Hors du temps

Je radote un peu au début, mais après ça va vers une réflexion plus riche qui ne se soucie plus des drames des semaines passées… enfin!

Mon cœur avance de plus en plus et de mieux en mieux. Je suis un peu triste pour ces personnes qui m’ont fait du mal. Je pense que ce qu’elles m’ont montré, c’est en fait surtout leur difficulté à accepter leur imperfection, les limites de leurs connaissances sur la santé mentale et leur impossibilité de se remettre en question. Leur absence de conscience et de considération de l’autre aussi. C’est bien triste de constater que les humains sont si limités, arrogants et orgueilleux… Triste aussi de voir qu’ils sont prêts à faire beaucoup de mal aux autres pour surtout ne pas avoir à travailler sur eux-mêmes… Je suis contente de ne pas être comme ça. Je suis heureuse de tous les jours me prêter à des exercices de remise en question et d’information depuis maintenant 15 ans. Je suis consciente que ce n’est pas tout le monde qui fait ça. Je l’ai vraiment appris à la dure cette année. J’ai pu constater l’ampleur de l’aveuglement. C’est triste d’avoir si peu de ressources intérieures et d’avoir besoin de détruire les autres plutôt que de travailler sur soi. 

Ma belle-sœur m’a dit cette semaine que la plupart des gens ne pensent pas autant aux autres et à quel impact auront leurs paroles et leurs actions sur eux que je le fais. La plupart des gens n’analysent pas autant les comportements des autres non plus. Comme elle me l’a rappelé alors, ça vient des violences que j’ai vécues. Quand on a grandi dans un environnement violent, on a appris à toujours être sur ses gardes et à guetter le moindre changement dans l’autre. À analyser toutes ses paroles et ses gestes pour pouvoir survivre. À faire tous les efforts pour éviter que l’autre ne se mette en colère et nous abandonne. C’est un effet des traumatismes que j’ai vécus. Pas un trouble ou un défaut de ma personne. C’est normal que je fasse ça considérant la vie que j’ai eue. C’est aussi normal que je m’intéresse plus à l’impact de mes comportements sur les autres. C’est normal aussi que je ne veuille pas toujours les prendre avec des pincettes quand je reconnais chez eux des comportements dont je sais qu’ils font beaucoup de mal aux autres. C’est aussi tout à fait normal que je me remette sans arrêt en question. J’ai toujours eu peur de devenir comme mes parents, c’est-à-dire des personnes qui s’aveuglent sur ce qu’elles font aux autres, qui se mentent à elles-mêmes parce qu’elles sont trop fragiles pour assumer les conséquences de leurs actions et de leurs paroles. Je ne suis pas comme ça. J’assume ce que je fais et ce que je dis, peu importe si ça me fait perdre des gens. 

Une amie m’a aussi rappelé que souvent les gens lisent les messages trop vite et que nous vivons dans un monde où juste être en désaccord avec l’autre signifie qu’on est en train de l’insulter pour plusieurs personnes et on se retrouve alors qualifié de toxique, même si, au fond, nous avons raison sur toute la ligne. J’ai vu le truc des messages lus trop vite cette semaine. Je partais pour l’université et je ne reviendrais pas avant plusieurs heures. J’habite dans un quartier où il y a beaucoup de portes cochères. Il y avait 3 gars en train de fumer du crack dans l’entrée. Ça sentait à plein nez et un d’eux jouait à allumer des feuilles mortes dans l’entrée. Je leur ai dit de partir, puis j’ai quitté à vélo pour ne pas être en retard à mon cours. Après ça me travaillait… Ça rendait ma concentration difficile. C’est parce qu’une fois des jeunes en train de se droguer comme ça dans la cour avaient trainé des déchets dans l’entrée et décidé d’allumer un feu dans le passage au-dessus duquel se trouve mon appartement. J’avais eu très peur. J’ai écrit à 3 voisins, parce que je ne savais pas qui était à la maison. Je leur ai écrit que quand j’étais partie pour l’université, il y avait des jeunes dans l’entrée qui faisaient ce que je viens de vous expliquer et d’aller voir s’ils avaient quitté comme je leur avait demandé ou s’ils étaient encore là et s’ils étaient encore là, d’appeler la police et de barrer la grille de l’entrée. Les 3 m’ont répondu de juste sortir et descendre voir moi-même… 3/3 personnes n’ont pas bien lu le message et l’ont mal compris. J’avoue que ça m’a pas mal troublée… Ça m’a aussi fait me dire que plus jamais je n’aurais des conversations importantes par message. C’était trop ridicule. Je n’étais pas fâchée contre ces personnes, mais ça me démontrait ce que je pensais : les gens ne lisent pas attentivement et ne pense pas vraiment à vous et votre situation réelle quand ils vous lisent. En tout cas, ça arrive vraiment souvent. Comme toutes ces personnes qui se plaçaient comme de supposées victimes de mes supposés horribles messages et qui ne les avaient même pas vraiment bien lus en fait et qui faisaient abstraction du fait qu’ils m’avaient fait des horreurs avant que j’en arrive à leur dire des choses moins plaisantes… et faisaient comme si ma réaction sortait de nulle part. C’est désespérant. Mais ces histoires sont terminées maintenant. 

Je me sens de mieux en mieux et j’ai fait des réalisations importantes sur ma vie ces derniers temps. Mon physiothérapeute a suggéré que je devrais faire la paix avec la mort puisque dans mes effets secondaires de stress post-traumatique il y a des moments où j’ai des crises de panique et d’horreurs qui me viennent d’événements de mon enfance et où j’ai l’impression que je vais mourir, que l’autre va me tuer. Vaste programme… de considérer la mort comme un événement parmi tant d’autres… Mais je ne pense pas que c’est ce que je dois faire. Je pense au contraire que j’ai un peu trop fait la paix avec la mort. Mon traitement avec mon physiothérapeute a échoué, mais j’en parlerai bientôt dans un billet sur le corps. Il reste que cette chose qu’il a dite a provoqué une réflexion quand même importante en moi. J’en ai parlé avec mon psy et en fait nous sommes arrivés à la conclusion contraire, c’est-à-dire que nous avons pensé que c’était plutôt à l’idée de vivre qu’il fallait que je m’habitue. Que je prenne plus conscience du fait que j’ai survécu à tout ce qu’il m’est arrivé. Que je suis encore en vie, mais que j’ai plus survécu que vécu. Que je me suis empêchée en partie de vivre. Que j’ai refusé de m’investir plus dans mes projets parce qu’on m’a appris que je ne vaux rien. Que c’est vraiment difficile pour moi d’accepter que j’ai le droit de vivre et que j’ai trop été exposée à des personnes malades qui m’ont inculquée une perception de moi faussée… si bien que je n’ai pas assez investi en moi et dans ma vie. 

J’ai passé énormément de temps à me remettre, mais je n’ai pas passé beaucoup de temps à vivre, même si, en un sens, j’aime déjà ma vie comme elle est. Je l’aime beaucoup plus que plusieurs personnes aiment leur vie même s’ils ont vécu moins de choses terribles que ce que j’ai vécu. J’aime ma vie même si elle ne semble pas aimable pour les autres. Je n’ai souvent pas les mêmes attentes que les autres ni les mêmes désirs. C’est ok. Il faut que j’arrête de me laisser emmerder et détourner de ma route par des personnes qui n’ont aucune idée de qui je suis et qui vivent enfoncées dans des idées reçues qui ne m’intéressent pas. J’aime ma vie, mais je l’aimerais plus si je m’y faisais plus de place, que je me fichais la paix et que je vivais tout simplement.   

Je me demandais depuis longtemps pourquoi j’avais de la misère à m’investir plus que je ne le fais dans mes projets. Vous me direz que je fais et termine déjà beaucoup plus de choses que la moyenne des gens, je sais… mais je pourrais faire tellement plus si je n’étais pas encore écrasée par le doute de moi et les états dépressifs qui proviennent de toutes les mauvaises relations et mauvaises expériences. Je trouve beaucoup d’humains lourds. Je trouve qu’énormément de personnes ne font pas d’efforts pour respecter les autres et se mettre à leur place. Je ne vais par exemple jamais flirter à la légère, parce que j’ai trop peur de blesser l’autre. Ce qui est bien rare comme attitude, je sais. J’essaie de ne pas faire trop de bruit, je ne me moque pas des autres ni de ce qu’ils aiment, je respecte leurs choix de vie (à moins qu’ils impliquent de me manquer de respect ou de maltraiter d’autres personnes) et… Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de personnes qui sont aussi conscientes de leurs actions et de leur effet sur les autres. Parfois il m’arrive de sortir de mes gonds, oui, mais seulement dans les situations où l’égocentrisme des uns nuit énormément à beaucoup de personnes. Alors je deviens dure et froide, oui. Je pense que c’est justifié, que ça l’est complètement.    

Je pense qu’à cause de ce que j’ai vécu, je me suis longtemps cachée. J’ai été plus dans la réaction que dans l’action. Je me suis parfois abandonnée. Je me suis fait du tort, souvent. J’ai eu de la difficulté à me mobiliser vraiment, même si j’y suis arrivée dans certains projets. Mais ce n’est pas assez… Je me suis laissé aller à l’abandon de moi à cause d’une trop grande souffrance en moi. Donc il va falloir que j’arrive à vivre maintenant. Je pense que je vais vraiment devoir fournir des efforts intenses pour revenir dans la vie. Pour travailler plus activement à mon bien-être et à me forger la vie que je veux réellement. Je suis morte pendant assez longtemps maintenant. C’est assez. Il est temps de sortir de terre maintenant. J’espère que je pourrai en profiter plus longtemps que la magnifique cigale.  

À plus!

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