Prendre soin de moi et de nous (Partie 1)

            Je vais un peu mieux. Il y a eu comme une grosse tempête de quelques jours qui a mené au dernier billet. J’ai été très malade après la deuxième dose du vaccin. La soirée que j’ai passée à parler de la mort d’Alain m’a aussi troublée beaucoup. J’habite le village depuis plusieurs années. J’ai les mêmes voisins depuis 14 ans. Plusieurs d’entre eux en tout cas. La majorité sont homosexuels. Plusieurs portent clairement les traces de ce que le passé a été pour eux. Ce soir-là, je me suis fait raconter une mince partie des horreurs qu’ils ont traversées durant leur jeunesse. Les horreurs que leurs familles et la société leur faisaient. J’en savais une partie. J’en ai su plus au fur et à mesure que la soirée s’arrosait. 

Ça ne date pas d’hier, les gens qui maltraitent les autres… souvent en se racontant qu’ils le font pour le bien de l’autre alors que c’est faux. Ce gars-là, dont je vais essayer de ne plus parler dans les prochains textes, il a choisi de me blesser. C’est son comportement et ça lui appartient. C’est sa responsabilité. Il en a choisi ainsi. On a déjà pu observer toutes mes réflexions là-dessus en long et en large. Maintenant je me concentre sur moi. J’ai fait sortir le pire. Il me reste à nettoyer et reconstruire ce qui reste derrière. Il me reste à changer des choses aussi, pour avoir une meilleure vie et de meilleurs liens dans l’avenir… puisque la façon dont ces femmes m’ont traitée était assez basse aussi, disons. Je choisis mal, on dirait. Vraiment mal. J’ai besoin de personnes qui sont plus vraies et qui veulent vraiment connaître l’autre. Pas des personnes qui se racontent des choses en cachette dans leur tête en faisant semblant que tout est ok pour finalement m’exploser à la figure et me sauter dessus quand je suis déjà par terre. Ça doit encore exister, les personnes honnêtes et sincèrement gentilles qui veulent prendre soin les unes les autres.  

            Mon psy est en vacances. Je suis donc allée chercher une tonne de livres pour m’aider à me réparer pendant qu’il sera parti. Je ne me suis pas sentie aussi mal depuis dix ans, comme je l’ai déjà mentionné… mais je me suis réparée, il y a dix ans. J’allais beaucoup mieux en tout cas. Cette fois-ci j’ai choisi de me réparer encore plus profondément au lieu de choisir le fuite et l’évitement comme les autres. J’ai choisi de dépasser la peur et la souffrance et d’aller voir ce qu’il y a au-delà. Il y a beaucoup de joie, il paraît… c’est ce qu’un expert des traumatismes m’a dit, en tout cas. J’ai confiance que ce sera mieux que ce que j’ai vécu ces derniers mois. J’ai besoin de me retrouver et de vivre ma vie hors de l’horreur. Je vais donc faire une série de billets sur les soins que je suis et que je vais aller chercher afin d’aller mieux. Les choses ont changé durant les dix dernières années. Nous avons beaucoup plus d’informations sur le cerveau et les traumatismes. Ça a quelque chose d’excitant. Je choisis d’apprendre et de grandir. Je choisis d’affronter. Aux autres, la fuite. 

            J’ai eu le double du nombre de rendez-vous habituels avec mon thérapeute pendant tout le mois de juin. Ça a coûté un peu plus cher, mais bon… tant qu’à payer des assurances, autant les utiliser. Nous avons réfléchi à beaucoup de choses qui étaient touchées par ces différentes situations, mais aussi à des choses que nous travaillerons à son retour de vacances en août. Je me sens bien avec son départ. Je me sens assez rétablie pour ne pas m’inquiéter de l’absence de son soutien. 

            J’avais entre autres parlé du fait que je pensais chercher à me faire traiter en EMDR par un autre psychologue en plus de ma thérapie régulière, mais j’ai dû écarter cette piste pour différentes raisons. D’un côté parce qu’il y a deux ans d’attente et qu’on me demandait alors de remplacer mon psy par celui de cette clinique, chose qui ne m’intéressait pas du tout. Je ne veux pas changer de psy. Tout le monde m’envie le mien. Le temps d’attente était un peu décourageant aussi. 

Puis, en écoutant un podcast sur les différents traitements du stress post-traumatique, j’ai appris que je ne suis pas une bonne candidate pour ce traitement pour différentes raisons puisque je souffre de stress post-traumatique complexe chronique et non d’une forme « moins lourde » disons… ou en tout cas pas la forme de stress post-traumatique sur laquelle ce traitement agit bien. C’est en partie parce qu’une des différences entre le stress post-traumatique régulier et celui complexe est le fait que dans le complexe, les flashbacks liés aux traumatismes sont plus de l’ordre des sensations et des émotions. Ce ne sont donc pas les flashbacks traditionnels étant majoritairement composés de reviviscences visuelles. J’écris aussi traumatismes au pluriel, parce que dans la forme complexe du stress post-traumatique, la personne a vécu plusieurs traumatismes étalés sur plusieurs années, ce qui est mon cas, depuis la naissance. Ça m’a cependant pris beaucoup de temps avant de comprendre leur gravité. J’avais tendance à diminuer leur importance et à toujours me forcer à continuer. Mon corps et mon cerveau ne sont visiblement plus capables.  

Donc ce traitement ne fonctionne pas très bien pour moi puisque je serais, d’une part, incapable de choisir par où commencer, quel traumatisme choisir… et qu’il y en aurait trop… mais aussi parce que certains d’entre eux me restent sous forme d’émotions qui m’envahissent de temps à autres sans que je sache trop pourquoi. Le fait d’en parler avec mon thérapeute nous a cependant permis de faire des projets de construction et de travail pour son retour. D’ici-là j’ai quand même beaucoup à faire. J’ai commencé à lire beaucoup sur le burnout émotionnel. Il faut que je travaille à me mettre des limites plus claires et à en mettre aussi aux autres, choses que je fais souvent trop à la dernière minute parce que je n’imagine pas que les autres vont faire les conneries qu’ils font. J’ai besoin d’imaginer moins de bien des autres et de voir mieux qui ils sont… J’ai besoin de me donner plus d’amour et d’en trouver du vrai à l’extérieur aussi. Je mérite définitivement mieux que comment j’ai été traitée. J’ai besoin de continuer à changer ma façon d’être en relation même si j’y ai déjà travaillé beaucoup. 

J’ai surtout un très grand besoin de reconstruire et de calmer mon système nerveux. C’est ça le plus urgent parce que les effets secondaires de ce que j’ai vécu m’épuisent et me paralysent. Je me sens à moitié morte. Massacrée, comme j’ai dit. Il faut donc me remettre en mouvement et prendre un soin infini de moi. Sortir de la honte. Vivre. 

Je donnerai des nouvelles au fur et à mesure que j’avance, quand j’aurai le temps. Ça représente vraiment beaucoup de travail. 

À plus!   

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