Le stress post-traumatique (les symptômes)

            Dès le moment de la rupture, j’ai su que quelque chose n’allait pas… Je l’ai su parce que je ne réagissais pas comme je l’avais fait à la fin de mes histoires précédentes. Je me sentais comme si j’avais reçu un coup de masse sur la tête. Mais quelque chose n’allait pas depuis plusieurs semaines en fait. Au lieu de me donner envie de vivre et de me donner plus d’énergie, cette relation me fatiguait de plus en plus et me faisait me sentir mal dans ma peau. Tout ce que je faisais était incorrect, dérangeant, risible… Toute ma personne ne lui convenait pas.

            Je voyais comme un cauchemar le fait de marcher les 20 minutes qui me séparaient de son appartement. J’étais stressée avant d’arriver. Je ne voulais pas y aller. Je me sentais molle. J’aurais préféré rester chez moi et regarder des séries télé au lieu d’aller chez lui. Je me sentais complètement vidée. J’avais l’impression de ne plus avoir quoi que ce soit à dire ni à donner à qui que ce soit. Ce sont tous des signes que cette relation n’allait pas bien, ou qu’en tout cas je ne me sentais pas bien dans cette relation, qu’elle me rendait de plus en plus malade.

            Contre toutes attentes, j’étais quand même triste que ça finisse. Ça montre à quel point il m’avait lavé le cerveau et qu’au lieu de me concentrer sur ce que ça me faisait et ce qui aurait été bon pour moi, je me concentrais sur ce que lui voulait et ce qui m’aurait rendue aimable à ses yeux. Quand les gens me maltraitent, au lieu de fuir, quelque chose en moi surgit… c’est comme le fantôme de la petite fille que j’ai été qui ne savait pas quoi faire d’autre face à son parent qui la maltraite que de lui dire de plus en plus fort qu’elle l’aime. C’en est à tomber par terre de tristesse et ça ne vaut plus la peine de se relever quand on est cette personne. C’est l’impression que ça laisse en tout cas. Parce que quand on est cette personne, ça ne vaut pas vraiment la peine de vivre, ou en tout cas, ça reste une forme de non vie… que je n’arrive pas bien à expliquer. Au lieu de regarder en soi pour trouver qui elle est, ce qui lui plaît et ce qui pourrait la rendre heureuse, la personne qui a vécu beaucoup de violence va plutôt chercher des signes extérieurs de sa valeurs, demander aux autres qui elle est et ce qu’elle vaut. C’est un piège qui peut être mortel. Ça vaut la peine de vivre, bien sûr, mais seulement en sortant de ça.

            Donc, après, je me débattais super fort pour une personne que je n’avais jamais été certaine d’aimer. En plus il était blond ! (Ça c’est une blague… désolée).  J’aimais avoir eu des miettes d’attention, je pense, parce que je n’en avais jamais eu beaucoup. J’ai toujours été en couple avec des personnes qui pensaient surtout à elles et à leurs besoins, des personnes pour qui le mot compromis n’existait pas. Il ne faisait pas exception à la règle et j’en ai d’autres comme lui après, mais c’est quand même cette fois-là que le stress post-traumatique s’est manifesté le plus clairement, ou en tout cas que j’avais quelqu’un pour mettre des mots sur ce que je vivais pour la première fois.

            J’ai trouvé une liste de symptômes du trouble de stress post-traumatique qui me semble plus complète sur le site de L’institut universitaire en santé mentale de Montréal. Je vais la commenter et expliquer un peu comment ça s’incarnait dans mon cas.

« Des reviviscences:

  • Souvenirs répétitifs et envahissants de l’événement
  • Cauchemars
  • Flashbacks
  • Détresse ou réactivité physiologique lors de l’exposition à des stimuli associés à l’événement traumatique »

(http://www.iusmm.ca/hopital/usagers-/-famille/info-sur-la-sante-mentale/etat-de-stress-post-traumatique.html)

Ça, ça me caractérisait vraiment. C’était comme si j’avais reçu un coup de masse sur la tête… Les traumatismes psychologiques vont créer des problèmes cognitifs et le fait de s’en libérer est une question de temps et non de volonté. J’étais tellement absorbée par le passé à ce moment que j’avais de la difficulté à parler. J’avais littéralement de la difficulté à bouger ma mâchoire et à émettre des sons. En plus j’étais incapable de parler de quoi que ce soit d’autre. J’étais obsédée. Je me sentais le cerveau complètement happé par des souvenirs de la relation et des choses qu’il m’avait dites. Des choses qu’il avait faites aussi, comme essayer de convaincre tous mes amis qu’il était l’homme de ma vie et qu’il serait là pour moi toujours… Après, il prétendrait que c’était moi qui étais trop intense… quand même… aller dire des choses comme ça aux amis de ta nouvelle flamme après seulement quelques semaines de fréquentations, c’est particulier… Après, mes amies qu’il avait rencontrées à Noël me diraient qu’elles l’avaient trouvé vraiment étrange et bizarre de faire ça, mais qu’elles ne voulaient pas me faire de peine et avaient préféré espérer pour le mieux. Elles trouvaient ça vraiment étrange de sa part qu’il ait autant essayé de les convaincre qu’il était le bon… Moi, j’étais aveuglée par mon manque d’affection. Tout m’aurait convenu. Je faisais des cauchemars la nuit, comme je l’ai dit dans le dernier billet. Est venu un temps où je refusais même de me coucher et attendais de finir par tomber d’épuisement pour m’endormir là où j’étais à ce moment précis au lieu de mon lit. C’était moins effrayant que d’aller dans mon lit. Parce que dans mon lit, je ressassais, je me répétais toute l’histoire. J’essayais de comprendre ce qui n’avait pas fonctionné, ce que j’avais fait de mal. Je lui expliquais des choses dans ma tête. Je m’expliquais des choses aussi… Je disparaissais un peu plus chaque jour. J’étais vraiment très fatiguée aussi. Ça devenait difficile de penser clairement. Je n’avais pas besoin d’être réexposée à l’histoire. J’y vivais en permanence. Je vivais aussi en permanence dans un état proche de la panique.

« De l’évitement:

  • Évitement des souvenirs, pensées et sentiments liés au trauma
  • Évitement des éléments (personnes, lieux, activités, objets, situations) rappelant le trauma »

(http://www.iusmm.ca/hopital/usagers-/-famille/info-sur-la-sante-mentale/etat-de-stress-post-traumatique.html)

J’étais incapable de ne pas y penser. Ça m’obsédait. Ça s’imposait à ma conscience. Donc dans ce sens-là, éviter était difficile, mais en même temps,  j’évitais autrement en regardant sans arrêt des films. C’est la seule chose qui me plaçait un peu hors de moi et hors de cette histoire. J’ai écouté des films et des séries télé pendant des mois parce que j’étais incapable d’être dans ma vie. Je vivais donc celle des autres. J’ai arrêté d’aller dans le quartier où il habitait. Je me suis complètement empêchée d’y aller, surtout seule. J’y allais seulement quand j’étais en compagnie de quelqu’un et que je n’avais pas le choix. J’y vais encore peu d’ailleurs. J’ai arrêté de regarder les séries qu’on regardait ensemble et j’ai arrêté de jouer aux jeux auxquels on jouait. J’ai essayé un temps de continuer, mais ça faisait juste empirer mes symptômes. J’ai enlevé ses amis de mon Facebook. J’ai arrêté de parler à mes amis qui voulaient rester en contact avec lui. Je me suis débarrassée de tout ce qu’il m’avait donné, sauf une paire de boucles d’oreilles que j’avais toujours voulues et que je trouvais jolies, mais que je n’ai jamais portées depuis. Finalement, j’ai arrêté de travailler à l’endroit où je l’avais rencontré parce que ça m’était insupportable. Il est allé dire des choses bizarres à mon patron après, pour essayer de laver son image, mais ce qu’il ignorait c’est que c’était mon patron de l’époque qui avait été le premier à soupçonner qu’il s’agissait peut-être d’une personne avec un trouble de personnalité narcissique. Il n’était donc pas dupe de ses mensonges… Tous ces évitements ont fait que je me suis retrouvée très mal en point et très seule pendant un temps.

Je vais continuer avec les autres symptômes samedi.

Ça fait beaucoup de mauvais souvenirs d’un coup…

Bonne journée !

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