En thérapie (Partie 1)

Je sais, je sais… Je fais beaucoup de parties 1 depuis un moment… Tout cela trouvera sa suite. Soyez sans crainte. Bien que je déteste faire cela, je préviens qu’il y a, encore une fois, dans ce texte, des passages liés à différents types de violence qui pourraient être difficiles pour certaines personnes… Je déteste encore plus le faire parce que le site se nomme « Les violents »… Je ne sais alors pas trop pourquoi qui que ce soit serait surpris d’y lire des textes traitant de sujets difficiles… mais bon. Vous êtes avertis maintenant. 

Ça fait deux mois maintenant que je n’ai eu aucun conflit avec personne, à part dire fermement à la voisine qui mentait à mon sujet en disant que je ne suis pas vaccinée de ne pas faire ça et de me laisser tranquille. Ma vie amicale va bien. Je vois mes amis de plus de 50 ans. Ils font moins de crises, écoutent mieux et sont plus respectueux… Je n’ai pas de vie amoureuse parce que je ne m’en sens pas capable et je ne sais pas si je le serai à nouveau. Mais comme dit mon amie Kaka, je n’ai absolument pas à décider maintenant si je voudrai à nouveau une vie amoureuse un jour où l’autre. L’important, pour le moment, c’est surtout de prendre soin de moi et du petit chien. Peut-être qu’un jour je rencontrerai une personne honnête et réellement gentille, mais je n’attendrai jamais après ça pour vivre et être heureuse. J’ai déjà assez perdu de temps. 

Je sais que les événements de cette année ont fortement ébranlé ma capacité à faire confiance aux autres, à leur nature et à leur jugement. Une des choses qui m’a le plus marquée est la malhonnêteté (probablement parfois inconsciente parce que provenant de personnes trop fragiles pour s’admettre la vérité sur leur comportement alors), l’absence de réflexion et d’analyse, ainsi que la méconnaissance extrême que certaines personnes pouvaient avoir de moi et de ce que peut être une relation saine. L’absence d’auto critique de leur part face à leur comportement aussi. Et, enfin, la méconnaissance totale de ma vie et de ce qu’est une thérapie qui a conduit une personne dont j’avais l’impression qu’elle me connaissait et m’aimait à me dire des choses complètement absurdes, connes et fausses comme : « Ça ne t’arrive jamais de te remettre en question? ». 

C’est la deuxième ou troisième fois qu’on me dit ça, un ami me l’a fait remarquer. Mais, tout comme moi, il éprouvait une surprise énorme et ne comprenait pas comment c’était possible que quelqu’un puisse penser de moi que je ne me remets pas en question. Tout comme mon thérapeute et moi, il n’a aucune idée de comment une personne pourrait me parler ne serait-ce que quelques minutes et en ressortir avec l’impression que je ne me remets pas en question. La remise en question totale, incessante et infinie est le moteur central de ma vie depuis mon enfance… au point que c’en est maladif. Je devais d’ailleurs, quand j’ai commencé mes études doctorales, écrire une thèse sur le doute… Je ne comprends pas non plus comment on peut penser et dire les autres choses méchantes et ignorantes que la dernière personne qui m’a dit ça m’a dites durant la même conversation. Je ressens un étonnement sans fin devant l’absence de liens entre les choses dans son esprit. L’absence de connaissance du fonctionnement d’une thérapie, en plus de sa méconnaissance de moi et de ma vie, me surprennent également beaucoup. J’ai donc décidé d’écrire sur ma thérapie pour avoir au moins la certitude d’avoir donné plus d’informations claires. 

Je suis allée pour la première fois au service de psychologie de l’université que je fréquentais après avoir été agressée en 2001. Même si mon agresseur avait tenté de me faire croire que d’avoir des rapports sexuels avec moi après que je vienne de vomir et que je sois à moitié inconsciente était parfaitement normal, je savais que quelque chose n’allait pas. En fait j’étais allée plus tôt dans ma vie. Alors que j’étais au cégep, j’étais aussi allée consulter, de mon plein gré et par mon initiative, une travailleuse sociale au CLSC. Elle avait pris mon cas parce qu’aucun psychologue n’était disponible à ce moment. Je savais que ce qu’il se passait à la maison était problématique, mais je ne savais pas pourquoi. J’avais eu l’intuition que j’avais besoin d’aide. Ça a été la même chose après mon agression. Par contre, cette fois-là, je n’ai pas aimé ça et j’ai arrêté les séances. Je suis retournée au service de psychologie de l’université 5 ans plus tard parce que je me sentais mal dans ma peau et            que je trouvais que mes relations n’allaient pas bien. 

Au début, j’ai été suivie par une femme. Elle était gentille, mais je ne peux pas dire que j’aimais vraiment ça. C’est arrivé quelques fois dans ma vie que j’ai rencontré une psychologue femme qui parle au patient comme s’il s’agissait d’un enfant cute. Je dois avouer que je trouve ça vraiment horrifiant de me faire parler comme ça. Je ne suis pas une petite affaire cute qui veut qu’on lui parle avec une voix enfantine. Tellement pas. J’avais aussi souvent l’impression de la choquer, ce qui n’est pas très bon dans le cadre d’une thérapie. En même temps, à l’époque, c’était difficile pour moi de quitter les autres. Je restais vraiment trop longtemps dans les relations qui me nuisaient, mauvaise habitude que j’ai perdue depuis vraiment longtemps, à part une exception récente comme on a pu le constater. Heureusement pour moi, elle est tombée enceinte et après, elle ne pouvait plus avoir de patients. C’est donc elle qui m’a référée au thérapeute que j’ai maintenant. Je soupçonne qu’elle savait déjà que je suis HP et que c’est pour ça qu’elle m’a référée à cet homme en particulier parmi tous les thérapeutes qu’elle connaissait alors. 

À l’époque, j’étais quand même assez arrogante parfois. Surtout dans les cadres thérapeutiques. J’avais besoin de choquer les autres. Ça, c’est la partie de moi qui n’avait jamais eu d’attention sincère qui faisait ça. Je l’ai, depuis longtemps, beaucoup apaisée, même si pas complètement, mais j’en reparlerai. Je me souviens bien de comment j’étais assise toute croche dans la chaise, avec mes cheveux noirs dans la figure, trop de maquillage noir, mes grosses bottes dont une était partiellement sur le sofa et ma moue terrible alors que mon pauvre psychologue tout souriant essayait de me faire parler. Je ne voulais rien savoir et je m’étais refermée, agissant comme si j’étais forcée d’être là alors que je l’avais décidé. À force de questions et de remarques intelligentes (Il est doué.), il a piqué ma curiosité et nous avons commencé le travail. 

Il y a des personnes qui pensent qu’on va en thérapie avec un problème précis et et qu’on règle ça en quelques semaines. C’est le cas parfois, mais ce sont alors généralement des problèmes superficiels. Pour une personne comme moi qui a vécu des violences et des traumatismes lors de son développement comme enfant, les choses sont beaucoup plus complexes. Ma thérapie n’est pas longue parce qu’elle ne fonctionnerait pas, comme l’a mesquinement prétendu une personne il y a quelques années. Ma thérapie est longue parce que j’ai été maintenue dans un état proche de la mort ou de l’objet pendant au moins 14 ans et que j’ai vécu de multiples traumatismes et violences par la suite. Parfois on me demande pourquoi ça m’arrive à moi… comme si ça n’arrivait qu’à moi, ces choses-là… c’est une question extrêmement naïve qui provient de personnes mal informées. Les choses que j’ai vécues et que je vis encore sont très communes et fréquentes. On pourrait même dire qu’elles sont ordinaires tellement elles se produisent souvent et dans la vie de tellement de personnes. Il n’y a qu’à voir la quantité de livres écrits par des femmes ayant vécu ces violences à chaque année depuis les années 80 pour savoir que je suis loin d’être seule… 

Je suis donc une parmi tant d’autres. Je suis cependant moi et c’est cela qui diffère. J’ai toujours été une personne qui voulait en savoir le plus possible sur tout ce qui l’intéresse. Je suis boulimique d’informations et de connaissances. Je n’arrête jamais d’en engranger. Il y a des cycles… des cycles d’absorption puis des moments d’application. Je suis dans une période qui mélange un peu des deux en ce moment. Je suis une personne insatiablement curieuse. Une personne qui veut tout savoir. Une personne qui a toujours pris ses problèmes de face. Une personne qui veut comprendre ses problèmes. Une personne qui règle ses problèmes. Une personne qui sait qui elle est et pourquoi elle est comme elle est. Une personne capable de l’expliquer à quiconque fera preuve de curiosité sincère et de respect lors d’une conversation. Une personne qui se fâche et se ferme si on la juge ou si on la prend pour une conne. Une personne qui a une bonne santé mentale compte tenu de tout ce qu’elle a vécu. Une personne honnête, sincère et stable. Une personne ennuyante, pour certains esprits étroits et trop conventionnels. Une personne forte qui sait que bien d’autres seraient mortes d’avoir vécu sa vie. Une personne qui veut vivre. Une personne qui sera probablement en thérapie toute sa vie pour toutes ces raisons.          

Je continuerai bientôt avec ce que nous faisons en thérapie et comment il m’a été présenté que je suis neuroatypique il y a 10 ans. 

Bonne fin de semaine!

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