Le rêve et l’anxiété

            Je ne sais pas s’il est possible de mourir d’anxiété. Je ne sais pas s’il est possible de mourir d’un rêve non plus. Je sais juste qu’à chaque fois que j’y pense, quelque chose s’affole dans ma cage thoracique et je me sens comme si je respirais trop, tout en étant empêchée de le faire. Comme si j’avais trop d’énergie aussi. Comme si j’allais mourir… et comme si j’étais trop heureuse.

            Je ressens donc du bien et du mal.

            Il est arrivé quelque chose de beau récemment. Plusieurs belles choses en fait. Je ne sais pas ce que c’est. Je ne sais pas ce qui se passe. Pour le moment, c’est beau, en tout cas. Des choses qui me virent à l’envers et me donnent l’impression que c’est un peu trop le printemps un peu trop avant le temps. Des choses qui me rendent heureuse et me terrorisent simultanément.

            Je ne dirai pas ce qu’elles sont.

            Peut-être que vous les devinerez… mais je ne suis pas prête à en parler plus précisément.

            Donc c’est arrivé et ça persiste dans le temps.

            Maintenant, je ne peux pas m’empêcher de remarquer la difficulté que j’ai à faire confiance aux gens et à l’avenir.

            Je rêve un peu.

            J’ai peur beaucoup.

            Je voudrais rêver plus… mieux, comme disait l’autre…

            Je sais que c’est en très grande partie parce que mes expériences et mes souvenirs des relations interpersonnelles sont extrêmement mauvais. C’est lié à cela. L’anxiété provient du fait que nous utilisons ce que nous avons vécu dans le passé pour penser à ce que nous pourrions vivre dans le futur. Donc si vous avez surtout vécu des expériences négatives et des émotions difficiles (pas négatives, parce qu’on se souvient que cela n’existe pas…) il est fort probable que votre niveau d’anxiété sera généralement plutôt élevé.

            C’est mon cas.

            Ça me brûle par en dedans.

            Ça m’épuise.

            À cause des choses qui me sont arrivées, j’ai de la misère à accepter de vivre, à arrêter de me protéger, à comprendre et surtout sentir que les choses qui se sont produites n’ont pas nécessairement à se reproduire encore. Je dis sentir parce que c’est beaucoup là que ça se joue. C’est le fait de revivre intérieurement les émotions et sensations du passé quand quelque chose se présente, un nouvel amour ou un nouveau travail, par exemple, qui fait qu’intérieurement on condamne cette nouvelle situation en pensée avant même de l’avoir vécue. Ça peut en soi suffire à tuer quelque chose de neuf. Quelque chose qui pourrait être beau, stimulant, vivant, mais qui ne sera pas parce qu’on a eu peur et qu’on l’a tué.

            J’ai toujours été une personne courageuse. C’est l’accumulation d’expériences très difficiles qui m’a fait avoir de plus en plus peur. Je repartais toujours au front en espérant que les choses soient différentes, mais c’était de pire en pire. À un moment donné, je n’ai plus été capable d’oser.

            Je me suis mise à avoir de la difficulté à penser à l’avenir. Encore plus à espérer en lui… Sauf sur un plan théorique. Je peux travailler à un monde meilleur, mais curieusement ma vie n’en fait pas partie. Ma vie, c’est comme un trou noir que je n’arrive pas bien à éclaircir… (désolée pour le mauvais jeu de mots).

            Je veux que ça change.

            Et là, ce qui m’arrive, ça me fait penser à un avenir.

            Ça me fait rêver.

            C’est une grande folie.

            Une magnifique folie.

            C’est quelque chose qui m’arrive pour la première fois. C’est pour ça que ça m’effraie aussi. J’essaie d’apprendre à respirer. J’essaie de me donner le droit de trouver ça beau et d’y croire au moins un peu.

            C’est difficile.

            Ça me pousse hors de moi.

            Ça me force à repenser mon expérience de l’autre, mes croyances relationnelles, mais aussi ma perception de moi. Surtout ma perception de moi en fait, parce que soudainement, les parties qui font ma personne qui ont été jugées le plus sévèrement dans le passé sont soudain acceptées. Moi je les aime, mais c’est la première fois que d’autres les voient et en sont enthousiasmés.

            J’ai peur que ça disparaisse.

            J’ai peur que ce soit faux.

            J’ai peur que ça s’arrête.

            J’ai peur que ce soit impossible.

            C’est intenable.

            J’arrête de penser.

            Je respire et je me concentre sur le plaisir.

            Il y en a aussi et il est ce qui me fait me sentir en vie. J’aime ça. Je marche en gambadant. J’ai la poitrine qui veut éclater. J’ai l’esprit vif. Je ris toute seule. Je rêve beaucoup. Tout le monde autour de moi aime ça. Tout le monde autour de moi aime cette douce folie.

            Une douce folie avec un fond un peu hardcore quand même… et qui peut devenir sombre rapidement. Je peux penser à des choses qui font effroyablement peur. Je n’ai même pas besoin d’imagination. Je fais juste coller les morceaux du passé dans un autre ordre et après ça fait une nouvelle histoire d’horreur… c’est fascinant…. et horrible en même temps.

            La répétition, le rythme, la monotonie.

            Le retour de l’horreur et de la peur.

            Il faut casser le rythme, en instaurer un nouveau.

            Ça fait un mois que je me pousse à vraiment agir différemment. Ça fait dix jours que j’ai commencé à entrevoir un autre monde possible. C’est difficile physiquement. Ça me fatigue beaucoup l’alternance entre le rêve et la peur.

            Mon corps veut se cacher et vivre en même temps. Ça fait de la tension, c’est sûr. Ça fait de l’attention à moi, à comment je fonctionne. Ça prend du repos. Ça veut dire d’y aller en étapes. Ça veut dire de recommencer à dormir, même quand je suis trop heureuse.

            Peut-être que tout cela est pour rien.

            Je ne sais pas.

            Je vais essayer d’arrêter d’envisager le pire scénario seulement.

            J’ai appris qu’on ressent ce sur quoi on se concentre.

           J’ai appris que je me stresse moi-même… comme presque tout le monde finalement. Tout le monde qui n’est pas dans un pays en guerre, dans une autre situation d’extrême violence et/ou au bord de la mort.

            Je pense que je vais me laisser rêver un peu, même si bien des choses semblent impossibles.

            Elles ne seraient pas impossibles.

            Elles seraient juste difficiles un peu un temps.

            Je vais essayer d’être enthousiaste.

            Je vais me concentrer sur le bonheur.

            Après tout, j’ai survécu aux mauvaises expériences.

            J’avais peur avant de recommencer à écrire et d’aller étudier en arts.

            J’étais terrorisée.

            Ça se passe bien finalement.

            Je ne peux pas contrôler ce qui arrivera.

            Je vais essayer d’avoir la foi.

            Je pense que je vais choisir l’aventure et le rêve, un jour et une action à la fois.

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