Le film d’horreur (Partie 1)

*Attention : ce billet aborde des sujets qui pourraient être difficiles pour plusieurs personnes. 

Après que j’aie parlé du fait que je ressentais le besoin de traitements supplémentaires à mon psy, il m’a rappelé qu’en ce moment, en plus des soucis des dernières années au travail et de la pandémie, je traverse trois deuils en même temps. C’est donc tout à fait normal que je me sente triste, en colère, épuisée et perdue… C’est correct aussi que j’aie temporairement besoin d’un peu plus d’aide que d’habitude. Ça ne fait pas de moi une personne faible ni une victime au sens négatif que les gens utilisent à tort. Dans ce sens-là, une victime est une personne qui pense qu’elle n’a pas le choix de subir ce qui lui arrive et qu’elle ne peut rien faire pour changer la situation dans laquelle elle se trouve. Ce n’est pas moi. Je ne suis pas comme ça. Je travaille et je me débats vraiment fort. J’ai quand même été victime d’actions pénibles de la part d’autres personnes, oui. 

            C’est une période difficile, vous l’aurez compris… et je tourne un peu en rond, mais en approfondissant toujours un peu plus mes explications et ma compréhension de moi et de pourquoi ça m’a blessée autant et de comment faire pour me réparer et essayer que ça n’arrive plus. J’ai réalisé que ça fait dix ans que je n’ai pas été autant blessée. Pas depuis que j’ai commencé à souffrir de stress post-traumatique. J’ai vu d’autres hommes depuis, c’est sûr et d’autres m’ont blessée, mais pas autant que ça… Cette histoire me blesse parce qu’elle est une forme de répétition de ce qui m’est arrivé il y a 10 ans, mais aussi d’autres microtraumatismes et agressions vécus avant et après. C’est quand même terrible.

À l’époque, l’homme (Celui du billet L’affreux Noël) avait monté tout un bateau dans lequel il me présentait comme merveilleuse et prenait plein d’engagements (que je ne demandais pas) envers moi. Il a séduit ma famille et quelques amis. D’autres se sont méfiés. Après qu’il m’ait dit qu’il pensait que je ne survivrais pas s’il me laissait et que je lui aie répondu que si j’avais survécu à toutes ces violences, incluant deux agressions sexuelles, c’est clair que je survivrais à une rupture avec lui, j’avais ajouté que je ne savais pas comment j’allais faire pour rester avec quelqu’un qui me percevait comme il le faisait. Le lendemain il m’avait subitement annoncé qu’il était encore amoureux de son ex. Bon timing… Quel hasard incroyable! Après, j’avais commencé à souffrir de stress post-traumatique lié au fait que je devais faire le deuil de ma famille, de cette relation et aussi d’amis qu’il avait séduits et qui voulaient rester en lien avec lui alors que dans les faits il parlait contre eux… Les gens sont naïfs pour la violence conjugale. Ça fait peur. Depuis, je garde mes amis séparés et je les cache les uns aux autres… Ça conduit souvent les personnes mesquines à penser que je n’ai pas d’amis… mais oui… j’en ai… Ils sont juste dissimulés dans différentes sphères de ma vie. Je dis parfois « mon ami » ou alors je fais référence à la personne par son prénom, mais je ne parle pas beaucoup d’eux les uns aux autres pour me protéger. Ça m’avait tuée de voir mes amis préférer leur lien superficiel avec cet homme violent plutôt que ma sécurité. Réseaux sociaux de merde… comme si c’était nécessaire d’être l’ami de l’agresseur de ton amie…  

Là, c’était la même chose, mais avec des motivations différentes. Même si je considère que ce que l’homme fuyant mentionné dans les derniers billets m’a fait était violent, je ne pense pas qu’il s’agit d’un homme violent. C’est plus quelqu’un que ses problèmes non réglés rendent égocentrique et irrespectueux de l’autre, mais je ne sais pas à quel point il en est conscient… ce qui ne change par contre rien de l’impact que ça a sur l’autre personne, ici moi. C’est un peu le même scénario, mais en moins de temps. J’ai vu les signes arriver un peu plus vite cette fois. Je regrette par contre de ne pas avoir réagi dès le premier… même si je sais que si j’avais pris peur au premier drapeau rouge, j’aurais sans arrêt douté de ma décision après… donc ça ne sert à rien de regretter… Donc, comme je disais, c’est un peu la même chose… Le gars qui a l’air sûr de vouloir qu’il se passe quelque chose, qui écrit sans arrêt, qui envoie des signes d’affection tout le temps, qui fait des projections dans l’avenir sans que j’aie rien demandé, invente un code pour me montrer qu’il est intéressé et… et qui finalement se fait peur à lui-même, me dit quelque chose de super blessant, soit que ce qui se passait entre nous était léger et qu’il voulait aller lentement (chose dont il m’informe plus d’un mois plus tard) et qu’il n’est plus certain de vouloir une relation et… Tout ça en moins de 24h après avoir aussi apparemment oublié un rendez-vous avec son ami qui a pour conséquence que si je veux le voir j’ai genre une heure top et qui se met à paniquer parce que je dis que je préfère remettre… J’ai alors dit, suite à toutes les révélations de la journée, que je ne savais pas comment faire pour passer par-dessus tout ça (parce qu’il était toujours incertain). Et j’étais fâchée et blessée et en état de choc… et après monsieur ne veut plus rien subitement et essaie de me faire croire que c’est de ma faute parce que je ne suis plus gentille et que je me suis fâchée… comme si ce n’était pas absolument normal que je sois fâchée… et fâchée est relatif… J’ai juste eu un ton plus froid. Je ne l’ai aucunement insulté. Je ne lui ai pas crié après. Je n’ai pas brisé quoi que ce soit… 

Je ne veux plus l’analyser lui. Lui, n’a plus d’importance maintenant. Il a une importance de base au sens où je lui souhaite d’aller chercher de l’aide afin d’être mieux et de ne jamais refaire ce genre de chose à quelqu’un d’autre que moi, mais dans ma vie, il a perdu son importance après avoir décidé de me traiter comme cela et de me culpabiliser et de me mentir en plus. Il aura de l’importance le jour où il agira de façon respectueuse. Ça n’a pas du tout été le cas dans cette histoire. Je ne le tiens pas responsable de l’état où je suis. Je considère par contre que ce qu’il m’a fait est profondément irrespectueux, méchant et égocentrique. Personne n’a besoin de vivre ça. Encore moins moi. 

Quelqu’un m’a fait remarquer récemment que j’utilisais souvent le mot « cauchemar » dans les textes précédents. C’est comme ça qu’elle me fait sentir, cette histoire. Le cauchemar et ce qui crée l’état de choc terrible qui mène au stress post-traumatique (ou à la reviviscence des symptômes dans l’histoire récente) est la nature double des personnes. L’un se présente comme fou amoureux et doux et est en fait un homme extrêmement violent sur le plan psychologique (celui d’il y a dix ans). L’autre, le plus récent, se présente comme quelqu’un sur qui je peux compter et qui veut être là pour moi et finalement fuit au premier problème, me montrant ainsi qu’il n’est pas quelqu’un en qui je peux avoir confiance ni sur qui je peux compter dans ma vie. Dans les deux cas, il s’agit d’hommes instables. Dans les deux cas, le revirement de situation était extrêmement brusque et intense. Dans les deux cas, ça m’a mise en état de choc et profondément blessée. Les personnes doubles me terrorisent. Je comprends que les êtres humains ont plusieurs facettes et sont des êtres complexes, mais il y a des gens qui sont quand même extrêmement changeants et qui vous mettent ainsi en danger par le fait même. 

Mes parents étaient extrêmement instables et étaient très différents à l’intérieur et à l’extérieur de la maison. L’image qu’ils montraient aux gens n’étaient pas la même que celle à laquelle nous étions exposés enfants, mon frère et moi. Cette même image, à l’intérieur de la maison, pouvait changer d’une seconde à l’autre, d’un extrême à l’autre. C’était vraiment terriblement difficile de savoir à quoi s’attendre. Nous vivions dans un stress constant, dès la naissance. Ce n’est absolument pas sain pour un enfant de grandir dans ce genre de famille. L’enfant est un être qui est pris au piège et qui n’a pas d’autres références pour évaluer le comportement de ses parents. Donc quand ils le violentent, il finit par penser que c’est sa faute… Il intègre l’idée qu’il est responsable de ce non-amour, qu’il n’a pas assez essayé ou qu’il a fait quelque chose de mal et que c’est pour ça que son parent réagit mal et ne lui donne pas d’amour… alors que les enfants ont besoin d’être sûrs qu’on les aime.  

Pour un enfant, ça fait terriblement mal de ne pas recevoir d’amour de façon stable. Ça crée beaucoup de problème sur le plan de l’image de soi. C’est aussi extrêmement terrorisant d’avoir des parents instables qui sourient à tout le monde en public et qui font des choses épouvantables à la maison, comme hurler, menacer de se tuer, menacer de t’abandonner, essayer de te faire croire que tu hallucines, que tu es folle et… Mon père me faisait incroyablement peur… Son travail nous emmenait souvent dans la forêt et il était armé et faisait des crises de rage incroyables de mon point de vue d’enfant. Je voulais mourir. 

Une partie de moi est encore cette petite fille qui tremble et a envie d’hurler d’effroi abandonnée toute seule dans la forêt à cause de personnes qui devaient en prendre soin et être là pour elle et qui se sont révélées être des monstres. C’est cette petite fille-là qui a été sidérée et retraumatisée dans les histoires avec ces deux hommes. Comme elle, j’ai envie de crier d’horreur chaque fois que j’y repense… mais je dois rester dans cette sensation. Je dois y repenser et affronter cette horreur pour prendre pleinement conscience que j’y ai survécu. Déjà, enfant, j’ai été assez forte. Je le suis encore.  

            À suivre… 

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