Les désespoirs

Feeling broken
Barely holding on
But there’s just something so strong
Somewhere inside me
And I am down but I’ll get up again
Don’t count me out just yet

Cher

Ça ne va plus très bien depuis un moment. Mon moral a commencé à baisser l’automne dernier quand j’ai commencé à avoir des moments de faiblesse physique et que j’ai vu le chien perdre l’équilibre pour la première fois. J’ai eu très peur. J’ai été convaincue, à ce moment, qu’il n’en avait plus pour longtemps. Il a quand même vécu six mois de plus. Il était fort, mais à chaque semaines son état empirait et les choses devenaient de plus en plus difficiles. 

Ce chien, ma seule absence d’abandon. Je l’ai senti me quitter peu à peu et ça me sciait les jambes littéralement, lentement, à chaque heure de la journée. Quand on n’a pas vraiment été bien aimé, enfant, c’est important d’avoir une expérience d’attachement comme cela, comme celle que j’ai eue avec cet animal, même si des imbéciles sans cœur en riront. J’ai de la difficulté à croire que des personnes pensent encore que les animaux ne sont que des créatures inférieures, mais c’est comme cela, ces personnes existent. J’espère qu’elles auront la chance de comprendre qu’elles ont tort un jour.  

Je me sens désœuvrée et très seule depuis qu’il est parti, mon petit. Sa compagnie était rendue encore plus importante à cause de la pandémie. Ça fait un vide immense, son absence, si petit était-il… Je l’aimais tellement aussi. C’est incroyable. J’essaie de regarder les chiots de l’éleveuse d’où viendra mon prochain compagnon pour me réconforter, mais en même temps j’ai besoin d’être triste et c’est sain. Je le sens. C’est une très grande perte pour moi et je dois la vivre avant d’être prête pour un nouvel amour canin. J’ai quand même hâte un peu. Il me semble que ça fait beaucoup de souffrance pour une seule personne pour une seule vie… mais ce n’est pas encore terminé. 

En plus de la mort du chien, durant les premières semaines de 2021, on a essayé de me faire honte d’avoir parlé publiquement des violences psychologiques et sexuelles que j’ai vécues dans ma vie. On a essayé de me faire croire que c’était mal de ma part de l’avoir fait. On m’a parlé comme si j’étais une enfant qui ne savait pas ce qu’elle faisait et comme si je devais avoir honte de l’avoir fait. Ça me dégoûte profondément. Je ne peux pas en parler plus pour le moment, mais ça me perturbe beaucoup. J’ai l’impression souvent que le monde tourne en rond à l’infini sur le plan des idées comme il le fait physiquement. C’est parfois désespérant. Comme si quelqu’un faisait périodiquement un reset et nous renvoyait dans les années 50 à l’infini.   

Je ne sais plus trop en quoi croire. Je ne sais plus ce qui sert à quelque chose.  

Il ne faut pas vous inquiéter. Je ne vais pas me faire de mal d’aucune façon. 

J’ai écrit « Les désespoirs » parce que j’ai traversé cet état souvent. Il y a une sorte de cohabitation entre un sentiment d’étouffement et d’absence d’avenues possibles à emprunter et une sorte de certitude de ma force, que celle-ci me portera hors du trou, comme à chaque fois. N’empêche que j’ai un peu le cœur ouvert, fendu en deux pour un temps et tout fait plus mal qu’à l’habitude. Ce pourquoi je n’écris pas souvent en ce moment. Ce pourquoi j’ai pris un peu de recul. Je me suis effacée pour souffrir en paix, un peu. J’en avais besoin. 

Ce matin, j’ai ressorti cette chanson de Cher qui est dans l’exergue et je l’ai écoutée en boucle. Je ne suis pas une très grand fan de la musique de Cher même si j’aime plusieurs chansons. Je les aime souvent plus pour l’époque ou les moments qu’elles me rappellent que parce que j’aimerais ce genre musical (ou ces genres musicaux, puisqu’elle en a traversé plusieurs). Il reste que, peu importe que l’on aime ou pas sa musique, pour moi, il s’agit d’une personne extrêmement forte et inspirante et parfois je l’écoute quand je ne vais pas bien. Ainsi, cet autre passage de la chanson me renvoie à ma propre force :   

I’ve been brought down to my knees
And I’ve been pushed way past the point of breaking
But I can take it
I’ll be back
Back on my feet
This is far from over
You haven’t seen the last of me

Puisque j’ai fait l’expérience récemment de personnes malhonnêtes qui ont déformé complètement quelque chose que j’avais écrit pour faire croire que je les menaçais, je précise que l’utilisation de cette chanson et que ce texte ne sont pas des menaces. Je me sens ridicule en écrivant cela, mais je ne pensais pas qu’autant de mauvaise foi serait possible de la part de ces personnes, donc je ne prends plus de chance… 

Ce que je veux dire, en utilisant cette chanson, c’est que, aussi désespérée puis-je sembler pour l’instant, j’ai survécu à beaucoup et je survivrai à ça aussi. Il faut par contre que je repense très sérieusement ma vie et que je m’offre, grâce à ma force intérieure justement, une plus belle et plus heureuse vie. Peut-être loin d’ici. Toutes les portes sont ouvertes et l’une d’elles finira par e sembler possible à emprunter.    

Un jour, je pourrai parler plus librement de ce qui m’est arrivé exactement ces dernières semaines. En attendant, je vais prendre soin de moi et me donner le plus d’amour possible, autant que le faisait mon beau petit compagnon avant sa mort. 

À plus tard.  

2 commentaires

  1. Recommencer car, stupide habitude, ai écrit en direct sur le net plutôt que sur papier.
    Manœuvre anti-indélébile, pouf !
    Tout c’temps passé à vouloir te consoler.
    Bref, cet ex texte écrit pour toi n’existe plus, maintenow disparu.
    Bon.
    C’est ça l’impermanence, c’est bien, j’ne rage pas car on est
    quand même
    dans le vif du sujet.

    C’est rude la mort des autres.
    Mères, pairs,
    Chiens Chats,
    toi moi euz et elles.

    Au fil de la vie, on fait ça, digérer, respirer, se caler en jachère, en mode mis à quia.
    repAnser, reposer, réfléchir, cesser de manger, trop boire,
    et entrer dans les noyaGes , coucher dans les incendies.

    Comment va ton deuil ?
    Toi ici
    Dont j’ai lu l’aujourd’hui
    La larme sur ton blog

    Comment te consoler alors
    Le deuil est long, lent, dur
    Te terrer tranquille
    C’est Ohôkay
    Revenir. Ici. Aussi.

    Pas de recette, chérie
    Mais éviter
    Rester dans la cachette
    Us nous nosotros
    Humains sommes grégaires

    Comme il est bon ce câlin
    Comme est tendre cette étreinte
    Et toi et moi les yeux dans nos yeux
    Tu n’trouves pas que ……………//……………………//………………………//……………………//……………………//……
    Fabriquer de la peine
    Dessiner du bobo
    Faire joujou avec le méchant deuil
    Manger du brouillard
    Danser avec l’albédo de la brume sous la lune
    c’est okay baie-baie

    Disfruta
    Carpe diem
    Panse pense
    et reviens vite écrire et dessiner

    Aimé par 1 personne

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