Désengagement temporaire

            Le terme de disparition est probablement celui qui décrit le mieux la façon dont j’ai été ici et en bonne partie dans la vie en général ces derniers mois. J’ai ressenti un très fort besoin de m’isoler et de me protéger qui a été accentué par de nombreux événements dont la mort du chien. Je trouve aussi que la pandémie est une bonne période pour réfléchir à ce que je veux vraiment pour la suite des choses, même si le fait que la suite des choses sur un plan plus mondial et concret reste inconnue complique un peu beaucoup la réflexion…  

            J’étais aussi épuisée. Épuisée d’engagement, même si mon engagement reste souvent invisible aux yeux des autres. Mon engagement ici, en classe, dans ma démarche artistique et littéraire… Je me sentais vidée. Ça fait quand même plusieurs années que je travaille contre la violence sexuelle, psychologique et conjugale… contre toutes les violences, au fond. J’avais déjà des signes de fatigue l’automne dernier, quand j’avais de plus en plus de difficulté à écrire ici et à finir de peindre mes toiles contre la violence envers les femmes inspirées de faits divers. J’écrirai là-dessus bientôt. 

            La mort du chien m’a conduite à une forme d’extrémité de moi. Elle m’a fait replonger dans beaucoup de souvenirs. Certains heureux avec lui. D’autres plus tristes, me concernant… mon passé, des mauvais souvenirs dissimulés derrière sa présence. Ça commence à aller mieux. Les mauvais souvenirs sont encore là, mais ils reculent derrière des moments de grande lucidité. On dirait en tout cas. Espérons que ce n’est pas en fait un trouble quelconque dû à l’isolement pandémique qui commence… Haha! 

            Mais justement… Je n’ai plus trop envie de m’isoler maintenant… Tout en respectant les mesures sanitaires bien sûr. Hier, je suis allée marcher avec une amie. Nous étions toutes les deux masquées et incrédules devant la quantité de personnes non masquées marchant très proches les unes des autres dans le Vieux-Montréal, Ville-Marie et le Village. J’ai croisé un ancien ami que j’ai eu l’impulsion d’envoyer chier à cause de son visage dénudé. J’ai laissé faire. Je me suis rappelé mes envies récentes de calme et mon besoin de repos, sa persistance, sa constance à venir. Quand je suis rentrée, je me suis sentie calme et heureuse d’avoir vue mon amie. Je n’ai pas été anxieuse comme je l’étais il y a quelques mois à chaque fois que je devais parler à quelqu’un ou le voir. Mon épuisement social semble enfin tirer à sa fin. 

            Ça m’a fait bizarre d’être désengagée si longtemps, de ne plus m’occuper des causes qui me tiennent à cœur pour un moment. C’est bien, en un sens, parce que ça m’a permis de replonger en moi et de commencer à trouver ce qui sera important pour la suite. De nouveaux projets et un rêve d’avenir ont émergé aussi. Il faut me mettre au travail, sérieusement. Je devrais redevenir plus présente dans les prochaines semaines. J’envisage d’ouvrir aussi une boutique en ligne pour vendre certains trucs que je fais. J’ai probablement aussi trouvé mon futur chiot. Il est dans le ventre de sa maman depuis 21 jours. L’avenir s’ouvre un peu.   

            Probablement que cette vision m’a aussi secouée et remplie d’une urgence de revenir : 

           

 Les mots ont été effacés en moins de 24h… C’est le temps qu’on nous laisse pour parler. C’est le sérieux qu’on accorde à notre ras-le-bol et nos dénonciations. C’est répugnant. Il faut continuer d’agir. 

            À bientôt.

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