Moi là-dedans

            Comme il fallait s’y attendre, suite à ce qu’il s’est passé avec la personne mentionnée dans les billets précédents, j’ai recommencé à avoir des symptômes de stress post-traumatique plus pénibles suite à cette histoire. Je sais que c’est temporaire, mais ça m’emmerde quand même. Je n’avais clairement pas besoin de ça. Je n’ai pas envie de parler beaucoup de lui, mais j’ai par contre envie de parler de moi et de ce qui me reste de cette expérience. 

            Le jour où ça a fini et les jours suivants, je me sentais comme si j’avais reçu un coup de masse sur la tête. J’étais étourdie et j’avais la vision embrouillée. C’est le choc qui fait ça. Le stress post-traumatique est une maladie qu’on pourrait dire philosophique, en plus d’être biologique. Elle est liée à la vision du monde que les gens ont. Parce que je suis extrêmement idéaliste (et non négative, comme on assume parfois à cause de mon extérieur sombre), j’étais et je suis encore particulièrement à risque d’avoir ce problème. Donc le stress post-traumatique, il arrive dans votre vie quand quelque chose que vous ne pensiez pas possible vient briser votre vision du monde. Par exemple quand après avoir vécu plusieurs traumatismes, vous en avez fait part à un homme de 40 ans qui décide quand même de vous niaiser alors que vous aviez naïvement pensé, encore une fois, que c’était impossible que quelqu’un fasse une connerie pareille… Je souffre de stress post-traumatique parce que je crois trop longtemps dans les gens, même quand eux ne croient pas en eux… et ça m’éclate souvent à la figure… au lieu d’un résultat plus positif, par exemple si une personne décidait d’utiliser cette foi en elle pour avoir plus de force pour faire les démarches pour aller mieux… C’est pénible. Je dois arrêter de faire cela, même si arrêter de croire dans les autres me semble une avenue horrible à emprunter.

            Nausées, étourdissements, crises de panique, sensation d’avoir été frappée dans le bas ventre, insomnie, cauchemars, souffle court, larmes… tout est revenu d’un coup. Aujourd’hui, je vais mieux et une partie des symptômes commencent à s’estomper, mais je sais qu’il me faudra du temps avant d’aller vraiment mieux. Je prends ça un jour à la fois. Je cours beaucoup. Je mange bien. Mes amis prennent soin de moi et sont accourus sans que j’aie à demander devant l’absurdité totale et imprévisible de la situation. Je suis bien entourée. Merci à vous, mes amis. 

            Je trouve ces situations difficiles, parce que je n’ai pas accès à la vérité. J’imagine qu’il me dirait qu’il me l’a dite, la vérité, mais le problème est que si vous dites des choses que vous ne ferez pas ou des choses contradictoires, c’est difficile de vous croire après… Par exemple si vous écrivez plusieurs fois par jour à une personne en lui démontrant votre intérêt affectif, en lui envoyant des compliments, des emojis amoureux, des codes pour dire que vous êtes intéressé, que vous faites des projets d’avenir divers et promettez des choses pour plus tard et que finalement vous ne faites rien de tout ça, dites que vous vouliez aller lentement et… c’est difficile de vous suivre. Si vous faites semblant d’être sensible aux violences vécues par quelqu’un alors qu’en fait vous êtes juste en train de penser à vous et que vous faites quelque chose de quand même assez violent psychologiquement à cette même personne, c’est ensuite difficile de croire quoi que ce soit qui sort de votre bouche. Ainsi, moi, je ne peux plus croire ce que cette personne me dit. J’ai fait l’erreur de lui donner une chance (même deux, puisque je lui ai donné un genre de deuxième chance afin d’en avoir le cœur net…) et ça m’a éclaté à la figure comme je n’aurais pas imaginé… Je ne saurai donc jamais ce qui était vrai là-dedans et je dois vivre avec ça. C’est très pénible aussi.  

            Je sais que je ne me sens pas respectée. Je ne l’ai pas été non plus. On ne travaille pas activement à gagner la confiance d’une personne et faire naître en elle des sentiments pour ensuite briser cette confiance et blesser cette personne trente seconde après qu’elle ait fini par se sentir en confiance quand on respecte quelqu’un. Ça, c’est niaiser quelqu’un. Ça, c’est vraiment immature et irrespectueux. À 40 ans, c’est la moindre des choses de s’assurer qu’on est au moins prêt à essayer réellement, avant de faire des avances à quelqu’un sur le plan affectif. En ce sens, la réaction de mon entourage a été de me demander s’il avait 15 ans. C’est ce qu’on dirait effectivement si l’on ne considère que ce choix. Je pense que s’il avait fait des efforts et que ça n’avait pas fonctionné, j’aurais trouvé ça moins pire au moins… J’aurais eu plus l’impression que c’était honnête, ce qui n’est pas le cas pour le moment. Peut-être que ce l’était, peut-être pas. Je n’ai aucune idée d’où la vérité se situe. Ce que je sais par contre, c’est que ce manque de respect n’a rien à voir avec moi. Ça parle de lui et de quel genre de personne il est. Il m’a dit, après avoir vu l’illustration du premier texte, qu’il préférait être un con qu’une personne avec une fausse identité. C’est là qu’on voit qu’il pense à lui. S’il pensait à moi, il comprendrait qu’aucun de ces deux types de personne n’est désirable dans ma vie… que je serai inévitablement blessée par ces individus. Je sais aussi que moi, je peux me respecter, même si lui ne l’a pas fait. 

            Je suis triste aussi. Triste de la perte de temps, de ce que j’ai subi, de comment je me sens utilisée pour qu’il se prouve quelque chose de négatif à lui-même, que mes symptômes soient revenus, que les gens soient si inconscients même après 40 ans sur terre, qu’il ait pensé juste à lui et… Je pense quand même que malgré ce qu’il prétend, il y a une forme de fausse identité, puisque la personne qu’il a prétendu être au début, elle n’existe pas, au fond… ce qui aide dans la tristesse, une fois le choc de l’absurdité passé : la personne qui me plaisait, elle n’existe pas. La personne qui prétendait se soucier de moi, de ce que j’ai vécu et de vouloir être là pour moi, elle n’existe pas. Il reste une forme d’inconnu à la place… un inconnu qui m’a traitée de façon blessante. Je suis triste pour les autres hommes qui viendront et dont je me méfierai nécessairement encore plus. Je suis triste pour moi, qui avait assez eu le cœur brisé dans le passé et cette année en particulier… Je n’avais pas besoin qu’on brise le peu qui s’était recollé. Ne me dites pas qu’ils ne sont pas tous comme ça… Ça fait au moins une soixantaine d’hommes qui me font du mal depuis que je suis née, de façons ayant divers degrés de gravité… Ils ne sont pas tous comme ça, non, mais il y en a beaucoup et ça épuise vraiment, à la longue. Je lui avais juste écrit pour dire que mon chien était mort… C’est tout. Je ne lui avais rien demandé.

            Je vais aller me reposer. Je redonnerai des nouvelles de comment je me sens bientôt et je parlerai d’autres choses, de choses qui me font sentir plus vivante au lieu de me détruire, oui. 

            Ça ira. 

            À plus!  

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