Plus de joie

Je vais mieux. Je vais vraiment vraiment mieux. Je commence à avoir plus d’énergie. Ma tristesse se transforme aussi, bien qu’elle soit encore présente. J’en reparlerai tantôt. Je vais quand même parler de sujets à propos desquels il peut être difficile de lire pour certaines personnes dans ce billet. Je vais le faire parce que c’est important. Donc si vous ne voulez pas être troublés ni vous remettre en question, ne lisez pas. Ne venez pas vous plaindre après non plus si vous décidez de lire.

            Je suis en train de terminer Promets-moi un printemps de Mélissa Perron. Ce n’est pas mon livre préféré à vie, mais il montre quand même très efficacement un vécu de dépression et, surtout, le poids que représente l’incompréhension des proches et leur refus de prendre au sérieux une maladie invisible. Ça m’a fait du bien, même si je ne souffre pas exactement du même mal que la narratrice. Ça m’a fait du bien de reconfirmer qu’il y a plus de personnes que je pense qui réfléchissent à ces sujets. Chaque voix est la bienvenue. 

            Je parlais, hier, avec l’amie qui m’a recommandé de le lire. Nous parlions de comment les gens disent et font n’importe quoi aux autres sans arrêt, sans se soucier des conséquences pour leur vie. L’égocentrisme ambiant me trouble profondément. Je ne comprends pas qu’on puisse prendre la vie des autres autant à la légère. C’est quelque chose qui m’obsède, en fait… Je comprends l’idée qu’on doive idéalement se ficher assez de ce que les autres pensent de nous et nous font pour pouvoir être soi-même et continuer à vivre. Je ne pense cependant pas que ça implique qu’on a le droit de tout faire aux autres sans conséquence. Je ne pense pas qu’on ait réellement le droit de prendre la vie des autres à la légère. Ce n’est bien sûr pas une question légale, mais plutôt une sorte de devoir humain minimal, de considérer que l’autre est, au moins en bonne partie, comme nous et qu’il importe de prendre sa vie au sérieux et de le traiter décemment. Je suis consciente que cette idée que j’ai n’est absolument pas populaire socialement… Une bonne partie de la population est plutôt dans un je-m’en-foutisme assumé. Je ne suis pas comme ça. Je n’ai pas envie de l’être non plus. Je n’y vois absolument aucun point intéressant ni pertinent… ni agréable… tant qu’à ça.

            Je me souviens d’un de mes exs qui, après que je lui aie dit qu’il me manquait de respect pour diverses raisons, s’est exclamé : « Je pensais que t’étais cool! ». J’étais restée sous le choc de cette absurdité pendant un temps. Si être cool signifie se laisser faire n’importe quoi sans dire quoi que ce soit, je confirme que je n’ai effectivement aucune envie d’être cool et que je ne le suis définitivement pas. Cette idée ne m’a jamais effleuré l’esprit de toute ma vie… Je ne vais pas commencer à vouloir l’être à 40 ans. Je veux être intelligente, créative, engagée, informée, respectueuse et décente… même si ça veut dire ne pas être populaire. Être populaire ne me semble pas particulièrement pertinent non plus. 

             Je n’aime pas qu’on prenne ma vie ni celle des autres à la légère. Je n’ai jamais donné mon consentement pour que ce soit le cas, d’ailleurs… Je suis au contraire une personne qui informe très bien les autres de ce que ça m’a fait, qu’on prenne ma vie à la légère dans le passé ou qu’on me traite comme si je n’étais pas importante. Je n’ai plus aucune patience pour les personnes qui me font ça et qui essaient en plus souvent de me faire croire que je capote pour rien… comme si c’était une bonne idée, que je prenne ma propre vie à la légère et que je me laisse faire n’importe quoi sans rien dire et en restant douce à l’infini. C’est aberrant que des personnes puissent même imaginer que ce soit une bonne idée de suggérer ça à qui que ce soit, y compris moi. 

            Ces pensées me sont venues en pensant à ces personnes qui m’ont fait du mal ces dernières années… tout ma vie en fait, mais aussi et surtout ces derniers mois, puisque ces histoires et ces blessures sont plus fraîches à mon esprit. Je ne pense pas que ces personnes pensent aux autres, même si elles prétendent le faire. Je ne pense pas qu’elles ont sérieusement envisagé l’impact de leurs actions sur ma vie. S’il avait fallu que j’aie ne serait-ce qu’un peu moins de ressources intérieures… il y aurait eu un grand risque que je me tue à la suite de cette accumulation de mauvais traitements et de haine, surtout considérant ce que j’ai vécu avant dans ma vie. Parce que c’est ce qu’elles sont, ces choses qui m’ont été faites : des mauvais traitements et des comportements haineux, même si les personnes qui les ont commises se racontent très certainement autre chose afin de se déculpabiliser et de continuer à vivre sans penser à moi. Elles s’attendent en plus à ce que je leur donne raison de leurs mauvais traitements et à n’avoir aucune conséquence à la suite de ceux-ci. C’est parce que j’ai refusé de me soumettre à leur volonté, à leur contrôle, que j’ai été critiquée et rejetée. C’est dégoûtant. C’est encore plus dégoûtant qu’une partie de ces personnes aient agi de la sorte en sachant d’avance que je n’allais pas bien… mais encore une fois, elles n’ont pensé qu’à elles. Jamais à moi. On ne sait jamais ce que les autres vivent. Il me semble qu’en ce sens, ce serait la moindre des choses qu’on fasse attention à eux ne serait-ce que de façon préventive. C’est ce que j’essaie de faire avec tout le monde dans ma vie et d’être le plus bienveillante possible. Ce n’est que lorsqu’on m’a fait terriblement mal que je me permet de critiquer. Et non, je n’avais rien fait d’horrible à ces personnes avant qu’elles décident de me blesser. Jamais. J’ai même été vraiment gentille avec chacune de ces personnes. Ce qu’elles m’ont fait est le reflet de leur santé mentale. Pas de ma valeur. Ce n’est jamais un signe de bonne santé mentale de se foutre de comment nos comportements affectent les autres. Nous vivons en communauté. C’est la base de se poser ce genre de questions. Le minimum…

            Ce sont les mêmes personnes qui feraient semblant après, si je mourais, d’avoir été mes amies et de m’avoir incroyablement appréciée et/ou aimée. Des personnes qui se racontent qu’elles sont de bonnes personnes, mais qui en fait se contre crissent de ce qui vous arrive jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Ce sont les mêmes personnes qui diront qu’il n’y a eu aucun signe… comme si on leur parlait de nos difficulté seulement pour faire pitié et avoir de l’attention… C’est d’ailleurs ce qu’on entend souvent. Ces personnes n’avoueront jamais que ça a été leur choix de ne pas prendre au sérieux ce que vous viviez… Elles diront « Si j’avais su! » Ou encore « Pourquoi elle n’a pas demandé de l’aide? », oubliant qu’ils vous ont refusé la leur et vous ont fessé dessus en plus. C’est pourtant une hypocrisie qu’on voit souvent au Québec et probablement ailleurs dans le monde aussi. On pourrait s’attendre à ce que les gens en aient tiré une leçon et qu’ils prennent davantage soin les uns des autres… mais non. Ce n’est pas ce qu’il se passe. Les gens projettent, inventent, refoulent, maltraitent et fuient afin de ne surtout pas se remettre en question, de ne surtout pas travailler sur soi. Même si j’ai été traitée de façon extrêmement blessante par plusieurs personnes, à la fin, ça parle d’elles et c’est leur problème. Je ne dis pas ça pour faire pitié. Je dis ça pour ouvrir les yeux. Je suis en sécurité maintenant.    

            Je n’ai pas à me venger de ces personnes. La vie leur rendra ce qu’elles m’ont fait. Je leur souhaite d’aller chercher de l’aide… mais, si elles ne le font pas, je vis encore assez de colère en ce moment pour leur souhaiter d’être traitées comme elles m’ont traitée dans le futur, particulièrement qu’elles soient traitées de cette façon dans un moment où elles vont très mal. On verra alors ce que cela leur fera et ce que cela leur apprendra. On verra bien, comment elles s’en sortiront. Peut-être qu’un jour je leur souhaiterai du bien. En attendant, si même le Dalaï-Lama dit de tirer dans les jambes des personnes qui mettent notre vie en danger et d’en prendre soin seulement après, quand elles auront fait preuve de bonne volonté, je ne vois pas pourquoi je serais plus sage que lui. La non-violence n’est pas synonyme d’idiotie ni de mise en danger de soi. 

            Si ces personnes ne s’ennuient pas de ma présence et que cela ne les conduit pas à agir plus décemment, c’est que je n’ai jamais eu aucune importance pour elles. Je ne vois alors pas pourquoi elles étaient dans ma vie. À partir de maintenant, je serai plus attentive à traiter les autres comme ils me traitent. Je serai quand même probablement plus gentille qu’eux, mais je devrais quand même perdre moins de temps à la longue. Je garderai dans ma vie les personnes qui me montrent par leurs efforts que j’ai de l’importance pour elles. Pas les personnes qui prétendent m’aimer, mais qui ne sont jamais là pour moi alors que je le suis toujours pour elles.

            Il y a 10 ans, j’ai adopté un chien pour ne pas me tuer à la suite de ce que j’ai vécu qui ressemblait à ce que je vis en ce moment. Je m’étais dit qu’être responsable d’un autre être vivant me maintiendrait nécessairement en vie. Depuis, j’ai acquis beaucoup de confiance en moi et en ma force. Assez pour savoir que je ne veux pas mourir et que je peux traverser énormément de choses. Maintenant, mon chiot a été adopté par envie et plaisir, mais il est ma responsabilité et me maintiendra là quoiqu’il arrive. Je vais être forte et je vais vivre. Je vais créer et je vais aimer. Je vais bien traiter les autres et mettre fin aux relations avec les personnes qui me font du mal ou qui inventent n’importe quoi à mon sujet.

            Ma tristesse est encore présente, mais elle a changé. Je pense que c’est maintenant davantage une tristesse d’acceptation. Une tristesse qui laissera partir les personnes qui m’ont blessée en acceptant que c’était leur choix d’agir de cette façon et qu’ils en portent la pleine responsabilité. Je n’ai rien fait qui mérite qu’on me traite mal, encore moins à ces personnes que j’aimais beaucoup. J’ai dû apprendre durement qu’elles ne m’aimaient pas. 

            Il y a enfin de la joie qui émerge en moi aussi. La joie de toutes les possibilités que la vie m’offre et qu’il ne tient qu’à moi de saisir. 

            Je finis sur cette galerie de photos. Parfois on trouve effrayant que les médias sociaux semblent nous suivre et tout savoir de nous. Dans ce cas-ci, Instagram me parle et je trouve ça plutôt réconfortant en fait. Ils me font rire et me font du bien, tous ces petits messages. 

            Bonne journée!   

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