Se placer en position d’infériorité (6)

            C’est clair, quand on lit les textes précédents, que je n’ai pas vraiment eu une bonne relation avec cette personne. C’est aussi clair pour moi que cet homme ne me connaît pas… Qu’il n’a vraiment aucune idée de qui je suis, sauf une version qu’il a inventée pour lui-même, seul, dans sa tête. L’exemple de ma présence sur les réseaux sociaux en est un bon exemple. Au lieu de se dire qu’il ne me connaissait pas (ça faisait moins d’un an qu’on se parlait et on ne se voyait pas souvent) il a préféré me dire que ce n’était pas moi et que je portais des masques… comme s’il savait mieux que moi qui je suis. 

            C’est quelque chose d’assez fréquent quand on se trouve devant une personne manipulatrice. Elle va souvent nous accuser d’être la personne qui porte un masque, alors qu’en fait c’est elle qui en porte un. Être devant une personne manipulatrice, ça laisse aussi souvent l’impression que cette personne parle à quelqu’un d’autre. C’est en partie parce qu’une fois que ce type de personne a trouvé quelque chose de blessant à dire à quelqu’un, elle va le répéter à tout le monde sans différencier. Aussi, souvent, ce que ces personnes vous reprochent c’est en fait ce qu’elles sont elles, ce que les autres qu’elles ont blessés leur ont reproché avant vous. Alors en fait, quand la personne manipulatrice vous fait une crise de rage comme celle que cet ancien « ami » m’a fait à la fin de notre relation amicale, elle parle d’elle. Pas de vous. Vous pouvez quand même examiner ce qui a été dit, mais la grande majorité de tout cela devrait aller directement aux poubelles si cela ne vous aide pas à grandir. 

            Par exemple, dans un de ses derniers messages, il me dit que je ne me remets jamais en question et que c’est tout le temps l’autre le problème. D’abord ça, c’est faux. Ça fait déjà 11 ans que je me remets systématiquement en question en thérapie. Je lis aussi énormément, entre 100 et 165 livres par année. C’est assez facile de comprendre que si je pensais que j’étais parfaite et que je savais tout, je ne perdrais pas mon temps à me poser des questions sur mon comportement en thérapie et je ne m’exposerais pas sans fin à la pensée des autres pour devenir une meilleure personne chaque jour… C’est juste une question de logique. Aussi, les moments où je me remettais en question, ce sont les moments avant la discussion finale, quand je laissais passer tous les comportements inacceptables qu’il avait sans (ou presque) dire un mot… Au moment où la discussion finale a eu lieu, j’étais sûre de moi et de ma position. Ce n’était plus le temps de douter… d’ailleurs une des choses pour lesquelles je suis traitée depuis si longtemps en thérapie est le fait que je doute constamment de moi et de mes perceptions… alors c’est très drôle de me faire dire cette connerie. Il a voulu me faire avaler un bien gros poisson… Mais je ne l’ai pas avalé, parce que je sais que justement, les personnes manipulatrices à tendance narcissiques sont habituellement capables de faire douter les autres… alors si elles n’y arrivent pas, elles vous diront que c’est vous le problème… que vous êtes incapable de vous remettre en question… C’est mon pire défaut et mon pire ennemi en moi-même, le fait de me remettre en question et de douter de moi de façon maladive… C’est comme une claque dans la figure donnée par une main géante de clown de me faire dire ça. C’est aussi un aveuglement total sur son propre comportement… Parce que la personne qui ne doute pas et dit aux autres ce qu’ils sont sans aucune gêne et sans même les connaître, c’est lui.   

            Quelques semaines plus tôt, alors que je l’avais croisé dans la rue, on avait parlé du fait que j’avais maigri. Je lui avais dit que c’était parce que je marchais beaucoup. Il savait que je nageais aussi parfois et il m’a répondu : « Ben non, ce n’est pas possible que tu aies maigri autant en marchant. Tu as maigri en nageant. ». Je lui ai répondu que non, j’avais maigri en marchant, que j’en étais certaine. ». Il m’a regardée de haut en me disant : « Non, tu as maigri en nageant ». J’ai laissé faire et je suis rentrée chez moi… Ça m’apparaissait tellement ridicule de me faire parler de cette façon, de me faire dire qu’il savait mieux que moi ce qu’il se passait dans mon corps, que je ne lui ai pas dit que la piscine était fermée depuis plusieurs semaines pour rénovations… C’est une des scènes bizarres et absurdes que j’ai vécues avec lui qui montre qu’il était vraiment persuadé de savoir mieux que moi ce que je vivais… 

            Quelques mois plus tôt on avait eu une autre engueulade du même genre, mais cette fois au sujet des hommes qui m’intéressent. Je précise qu’il n’a jamais vu aucun des hommes avec qui j’ai été en couple. Il n’a vu un homme par qui j’ai été intéressée amoureusement que plusieurs mois après que cet évènement soit arrivé… et même là, il a vu deux photos rapidement sur le net. Donc un jour je passe chercher quelque chose chez lui et il me sort une réplique du genre « Pourquoi tu aimes toujours le même genre de gars ? Ils ne peuvent jamais être blonds ou imberbes ». Je lui ai répondu que c’était faux, que j’aimais beaucoup de types d’hommes différents (Je suis bien placée pour le savoir puisque c’est moi qui les aime justement et que je suis présente dans ma vie depuis 38 ans et lui moins d’un an…). 

            Il m’avait dit aussi quelques semaines plus tôt que j’aimais les garçons narcissiques… Je n’aime pas les garçons narcissiques. J’attire les hommes narcissiques. Je le sais depuis 9 ans… rien de neuf là-dedans (Je déteste aussi quand les gens ont la prétention de penser qu’il comprennent votre vie mieux que vous et qu’ils vont vous apporter une réponse que vous n’aviez pas déjà envisagée en 11 ans de thérapie… sans même vous poser de question sur les avenues que vous aviez déjà envisagées avant… C’est tellement prétentieux et superficiel !). Mais je ne les aime pas. Je les fuis dès que je m’aperçois que c’est ce qu’ils sont. Il était arrivé à cette brillante conclusion après que j’aie aimé les photos de deux hommes sur Instagram… L’affaire qu’il ne comprend pas, c’est que je ne suis pas des hommes par qui je suis attirée amoureusement sur Instagram… (Sauf le narcissique des billets précédents qui a été la seule exception). Je suis des personnes sur Instagram parce que j’aime ce qu’elles font, indépendamment de ce dont elles ont l’air. Il y en a que je trouve beaux et d’autres moins, mais beaux quand même parce que j’aime qui ils sont ou ce qu’ils font. 

            Le lendemain de quand il m’a dit que j’aimais toujours des gars pareils, je lui ai écrit à ce sujet et il m’a répondu qu’il n’avait jamais dit ça et qu’il ne savait pas d’où je tenais cette idée. Ça, c’est toujours une alerte rouge quand une personne prétend ne pas avoir dit une chose que vous savez très bien qu’elle a dite.  C’est pas mal toujours un mensonge. C’est une forme de manipulation qui vise à vous faire douter de votre compréhension et de votre santé mentale. Une semaine plus tard, il aurait une conversation avec moi sur ce sujet (dont il disait n’avoir jamais parlé) sans aucune gêne dans sa voiture… Donc c’était clairement juste un mensonge. Si je n’avais pas été capable de me remettre en question comme il le dit, je n’aurais pas senti le besoin de me justifier même si je savais pertinemment que ce qu’il disait était complètement faux. Je me suis toujours fait une fierté d’avoir expérimenté beaucoup avec des personnes différentes dans mes histoires sentimentales… à la fois sur le plan du physique, de la carrière, de la psychologie et de la provenance… C’était donc le comble du ridicule qu’il me dise que j’aimais des gars tous pareils. Si seulement ça avait été pour de bonnes raisons, j’aurais pu éventuellement comprendre… mais non… me faire faire une crise parce que je n’étais selon lui pas attirée par les hommes imberbes et les blonds… Non, mais quelle connerie ! En plus je lui ai expliqué que mon agresseur était un homme sans cheveux et quand après j’essayais de sortir avec des hommes de ce type, c’est lui que je voyais… Et aussi que mon ex après qui je m’étais retrouvée à souffrir de stress post-traumatique était un blond… Mais non… ça n’était pas assez. Il continuait de prétendre savoir mieux que moi ce que j’aimais. Le problème avec ça, c’est que même si ce qu’il disait avait été vrai, ce qui n’est pas le cas, j’aurais eu le droit d’avoir des préférences physiques sans avoir à me justifier auprès de qui que ce soit. Cette situation était donc complètement inutile et absurde… et très irrespectueuse de sa part.   

            Ça relevait tellement du délire son affaire qu’un jour je lui ai montré une photo de deux gars qui sont dans un groupe que j’aime et que je trouve beaux à cause de qui ils sont et de ce qu’ils font. Il m’a dit qu’ils avaient l’air de des « blokes » (mot que plusieurs Nord-Américains prennent à tort pour une insulte alors que ça veut juste dire « homme »… Ben oui… ils ont l’air de des hommes puisqu’ils en sont…)… Premièrement il n’y a aucune raison de critiquer comme ça l’apparence de personnes dont on ne sait pas ce qu’elles font, donc déjà ça c’était absurde. Ensuite, il a pointé un des deux en me disant : « C’est lui que tu trouves beau ? ». Je lui ai dit que les deux était beaux, mais que je préférais l’autre en fait, le chanteur. Il a pointé à nouveau l’autre gars en disant « C’est lui que tu trouves beau ? ». J’ai dit « Non, c’est l’autre ». Il a recommencé encore en pointant une nouvelle fois le même gars et en disant « Je ne comprend pas, c’est lui que tu trouves beau ». Et j’ai encore dit, non, c’est l’autre. J’étais complètement découragée rendue-là… C’est comme si son cerveau était complètement pris, avalé dans son idée de ce que je trouve beau alors qu’au fond il n’en a aucune idée. C’était complètement surréaliste. Ça m’a fait peur un peu que quelqu’un soit obsédé et incapable de remettre sa perception en question à ce point-là… 

            Une autre fois, il m’a même expliqué sur un ton condescendant que la beauté c’était relatif… comme si j’étais une pauvre conne ignorante et superficielle qui aimait des gars juste pour leurs qualités physiques… s’il avait vraiment regardé les hommes que j’aime, il n’aurait pas été possible qu’il arrive à cette conclusion. Aussi, quelques jours après, on est allé manger au restaurant. Après, il m’a dit que notre serveur, ça, c’était ce qu’il trouvait beau. Le serveur avait l’air d’un jeune homme à la fin de l’adolescence et au début de l’âge adulte avec des cheveux châtains et des yeux bleus qui aurait très bien pu poser pour des catalogues de costumes de bain pour hommes… Ça valait vraiment la peine de me faire la leçon sur ma définition de la beauté… 

            J’ai failli arrêter de lui parler à ce moment-là. Je trouvais ça trop bizarre et trop violent. Une amie m’a convaincue de continuer, mais je l’ai fait un peu à contrecoeur en faisant des blagues comme s’il avait raison au sujet des hommes qui me plaisaient. Comme je savais que c’était faux, au lieu de détendre l’atmosphère ça me rendait juste plus amère et j’avais de moins en moins envie de lui parler. Il faudrait qu’il grandisse et comprenne que les gens ont le droit d’être attirés par qui ils veulent (en autant que la personne est en mesure de consentir s’il se passe quelque chose) et que ce n’est pas de ses affaires et qu’il n’a pas à juger ni à faire une criss de commentaire là-dessus. Surtout s’il n’a jamais vu personne que vous avez fréquenté…  

            Malgré tout cela, à la fin, il essayait quand même de me faire croire que j’étais le problème dans l’histoire… Il m’accusait de toujours dire que ce sont les autres les  « déviants »… Je suis pas mal certaine de n’avoir jamais utilisé ce mot-là de ma vie. C’est un mot utilisé par les personnes pour qui la norme est importante pour qualifier les personnes qui en dévient. La norme n’est pas importante pour moi, donc je n’utilise pas ce mot.  Je ne peux donc pas l’avoir utilisé pour parler des personnes qui m’ont blessée dans le passé. Ce n’est d’ailleurs pas ce que je pense d’elles. Mon amie a fait une dépression grave qui l’a rendue agressive et à la fin ça s’est retourné vers moi et je ne voulais pas vivre ça. L’autre disparaissait depuis des années à chaque fois qu’elle rencontrait quelqu’un et j’ai été tannée parce que je trouvais ça irrespectueux d’être traitée comme un bouche-trou. Les autres je me suis éloignée pour d’autres raisons. Le fait que j’ai identifié des problèmes qu’elles avaient et qui me nuisaient ne veut pas dire que je pense que je suis parfaite et que je n’ai pas de problème. Je connais mes défauts. J’en ai. Je n’ai pas à les énumérer constamment pour que les gens évitent de penser que je pense que je suis parfaite. Est-ce qu’il y a vraiment quelqu’un qui après s’est brouillé avec quelqu’un se promène dans la vie en disant ses défauts à tout le monde en plus de raconter la situation ? C’est encore une fois tellement condescendant et tellement mal me connaître que de penser que je pense être parfaite… Finalement, pour cet homme-là qui s’est permis de me donner des chars de marde, je suis une inconnue. Complètement inconnue. Il n’a clairement jamais essayé de me connaître ni compris quoi que ce soit à qui je suis. C’est un peu effrayant quand même.    

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