«C’est pas l’fun!»

Attention : Le texte suivant traite de sujets qui pourraient être difficiles pour plusieurs personnes.

C’est pas l’fun… ce sont les mots qui me hantent ces jours-ci… ou une variante de ça voulant dire ça. Je médite en quelque sorte sur l’inconscience totale ou le culot infini qu’il a fallu pour me dire ça. Je vous remets en contexte. Après la fin de l’histoire, l’homme fuyant m’a écrit ça à propos du billet de blogue que j’avais écrit sur ce qu’il m’avait fait. Il prétendait aussi m’avoir montré sa véritable identité. Il m’a dit que ce n’était pas l’fun de lire ça… Comme si la façon dont il m’avait traitée pouvait faire que j’aie encore une bonne opinion de lui après. Comme si c’était possible.  

             Ce que je ne comprends pas, c’est comment il peut s’imaginer que ce qu’il m’a fait c’était l’fun… agréable, propice à ce que je garde un bon souvenir ou… Comment est-ce possible? Je sais comment c’est possible, bien sûr. Je l’ai expliqué en partie dans le billet précédent. C’est parce que je n’existe pas vraiment pour lui et qu’il ne s’intéresse pas à qui je suis réellement. C’est parce qu’il n’a pensé qu’à lui dans cette histoire. Il a fait comme si ses actions ne devaient m’affecter aucunement, alors que c’est pourtant impossible. C’est clair que s’il avait pensé à moi, ça lui serait apparu rapidement que considérant ce que j’avais vécu, le fait de me faire niaiser par quelqu’un qui n’a aucune intention de même essayer de faire ce qu’il dit allait terriblement me blesser… 

            C’est aussi quelqu’un qui prend la moindre attaque comme une insulte. Mon billet ne me semblait pas si horrible et si j’avais traité quelqu’un comme il m’a traitée, je m’attendrais franchement à pire. À la fin il a prétendu que je l’avais insulté. Je ne l’ai jamais insulté. J’ai écrit : « Je n’aime pas (ou je déteste) les personnes qui prennent les sentiments des autres à la légère parce qu’ils finissent toujours par blesser les autres ». C’était ça, ma supposée insulte terrible. Ce n’est pas une insulte. C’est un fait. À moins que les deux personnes se soient parlé et entendues sur le fait qu’il s’agissait d’une histoire légère sans avenir, si une personne décide de voir l’autre comme pas important, c’est pas mal sûr à 100% que cet autre se fera blesser par le léger… Et c’est clair que jamais, absolument jamais je n’ai affirmé vouloir quelque chose de léger. Je n’ai aucune idée comment on pourrait confondre moi qui parle des abus que j’ai vécu avec une personne qui cherche une histoire légère… Il faut vraiment vouloir voir juste ce qu’on veut voir et non regarder la personne qui est réellement là.   

            C’est ça qui est troublant aussi… d’un côté il me parlait de ses exs ayant supposément été agressées (Je commence à douter de la véracité de leur existence et à me demander si leur existence n’a pas été inventée seulement pour que je fasse confiance plus vite… Ce ne serait pas la première fois que ça m’arriverait, donc non, je n’exagère pas.) et de l’autre il semble s’attendre à ce qu’une personne ayant été agressée soit simple et légère. J’aimerais vraiment ça voir s’il est capable d’être léger et simple après s’être fait défoncer le cul par un malade alors qu’il était inconscient et couvert de vomi… après avoir vécu les autres violences sexuelles et psychologiques que j’ai vécues. J’aimerais ça voir comment il se sentirait après que les gens à qui il dit ce qui lui est arrivé fasse comme si rien n’avait été dit. C’est à se demander à quoi ça sert de parler et d’expliquer les choses si les autres vont agir comme si on n’avait rien dit. Je finis par me demander si je ne devrais pas faire des affiches géantes. Si je ne devrais pas les forcer à rester assis et lire mon blogue d’un bout à l’autre avant même d’accepter d’avoir une conversation. Je n’ai aucune criss d’idée de ce qui peut faire qu’on traite une autre personne comme ça… et ensuite se fâcher parce que la personne n’est plus gentille.  

            Ça m’a fait penser à un gars que j’ai rencontré il y a quelques années. Il était rentré à la maison avec moi, un soir où nous avions bu. Alors qu’il était sur moi et qu’on commençait à s’embrasser, il m’a dit de faire attention à ne pas lui faire de marques avec mes ongles parce qu’il était en couple. C’était la première fois qu’il le mentionnait. Je l’ai littéralement poussé en bas du lit et je lui ai crié après en allant le reconduire jusqu’au bord de la rue. Il n’arrêtait pas de dire qu’il pensait que je le savais… Mais pourquoi je l’aurais su? Il n’y a pas de résumé de sa vie dans les médias à ce que je sache… Il n’est pas non plus un « people » dont tous les faits et gestes seraient rapportés ici et là. Ça montre d’un côté comment j’étais naïve de penser que l’autre me l’aurait dit avant, s’il était en couple, au lieu de comprendre que les gens ne pensent qu’à eux et à leur plaisir personnel. Ça montre à quel point lui était imbu de lui-même et ne s’était posé aucune question sur moi. Ça montre quand même aussi mon attachement à mes valeurs, de l’avoir poussé et sorti de l’appart assez vite merci. Après, j’en avais parlé à quelques personnes. Puis, l’infidèle était venu me voir un soir dans un bar qu’on fréquentait alors pour me dire que j’étais vraiment méchante d’en parler et que je devrais penser à lui et protéger son couple. Je me souviens que la mâchoire m’était tombée devant tant d’égocentrisme. Je lui avais répondu qu’à partir du moment où il venait faire quelque chose dans ma vie, ça faisait partie de ma vie justement et que j’avais le droit d’en parler autant que je voulais parce que ça m’affectait. Ce n’est pas à moi de dissimuler les écarts de conduite des autres. C’est à eux d’agir en respectant les autres et leur réalité. Ça fera, les enfants. 

            Je n’avais pas besoin d’un traumatisme de plus dans ma vie. Si j’étais vraiment « méchante » ou si j’écrivais cela pour lui nuire, je m’arrangerais pour qu’il soit identifiable et je ne cacherais pas son identité. Je parle de lui et de cette histoire parce qu’elle me permet d’aller plus loin et de réfléchir à des sujets plus importants qui touchent l’ensemble de la société. Ça, il le verrait s’il sortait de son nombril.    

            Je ne les comprends pas, ces personnes… Je suis une personne qui surveille sans arrêt ce qu’elle fait afin de ne pas nuire aux autres. J’ai même arrêté de fumer parce que j’empoisonnais les autres. Il n’a même pas été vraiment question de moi pour moi dans cet arrêt. Je l’ai littéralement fait pour d’autres. C’est pour ça que ça a été si difficile. Je ne m’aimais pas assez pour avoir envie de le faire pour moi. Je ne voulais pas arrêter de fumer. La chose qui m’a finalement convaincue, c’est que je souffrais d’empoisonner les autres (plus que de m’empoisonner moi-même) et que ça c’était trop contraire à mes valeurs pour que je puisse continuer sans que ça me perturbe. Donc non, je ne comprends pas comment les gens peuvent vivre sans se soucier des conséquences de leurs actions sur les autres. C’est quelque chose qui m’est complètement inconnu.  

            Ça ne correspond absolument pas au fait de s’empêcher de vivre non plus. Je ne vois pas comment on peut confondre blesser inutilement les autres avec vivre sa vie pleinement. Il vaut mieux y penser avant que de faire n’importe quoi et ensuite se rendre compte qu’on a terriblement blessé l’autre. J’ai mentionné déjà le fait que je ne comprenais pas pourquoi il me disait qu’il m’avait terriblement blessée juste en annulant le rendez-vous… Maintenant je le sais. C’est parce qu’il savait ce qu’il avait réellement fait. Je ne le savais pas à ce moment et c’est pour cela que son attitude m’a semblée étrange. 

            Réfléchir… Juste réfléchir. Tenir compte de l’existence des autres. Agir de façon conforme à ce qu’on dit. Ce serait tellement bien si tout le monde faisait ça. Si les gens ouvraient un peu plus les yeux. S’ils travaillaient sur eux au lieu de s’enfoncer la tête dans le sable. Tout ce qui s’est passé relève de ses choix. Il n’a absolument jamais été question de ce que moi je voulais. C’était son choix de me faire du mal. Son choix de ne pas bien m’expliquer et de me laisser dans la confusion à la fin en accumulant les mensonges pour sauver la face. Son choix de me nuire. Qu’il assume ses choix et garde ses ordres de gentillesse pour lui. La vérité, c’est que quand j’étais gentille, il a choisi de me traiter mal. Vraiment mal. 

            C’est difficile pour moi d’imaginer et de comprendre qu’une personne puisse arriver à la conclusion que je mérite ça. Que c’est comme ça que je dois être traitée. C’est un cauchemar pour moi cette histoire. C’est la chose dont je ne voulais plus jamais qu’elle m’arrive. Donc oui, ça m’a incroyablement blessée et perturbée. Ça m’a complètement massacrée. 

            Je suis écœurée d’y penser et d’écrire là-dessus. Toute cette histoire et ce qu’elle m’a fait me dégoûte. Je suis tannée des lâches et des égocentriques. Je suis tannée des personnes qui fuient après avoir fait des choses répugnantes aux autres. 

            Je pense que je radote maintenant. J’avais besoin que ça sorte. Je suis allée à l’anniversaire de la mort d’un ami samedi et l’absurdité de ce que j’avais vécu m’a encore une fois sauté à la figure. Il me semble que ce n’est pas si difficile de prendre soin des autres et de ne pas niaiser quelqu’un. Je sais que je ne peux pas faire que ce ne soit pas arrivé. Je sais que je n’aurai jamais réparation. Je sais que je survivrai, mais je voulais dire une dernière fois à quel point cette histoire était absurde et à quel point elle m’a blessée. 

Je pense que j’ai exploré ce que j’avais à explorer. Le petit chien arrive samedi. Ça me fera un bien fou. J’ai aussi commencé une série de textes sur les soins et les traitements que je reçois pour essayer de sortir de l’enfer où cette histoire m’a plongée. Je vais essayer de me tourner vers le constructif maintenant que j’ai évacué et vécu une bonne partie du mauvais. Chose certaine, jamais plus je ne croirai que les gens dont les autres disent qu’ils sont gentils sont réellement gentils. Je le sais pourtant… mais c’était la dernière fois que je doutais de moi. Ça, c’est garanti.  

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