Le ghosting: une nouvelle aventure!

            Il m’est arrivé encore un truc incroyable cette semaine. Il y a quelques jours, j’ai aimé une publication d’une fille sur Instagram. C’est une personne qui encourageait ce que je faisais depuis le début et dont j’ai toujours encouragé les projets et pour qui j’ai fait de la publicité à plusieurs reprises afin de l’aider à ce que ses projets fonctionnent. Je me suis en revanche aperçue en même temps que j’aimais sa publication qu’elle avait cessé de me suivre. Comme c’est quelqu’un que j’aurais qualifié dans le passé de « bonne connaissance », de personne à qui j’aime parler, mais dont je ne suis pas très proche, je lui ai demandé pourquoi ce changement. J’ai reçu un message qui me disait qu’elle ressentait le besoin de prendre de la distance. 

            Ça m’a fait un genre de choc et j’avoue que je n’ai aucune idée pourquoi. J’ai quelques pistes que j’exposerai, mais aucune de ces raisons n’est valable pour me faire vivre ce type de violence. 

Il y a quelques années maintenant, environ deux, je dirais, cette personne est complètement disparue des réseaux sociaux et en même temps de ma vie. Je n’en ai plus eu de nouvelles sauf une lettre à la mort de mon chien sur laquelle je reviendrai. Quelques temps après sa disparition, sa sœur a écrit à sa place sur les réseaux sociaux que son chat était mort et qu’elle se sentait incapable d’être sur les réseaux sociaux et de parler à qui que ce soit. J’ai eu en partie de l’empathie pour le chagrin lié à la mort de l’animal et en même temps j’ai trouvé la situation irrespectueuse. Je comprends qu’aujourd’hui c’est la mode de dire aux gens qu’ils ne doivent rendre de comptes et ne doivent d’explication à personne, mais je ne suis pas certaine d’être d’accord avec ça… Ok, oui, on peut faire ce qu’on veut et ce en quoi on croit, mais il me semble que ce serait la moindre des choses d’envoyer un petit message personnellement aux gens qui ont toujours été là pour nous si jamais on a l’intention de disparaître un temps, ne serait-ce que pour qu’ils ne s’inquiètent pas, ne serait-ce que pour prendre soin d’eux. On peut même copier-coller le même message à tous pour que ce ne soit pas trop exigeant… Malgré le fait que je trouvais ça blessant, je lui ai quand même envoyé des messages d’encouragement et de sympathie. J’ai aussi célébré la parution de son livre il y a quelques temps. Je pensais l’acheter, mais là il va clairement rester sur sa tablette et je ne le recommanderai à absolument personne. Je ne recommande pas les livres de personnes ayant des comportements malsains et violents. 

            Donc cette personne, disparue depuis deux ans, qui ne m’a jamais demandé comment j’allais et à qui je ne parle jamais, a le culot de m’écrire qu’elle ressent le besoin de prendre de la distance avec moi. Sur le coup ça m’a fait mal… puis après ça m’est apparue pour ce que c’est : un comportement violent et enfantin profondément bizarre et ridicule. Mais en même temps c’est la mode en ce moment. Là maintenant, pendant que j’écris, ça me fait rire en fait. C’est juste trop ridicule. 

            Quand je mentionne le fait que c’est la mode maintenant, je veux dire que depuis l’avènement des réseaux sociaux, il y a cette idée que dès que ce qu’est une personne ou que ce qu’elle fait nous dérange, il est tout à fait acceptable de bloquer cette personne, de l’éliminer, de la faire disparaître. Si bien que nous en oublions l’humanité de l’autre en le blessant pour notre confort personnel. C’est tellement profondément égocentrique et violent que les mots me manquent. Il est démontré depuis longtemps en psychologie à quel point la personne visée par ce type de traitement développe des problèmes psychologiques graves suite à ce type de comportement à moins d’avoir travaillé longuement à se protéger de ces effets, ce qui n’est pas le cas de la majorité des gens. De ce fait, pour moi, c’est inacceptable, à moins bien sûr que vous bloquiez quelqu’un parce que cette personne vous persécute et vous violente vous directement. Ce n’était clairement pas le cas avec cette personne. Je ne lui ai jamais rien fait, ça, j’en suis absolument certaine. 

            Je ne m’en fais plus trop par contre… J’ai travaillé longuement sur cela en thérapie. Il y a des gens qui m’ont bloquée pour différentes raisons. Ils n’aiment pas ce que je fais, ils ne sont pas d’accord avec ce que je dis, ils trouvent que je produis trop et ça les fait se sentir mal donc je dois être effacée et punie, je ne finis pas le projet qu’ils veulent que je finisse au moment où ils le veulent, ils n’aiment pas ma face, ils n’aiment pas mes goûts, ils n’aiment pas mon poids, ils n’aiment pas mon look, ils n’aiment pas ce que je lis, ils n’aiment pas mon chien et… C’est le comble du ridicule. Tu n’es pas comme je veux et tu ne fais pas ce que je veux? Je vais t’effacer et t’empêcher d’affecter ma vie de quelque façon que ce soit! Tu n’existes plus! C’est tellement épouvantablement enfantin. Il faut vraiment être fragile psychologiquement pour ressentir le besoin de faire quelque chose comme ça. Il faut ne pas avoir beaucoup de ressources internes.  

            Ce que je n’ai pas encore mentionné, c’est que sa sœur aussi m’a bloquée. Je ris toute seule en tapant cette phrase. Je n’ai jamais rien fait à sa sœur non plus. La dernière fois que je lui ai écrit, c’est parce qu’elle martelait sans réfléchir le slogan « Adopt don’t shop » au sujet des animaux. Je suis d’accord en principe que s’il est possible de prendre un animal dans un refuge, c’est mieux de faire ça que d’encourager une usine à chiots (mais il existe aussi de bons éleveurs avec des pratiques éthiques…). C’est d’ailleurs ce que j’avais l’intention de faire quand mon chien est mort. Je me suis par contre aperçue rapidement que ce serait impossible. Pourquoi? Parce que pour adopter un chien dans un refuge, maintenant, ils exigent qu’on ait écrit sur notre bail qu’on a droit à un chien et aussi qu’on ait une cour où le chien pourra jouer… À Montréal, ce n’est pas particulièrement fréquent d’avoir ces deux choses. De plus, en ce moment, il y a peu de chiens dans les refuges parce que les gens ont massivement adopté durant la pandémie et les listes d’attente sont incroyables et il y a des tonnes de demandes pour chaque chien ou presque… Sur un plan personnel, ayant vécu un deuil récemment, je ne me sens pas prête à adopter un chihuahua de 13 ans qui me mourra dans les bras sous peu, même si j’aimerais, oui, en avoir la force. Je ne suis pas prête non plus à perdre mon logement pour un chien élevé par d’autres qui aura fort probablement des problèmes de comportements que je n’ai pas nécessairement la capacité de régler. Finalement, les chiens qui sont éventuellement disponibles sont majoritairement trop gros pour rentrer dans mon appartement. Après que je lui ai écrit cela, elle ne m’a plus jamais reparlé et quelques jours plus tard elle m’avait bloquée. C’est complètement malade : « Cette personne ne pense pas comme moi? Elle doit disparaître! ».

            Je suis d’accord qu’il faut travailler à éveiller la conscience sociale, mais quand on est rendu à culpabiliser les gens sur des sujets alors qu’on n’a aucune criss d’idée de quoi on parle, c’est juste de la violence et non un éveil de conscience. Ça me dégoûte les gens qui font ça et je n’ai aucune patience pour eux. Aucun respect non plus. 

            Quelques jours après la mort de mon chien, j’ai reçu une lettre de la fille disparue qui me disait qu’elle avait donnée des sous à un refuge qui sauve des chiens comme le mien… comme si je ne le connaissais pas, alors que je le soutiens depuis des années… J’ai d’ailleurs essayé d’adopter auprès d’eux, mais c’était impossible. Avec le recul j’imagine que c’était un clin d’œil à ce que j’avais dit à sa sœur… Comportement parfaitement passif-agressif… mais dont elle se raconte probablement qu’il est en fait gentil. 

            Parmi les options qui font que j’aurais pu être bloquée par ces personnes il y a :

  • J’ai adopté un chiot au lieu d’un chien de refuge. 
  • Je n’aime pas et n’utilise pas le mot « survivor » pour désigner les victimes d’agression et de violence.
  • Je n’ai pas la même opinion qu’elle sur les TGW et parfois j’oublie de les mettre.
  • Je trouve les personnes qui fuient violentes et irrespectueuses (Ce n’est pas juste moi… Il y a beaucoup d’études en psychologie qui vont aussi en ce sens.)
  • Je ne suis pas végane et c’est terrible de ma part même si mon organisme ne me le permet pas et que je deviens malade rapidement si j’adopte cette alimentation parce que ma capacité d’absorption du fer est très faible et que non ça ne se corrige pas rapidement. 
  • Elle n’aime pas ce que je crée. 
  • Elle n’aime pas mes textes. 
  • Je ne change pas assez rapidement mon écriture pour l’écriture inclusive (La raison réelle est que je ne la maîtrise pas encore complètement et que pour le moment ça ne fait pas partie de mes priorités… mais oui, j’y travaille tranquillement). 
  • Elle ne veut pas voir ma souffrance qui la fait trop souffrir elle (Ici, je pleure de rire… voir mon avis sur cette prétention dans les billets précédents).
  • Elle a déformé le fait que j’ai écrit que certaines personnes utilisent le prétexte du self care pour faire des choses égocentriques en une fausse interprétation selon laquelle j’aurais écrit que toute forme de self care est égocentrique.
  • Elle est fâchée que je n’aie pas donné d’argent à la campagne de financement pour payer les opérations et les soins de son chat mourant… oubliant pratiquement qu’elle ne m’a jamais offert d’aide au fil des ans quand mon chien était malade et que j’avais un emploi précaire… 
  • Ou… Allez savoir ce qu’elle a bien pu inventer.    

Ça c’est une des conséquences du ghosting. On est laissé seul après avoir reçu un coup violent à se demander ce qu’on a bien pu faire pour être traité de la sorte. En ne disant rien, la personne nous enlève aussi la possibilité de nous remettre en question puisque nous n’avons aucune idée du comportement qui fait qu’elle a choisi de nous bloquer. Donc ça fait juste nuire à tout le monde dans tous les sens. Aucune des raisons que j’ai imaginées et aucun de mes comportements envers elle ne justifie qu’elle me traite de cette façon. C’est juste dégueulasse et violent. Aussi, en fait, je suis quelqu’un qui se remet trop en question et prend toujours la responsabilité des autres à leur place. Ça ne paraît pas dans mes textes parce que cette étape a lieu avant que j’écrive. Quand j’écris, j’ai déjà examiné toutes les possibilités de choses que j’aurais pu faire pour mériter ça… Je m’invente même souvent des torts… Ça vient de comment j’ai été traitée enfant… Mais je travaille depuis longtemps à remettre ses torts à l’autre en thérapie. Dans cette situation, j’ai examiné mes interactions avec ces femmes et le tort leur revient entièrement. Je ne leur ai jamais fait quoi que ce soit qui justifierait ce traitement.          

            Je peux imaginer la personne lisant ça et se disant que je suis terriblement méchante… mais non… La personne méchante, c’est la personne à qui je n’ai jamais rien fait qui a décidé de me fuir et de me bloquer comme si j’étais une sorte de monstre, sans se soucier de comment ça m’affecterait. Ça, c’est de la méchanceté pure, peu importe dans quels mensonges elle l’enrobe pour se rassurer.

            Parfois aussi les gens vont dire : « Si ça t’arrive, tu dois bien faire quelque chose de grave. ». La réponse est non. D’abord, ça arrive à tout le monde tout le temps, à part peut-être aux personnes qui cherchent à plaire à tout le monde, mais qui sont des personnes malsaines à ne pas imiter de toute façon. Les articles sur cela pleuvent. Je ne suis donc pas la seule personne à qui ça arrive. Cela relève plutôt du fait que les relations sont devenues extrêmement superficielles et aussi du fait que maintenant nous sommes socialement encouragés à effacer immédiatement tout ce qui nous cause de l’inconfort ou nous remet en question. Je trouve ça triste et vraiment pas productif. Ça empêche les gens de grandir et de gagner en maturité. Et ça fait que plus de personnes subissent de la violence et de l’intolérance. Je ne serai jamais d’accord avec ces façons de faire. 

            Comme disait mon amie hier, on ne peut pas être aimé par tout le monde et ce n’est pas nécessairement une bonne idée de chercher à l’être. Aussi, pour paraphraser l’autre : Si on n’a pas d’ennemis, ça signifie qu’on ne s’est jamais battu pour quoi que ce soit d’important dans sa vie. Je vais me concentrer sur les personnes qui comprennent ce que je fais, sur celles que ça aide, celles qui posent des questions, celles qui donnent des explications, celles qui tolèrent la différence, celles qui s’informent, celles qui comprennent qu’il y a des êtres humains sensibles derrière les réseaux sociaux, celles qui ne me maltraitent pas. C’est une très bonne chose que les autres s’éloignent. 

            Bonne fin de semaine!  

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