Les relations

            Je suis encore pas mal triste et amochée de tout ce qu’il s’est passé depuis le début de l’année, mais je commence à aller de l’avant. Je le sens. J’ai encore un peu de difficulté à croire que tout ça est arrivé. C’est tellement bizarre et tiré par les cheveux que c’est difficile de vraiment accepter la réalité de ces événements et aussi que pour ces personnes ça a été leur choix de me traiter de cette façon. Je ne pense pas que c’est quelque chose que je dépasserai complètement un jour. J’accepte que ce soit arrivé, j’imagine… mais c’est tellement poussé et tellement loin de ce que je suis, l’image que ces personnes m’ont renvoyée de moi, que c’est difficile, en même temps de vraiment complètement accepter qu’il y ait des personnes qui déforment les choses à ce point… qui peuvent me penser stupide à ce point, croire que j’ai autant de temps à perdre, ne pas voir que je suis une personne avec une intériorité et que ce qu’ils me font m’affecte. C’est juste complètement fou pour moi qui fait tellement attention aux autres. Je sais qu’il y a des personnes qui ont besoin de se mentir pour rester en vie, de projeter leur violence sur les autres parce qu’elles sont incapables d’assumer ce qu’elles font… mais de moins point de vue de personne qui est en thérapie depuis 15 ans et passe son temps à se remettre en question, ça garde quelque chose d’irréel.

            J’ai réussi, la semaine dernière, à dépasser une partie de mes peurs et à parler à une personne dont j’étais curieuse. Ça s’est bien passé, mais en même temps je suis encore trop terrorisée. Je préfère rester juste avec les personnes que je connais bien pour un temps. Je n’ai comme plus de tripes à me faire arracher du corps ni l’énergie d’échanger vraiment… Je pourrais toujours faire ce qu’on m’a fait, c’est-à-dire faire n’importe quoi aux autres pour me faire du bien et essayer de faire croire que ce n’est pas ma faute parce que je suis blessée… mais ce n’est tellement pas moi… Je deviendrais comme ces personnes qui m’ont fait du mal et je n’en ai aucune envie. 

            Je préfère attendre et continuer de me réparer. J’ai pleuré beaucoup aujourd’hui. J’ai vu le physiothérapeute qui s’occupe de traiter la somatisation des traumatismes. Il m’a aidée à relâcher beaucoup de tensions. Ça va aider, je pense. C’est difficile de porter toute cette souffrance en soi. Ça m’alourdit beaucoup et complique énormément mon quotidien… mais ça va quand même mieux. 

            Je pense qu’il faudra que je sois vraiment attentive aux nouvelles personnes que je rencontre, sans tomber dans la paranoïa. Je devrai vérifier si elles prennent ce que j’ai vécu à la légère. Si elles me sortent des phrases vides sur les émotions et comment c’est mon choix de passer à autre chose ou pas, comme si ça se réparait en claquant des doigts une blessure au cerveau… Je devrai mieux vérifier s’il y a des contradictions dans le discours. Si la personne semble s’aveugler sur elle-même et ce qu’elle fait. Si une personne me fait du mal, je devrai partir plus vite, même si ça semble quelque chose d’anodin aux autres. Il y a des choses que je reconnais parfois et dont je sais ce qu’elles signifient de la personne qui les fait, mais que je laisse passer quand même. C’est toujours une erreur. Il faudra que je vérifie que l’autre me voit vraiment comme un être humain complet avec une intériorité et non comme une sorte de poupée, de coquille vide qui est là pour agrémenter sa vie et obéir. Je me suis fait faire le coup trop souvent. C’est épuisant et extrêmement blessant. C’est ça qui me heurte le plus, je pense. Cette impression de ne pas être vue ni connue. De constater que l’autre s’invente une version de moi dans sa tête, version de moi qui n’a souvent absolument rien à voir avec qui je suis et qui parle plus du passé de cette personne que de moi… mais la personne se permet quand même de me maltraiter aveuglément. C’est épeurant. C’est infiniment triste, le nombre de personnes qui auraient besoin d’aide et qui maltraitent les autres au lieu d’aller chercher cette aide. Finalement ce sont les personnes comme moi, les personnes qui font déjà le travail sur soi qui mangent encore des coups et ont besoin de plus d’aide… tout ça parce que ces personnes refusent de faire l’effort de se soigner. 

            Je sais que c’est trop difficile pour certaines personnes d’admettre qu’elles ne sont pas parfaites. Ce n’est cependant pas évident à comprendre de mon point de vue. Ça m’a fait tellement de bien d’admettre mes problèmes et d’y travailler. Ça a permis à ma vie de changer même si ce n’est pas encore assez différent à mon goût. J’aimerais avoir de meilleures relations, mais je pense que pour un temps, c’est mieux que je m’abstienne et même que je détruise tout espoir en ce sens… pour un temps. Je réexaminerai ça plus tard. Je suis épuisée sur le plan affectif et ça me prendra du temps pour me recharger. Je souhaite aux personnes qui m’ont blessée d’aller chercher de l’aide et, si elles ne le font pas, je leur souhaite qu’on les traite comme elles m’ont traitée… ou pire… pour qu’elles aient une meilleure idée de ce que j’ai traversé dans ma vie. 

            J’ai besoin de mieux identifié mes limites, comme j’ai dit. Je me sens comme la photo. Les barrières sont là, elles existent, mais elles ne sont pas installées. Elles ne protègent donc rien. Il faut changer ça. 

            Je retrouve peu à peu du plaisir, quand même. J’ai commencé mes cours à l’université. Je suis enthousiaste pour mon cours de photo. Ça me manque. Je retrouve un peu d’énergie. Mes jambes et mon pied vont un peu mieux aussi… Un pas à la fois, puis un jour à la fois. Je ne pense pas que j’écrirai sur la pandémie à moins que la situation empire. J’ai trop vu des personnes s’aveugler sur leur comportement pendant celle-ci aussi. Et non, il n’y a pas que moi qui « voit clair » ce n’est pas ce que je dis… Ce que je dis c’est que les choses que j’ai vécues et ma thérapie me font vivre cette épreuve d’une façon différente de la majorité. C’est difficile pour moi de comprendre plusieurs choses que les autres décident de faire dans ce cadre aussi. Quand enfant on n’avait pas le droit d’avoir envie de pipi quand ça ne convenait pas… rester chez soi à l’abri, ce n’est pas tant un sacrifice ni une douleur atroce. 

            C’est un peu ça qui me conforte et qui me rassure à mon sujet. Les choses que ces personnes qui m’ont blessée dans les derniers mois m’ont dites et faites, ce sont des choses qui ont déjà été identifié comme des abus de la part d’autres personnes dans le passé. Je ne peux alors pas les penser bienveillantes. Je ne méritais pas ces abus alors tout comme je ne les méritais pas cette année non plus. Ce sont des personnes qui ont des problèmes. J’en ai aussi, mais les miens je les reconnais et j’y travaille… ce qui fait toute la différence du monde. 

            À plus et bonne fin de semaine!      

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