelques fois, oui, mais seulement quand ça atteignait des sommets insensés pour moi. 

Me faire dire ça, ça m’a rappelé une histoire avec un autre prof de philo avec qui j’ai fait une formation il y a longtemps. Ce gars n’arrêtait pas de dire que les gens qui disent « moi je » sont vraiment égocentriques. Étrangement, à chaque fois que nous avions une personne invitée durant la formation, il parlait avec son collègue, un autre prof de philo. Ils parlaient tellement fort qu’ils enterraient l’invité à chaque fois, comme si cette personne n’avait rien d’intéressant à leur apporter. Il me semble que ça, c’est quand même une preuve assez claire d’égocentrisme et de mépris de l’autre… ou alors d’inconscience totale de l’autre. Je ne pense pas que ce sont des personnes « méchantes ». Je pense que ce sont des personnes qui assument à quelque part qu’elles savent mieux et sont plus intelligentes que les autres. Alors que les personnes vraiment intelligentes savent au contraire qu’elles ne savent pas tout et s’informent et respectent les connaissances des autres… en autant que cela leur soit présenté de façon respectueuse en tout cas. 

Parfois, dire « moi je », ça veut juste dire que la personne est consciente de parler en son nom et à partir de son expérience. Il faut être lucides après tout, nous parlons toujours seulement à partir de nous, de notre compréhension du monde, de notre pensée et de nos expériences, et ce, même si on cite 40 000 personnes en cours de route pour le camoufler. Ça me semble plus honnête de le dire. Ce serait bien que tout le monde le sache. Ce serait bien aussi que les gens s’informent réellement des connaissances des autres au lieu de les minimiser. Ça enlèverait pas mal de tensions dans les relations.   

Donc ce billet, il a pour but de parler de ce qui nous attend durant les prochains mois avec la pandémie, même si le préambule était pas mal long. J’ai détesté Noël du plus loin que je me souvienne. C’était toujours terrible à la maison. J’ai complètement arrêté de le célébrer à la suite de l’événement raconté dans le billet « L’affreux Noël ». Cependant, cette année, probablement sous l’influence d’amis qui sont complètement littéralement fous de Noël, ça m’a semblé peut-être tentant de le célébrer un peu. J’ai accroché quelques décorations que j’avais achetées au fil des ans en me disant qu’un jour ça me tenterait à nouveau. J’ai acheté un faux bouleau pour que le chiot ne soit pas tenté de tirer sur les branches basses d’un sapin. Dans le même esprit, j’ai eu envie d’offrir un cadeau… De vous offrir un cadeau. J’ai pensé que je pourrais parler de ce que j’ai fait pendant la pandémie pour prendre soin de moi et ne pas trop vivre la situation difficilement. Vous prendrez ce qui aide et laisserez le reste. Ce sera en ligne d’ici le soir du 25. 

Bonne journée!  

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