Le film d’horreur (Partie 2)

Attention : Le texte suivant traite de sujets qui pourraient être difficiles pour plusieurs personnes. 

            À la fin de la première partie, j’avais commencé à parler de ce qu’on peut nommer l’instabilité de mes parents et de leur fausse nature en un sens… Ils étaient les deux visages qu’ils montraient, bien sûr, à différents moments, mais quand même. Le fait d’être aussi instables les rendait effrayant pour la petite fille que j’étais. Je ne me souviens pas, enfant, d’un moment où j’aurais eu le sentiment d’être en sécurité. L’instabilité était telle que même quand les choses semblaient calmes, elles pouvaient changer complètement et devenir cauchemardesques d’une minute à l’autre. J’avais donc toujours peur et j’étais toujours nerveuse, ce qui est profondément épuisant et m’empêchait de faire beaucoup de choses que les enfants font, en plus des demandes irréalistes que mes parents avaient envers les enfants, c’est-à-dire qu’ils soient en quelque sorte des poupées sans besoins et sans désirs qui ne demandent rien, restent tranquilles, immobiles et ne font pas de bruit. Des petits morts ou des petites choses, finalement. Ce n’est pas pour rien que je souffre de dysthymie et d’anxiété depuis l’enfance. Ce n’est pas pour rien que les autres me rendent toujours nerveuse non plus. 

            Avant qu’on m’accuse de méchanceté, comme cela arrive parfois quand les gens déforment mes propos, je suis parfaitement au courant de ce que sont les traumatismes transgénérationnels. Ça devrait être clair depuis longtemps que je ne suis pas une imbécile aveugle ni une idiote… J’en ai marre d’être sous-estimée par des personnes qui en savent énormément moins que moi sur ces sujets et qui veulent m’imposer leur aveuglement comme ça a été le cas avec cette fille et sa sœur qui m’ont bloquée cette semaine sans explication. Il y a une explication en fait… Cette explication est que ce sont des personnes qui fuient et qui ne veulent pas faire le travail intérieur nécessaire et essentiel après un trauma grave et qui donc sont insultées que je critique les personnes qui fuient… et que je qualifie leur comportement de violent. C’est plus facile de m’éliminer de leur vie que de se remettre en question et de se responsabiliser. Les conclusions auxquelles j’arrive dans ces textes que j’écris, elles sont le fruit de longues recherches, de quantité énorme d’articles et de livres lus, de podcasts écoutés et de discussions avec des professionnels de la santé mentale. Ce ne sont pas des lubies personnelles vides que je tenterais d’imposer pour me satisfaire, contrairement aux conneries que plusieurs me sortent souvent, des phrases qui sont de vieilles idées toutes faites qui ne correspondent pas à la réalité et qui en sont, elles, des lubies de personnes qui veulent juste se réconforter en se mettant bien profondément la tête dans le sable. 

            Il y a par exemple l’idée que les personnes se font violenter parce qu’elles ne s’aiment pas assez… mettant ainsi encore une fois la faute sur la victime. C’est quoi cette connerie? Souvent on dirait que la société ne fait que répéter des idées préconçues sans faire la réflexion au complet. Celle-ci est pourtant simple. Toi, est-ce que quand tu vois quelqu’un qui ne s’aime pas ou qui ne va pas bien, ton réflexe c’est de te dire que c’est tout à fait acceptable de lui faire du mal? Si la réponse est oui, tu as probablement besoin d’aide et les personnes vivant dans la société ne sont pas en sécurité près de toi. Il faudrait en prendre conscience et faire quelque chose pour corriger ça. Il me semble que ce n’est pas particulièrement complexe à comprendre que le problème est dans la personne qui maltraite et manque de respect et non dans la personne qui ne s’aime pas. La personne qui ne s’aime pas doit régler sa difficulté à s’aimer pour elle et pour ne pas en venir à maltraiter les personnes qui l’aiment (ce qui m’est arrivé avec cet homme fuyant dont je parlais récemment et qui n’avait pas réglé ses problèmes). Personnellement, quand je vois quelqu’un qui ne s’aime pas ou qui va mal, j’ai envie d’en prendre soin et non de lui faire du mal et d’essayer de lui faire croire que c’est sa faute après, ce qui est un comportement profondément répugnant.   

            Donc oui, je suis au courant que mes parents aussi sont des victimes et qu’ils ont certainement vécu les mêmes mauvais traitements qu’ils m’ont imposés. J’ai vu ma grand-mère traîner mon frère par les cheveux quand nous étions enfants… J’imagine que c’est arrivé à mon père aussi… Pas besoin de chercher trop loin. Mais souvent les gens vont dire ça…. Ils vont dire que ce n’est pas de leur faute (aux personnes violentes) et que c’est tout ce qu’ils connaissent et donc ce qu’ils reproduisent. La chose pour moi, c’est que que ça n’excuse rien. Ça me fait mieux comprendre qui ils sont, mais ça n’excuse en rien le fait qu’ils n’ont pas fait les efforts pour s’informer et changer, même devant des enfants en larmes et terrorisés. 

Cela n’est pas de la méchanceté de ma part de tenir les autres responsables de ce qu’ils me font. Je comprends que nous vivons en ce moment dans ce que j’appelle « la tyrannie de la douceur », chose que je développerai dans mon prochain billet, mais être dure n’est pas être méchante. Et il y a des raisons pour lesquelles je suis dure qui n’ont aucun lien avec une supposée méchanceté ni un manque d’information ni d’autres niaiseries qu’on me sort parfois. Je suis dure parce que j’ai beaucoup d’expérience avec des comportements d’abus et que je sais que la douceur et la gentillesse infinies ne sont souvent pas des réponses appropriées à ces comportements… en fait elles ne le sont à peu près jamais. Elles ont la plupart du temps pour conséquence que les comportements d’abus continuent tout simplement. Dire à quelqu’un de prendre ses responsabilités et de travailler à régler ses problèmes pour arrêter de blesser les autres n’est pas de la méchanceté. C’est énoncer une banalité dont chacun d’entre nous devrait être conscient et devrait faire. Nous devrions tous travailler sur nous-mêmes toute notre vie. Pas pour être parfait, mais pour grandir et pour assurer une meilleure vie pour tous au sein de notre communauté. 

            Donc ne pas se soucier de comment on affecte les autres, fuir, mentir, se cacher, manipuler, violenter, interdire de parler des sujets difficiles, exiger la gentillesse après qu’on ait fait du mal à quelqu’un, faire naitre des sentiments chez quelqu’un alors qu’on n’a pas l’intention d’avoir une relation avec cette personne, prétendre que l’autre hallucine, bloquer quelqu’un qui ne nous a rien fait sur les réseaux sociaux, se faire passer pour plus faible qu’on est, refuser de travailler sur soi par paresse ou peur, faire semblant que quelqu’un est méchant de critiquer nos comportements qui lui font du mal et… Ce ne sont absolument pas des comportements qui favorisent le bien-être de tous au sein de la communauté. En ce sens, ce n’est pas de la méchanceté de ma part de ne pas les tolérer et de me permettre de les critiquer. Surtout s’il n’y a pas d’efforts faits pour que ces comportements toxiques cessent. 

Je ne veux pas non plus me faire casser les oreilles avec le fait que certaines personnes n’auraient pas d’argent pour aller chercher de l’aide… Eh bien il y a des milliers de services et de solutions gratuites! Il faudrait arrêter de faire semblant que ce n’est pas le cas. Cet homme qui m’a fait du mal, il parlait de ramasser de l’argent pour aller en voyage… Il pourrait plutôt ramasser de l’argent pour se payer les soins pour régler ses problèmes une fois pour toutes et ne pas blesser inutilement les autres. Ce serait plus utile. Je suis certaine qu’il a souffert réellement, mais ce n’est pas une excuse pour faire souffrir les autres. Enfin, au Québec, seules les personnes qui sont monoparentales de plusieurs enfants, qui sont itinérantes, qui ont un QI extrêmement bas (chose rare), qui ont des problèmes psychologiques graves et doivent être institutionnalisées, qui sont analphabètes, qui sont trop âgées, n’ont pas l’internet et ne peuvent pas se déplacer, qui ne parlent ni l’anglais ni le français, seules ces personnes ont une excuse, ici, pour ne pas profiter des solutions et formes d’aide gratuites qui existent. Les autres choisissent de maintenir des comportements qui nuisent à eux-mêmes et aux autres et je suis tannée qu’on fasse semblant que c’est hors d’accès et que ce n’est pas leur faute. Vous pouvez juste aller emprunter les livres de Christophe André à la bibliothèque… Ça va aider, c’est sûr… mais il faut aussi de la patience et vraiment beaucoup d’efforts et c’est ça que les gens ne veulent pas faire. Ils ont aussi trop peur pour avoir l’honnêteté nécessaire d’admettre que oui, parfois, ils sont violents… comme absolument tous les êtres humains sur terre… Mais il faut l’admettre et y travailler si on veut que les choses changent.

Une femme m’a dit un jour pour me blesser que c’était évident que ma thérapie ne fonctionnait pas. C’était extrêmement méchant, faux et irréaliste. Une thérapie, c’est long, surtout avec la vie que j’ai eue. C’est long pour le psy de vraiment comprendre qui il a face à lui, quelle vie cette personne a eue, comment les événements entrent en interaction avec la personnalité et… Tout ça doit être communiqué et analysé. Les choses ne viennent pas toujours à la conscience en même temps non plus. Une des raisons pourquoi ma thérapie est longue, c’est aussi parce que je retourne toujours dans le monde pour vivre de nouvelles expériences et que beaucoup de mes années de thérapie ont été consacrées à éteindre des feux de façon urgente et à réparer des parties de moi. La raison pour laquelle cette femme pensait que ma thérapie ne fonctionnait pas était que je n’étais toujours pas en couple. Comme si c’était l’objectif de ma thérapie… mais ça parle d’elle et de notre société. Son analyse superficielle faisait abstraction de tout ce qui a changé dans ma vie au cours des 14 dernières années, de tout le mal que j’ai arrêté de me faire, de tout le courage que j’ai acquis, de toutes les choses que je suis devenue capable de faire et… Alors qu’elle, elle pense encore que le but de la vie c’est être en couple et que ses problèmes seront réglés le jour où elle trouvera un homme qui veut d’elle…          

            Le fait que je justifie beaucoup ce que je fais et ce que j’écris, ça aussi c’est un des effets secondaires des violences que j’ai vécues… et non une preuve de conscience pas nette ou de malhonnêteté, comme parfois certaines personnes mal intentionnées le prétendent. J’ai vraiment beaucoup de choses encore à dire dans cette suite d’idées, entre autres sur le pourquoi c’est si néfaste de grandir dans ce type d’environnement pour un enfant, sur pourquoi ça m’affecte encore aujourd’hui et sur mon style d’attachement sur lequel je vais faire beaucoup de travail durant les prochaines semaines, voire les prochains mois. Je parlerai aussi bientôt du travail par exposition aux émotions qui me semblaient insupportables que j’ai commencé. Donc à suivre… 

J’en profite pour préciser que je commence à me sentir beaucoup mieux.

Prenez soin de vous et des autres.

Bonne journée!

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