Le trouble de stress post-traumatique (un début)         

            Après mon histoire avec le narcissique professeur d’université qui m’a fait comprendre que j’avais tendance à me retrouver dans des relations violentes, j’ai reçu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique. Ce n’était pas seulement cette relation qui l’avait déclenché. Elle avait bien sûr été très pénible et absurde, mais ce qui avait réellement permis l’émergence de ce trouble était un mélange des choses qui me sont arrivées quand j’étais enfant et de l’accumulation des mauvaises relations que j’avais connues dans ma vie.

            Une des particularités du trouble de stress post-traumatique est qu’il émerge quand notre vision du monde est brisée par un événement, dans mon cas une agression psychologique, mais il peut s’agir d’autres choses comme une catastrophe naturelle, un vol à main armée et… Cet événement va en quelque sorte fracasser ce en quoi vous croyiez et rendre l’existence absurde. Le travail de guérison consistera dans le fait de créer une autre vision du monde qui puisse englober cet événement, que celui-ci puisse faire sens dans votre histoire et votre vie.

            La situation peut être dangereuse pour la sécurité physique ou psychique de la personne. Elle va, dans tous les cas, provoquer une très grande peur. Dans mon cas, c’était surtout dangereux pour ma santé psychique… Peut-être que le trouble était plus ancien aussi… peut-être qu’il remontait à mon agression sexuelle et qu’il était un peu passé inaperçu jusqu’à ce qu’il empire après cette relation. Peut-être qu’il remontait à mon enfance que j’ai passée presque entièrement dans la peur. C’est difficile à dire. Chose certaine, les symptômes sont devenus plus nombreux et plus lourds après cette histoire.

            Dans mon cas, la cause du trouble a été l’accumulation de microtraumatismes que j’ai revécus en flash-back pendant plusieurs semaines. C’était tellement intense que je revivais les moments et les conversations en totalité comme si c’était encore en train d’arriver. Je n’arrivais pas à m’en extraire. Mon esprit était en quelque sorte prisonnier du passé.

            Je me suis mise à vraiment beaucoup craindre les autres à partir de cette histoire. J’étais comme assommée par le coup que ça m’avait donné. En plus de ce que mon ex m’avait fait, deux amis voulaient rester en lien avec lui. Ça m’a fait vraiment beaucoup de mal. C’est sûr qu’ils ne savaient pas qu’il parlait dans leur dos constamment et qu’il essayait de me séparer d’eux depuis un moment… Ils n’avaient pas été témoins de cela. J’aurais quand même aimé qu’ils me croient sur parole parce que ça faisait vraiment longtemps qu’on était amis… Ou en tout cas que je pensais qu’on l’était.

            Je me suis donc mise à avoir peur des autres… à penser de plus en plus que je ne valais pas la peine qu’on m’aime et que personne ne pouvait s’intéresser à moi ni tenir à moi. Quand je dis que j’étais assommée, ce n’est pas une façon de parler. Mon cerveau fonctionnait au ralenti. J’avais de la misère à parler. Les mots restaient pris dans ma mâchoire coincée par la peur. Ma parole était ralentie par le fait qu’il fallait que je me concentre très fort pour revenir dans le présent et essayer d’avoir une conversation. C’était épuisant. J’avais de la difficulté à avaler. Je faisais des crises de panique. J’avais aussi de la difficulté à penser à autre chose et à changer de sujet.

            Cette histoire, les autres qui l’ont précédée et d’autres qui l’ont suivie m’ont beaucoup détruite et m’ont fait craindre les autres, parfois plus que je le devrais. Encore aujourd’hui, j’essaie d’éviter d’être en relation… Avant je l’évitais de façon inconsciente, en choisissant des partenaires fuyants et peu fiables avec qui construire quelque chose était impossible. Maintenant je l’évite consciemment. Je m’en suis aperçue il y a quelques semaines. Je le fais en partie parce que je me sens encore trop mal, mais aussi en partie parce que je suis heureuse d’avoir réussi à me reconstruire un peu et que je préfère pour le moment mettre ma nouvelle énergie dans les rêves que j’avais laissés tomber plutôt que dans l’idée d’un couple. Je ne peux pas dire que c’est quelque chose qui me manque puisque ça n’a jamais vraiment été agréable pour moi, les relations. J’ai un autre genre de vie. C’est tout. Je n’ai pas l’impression de passer à côté de quelque chose de fondamental, contrairement à ce que la société et les dépendants affectifs veulent nous faire croire. Je crois en l’importance de l’amour, mais pour moi il est très riche et ne se limite pas à la forme de l’amour amoureux et du couple absolument… surtout pas du couple au détriment de l’amitié.

Selon le gouvernement du Québec (https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/sante-mentale-maladie-mentale/trouble-stress-post-traumatique/),« les signes caractéristiques d’un trouble stress post-traumatique sont :

  • un sentiment de peur intense, d’horreur et d’impuissance accompagné d’un ou de plusieurs des symptômes suivants :
  • palpitations cardiaques (cœur qui bat anormalement vite),
  • respiration rapide,
  • tremblements,
  • frissons,
  • transpiration excessive.
  • des flash-back;
  • des pensées qui s’imposent à l’esprit et deviennent incontrôlables. À cause de ces pensées, la personne atteinte ressent de la détresse, qui se manifeste par de l’anxiété et de la dépression;
  • de la difficulté à ressentir certaines émotions, par exemple la tendresse et le désir sexuel;
  • de la difficulté à se concentrer;
  • de la difficulté à trouver le sommeil;
  • un besoin d’être continuellement en état d’alerte, prêt à réagir. »

Il me semble que ces symptômes sont incomplets. Ou alors c’est que je vivais plusieurs « troubles » en même temps. Je reviendrai sur comment les symptômes se manifestaient pour moi et les autres que je vivais dans les prochains billets.

            Je sais que les gens, mes amis, les connaissances, étaient blasés de toujours m’entendre parler de cette histoire, mais j’étais incapable de parler d’autre chose dans ces moments. Le cerveau n’est pas dans son état normal. Il ressemble à un disque qui sauterait sur la même chanson pendant des heures, des jours, des semaines, voire des mois. Ce n’est pas réellement possible de s’en divertir. Ce que le cerveau fait, pendant ce temps-là, c’est qu’en parallèle il court après des informations, il essaie de remettre de l’ordre dans l’esprit, il essaie de construire une autre vision du monde où le traumatisme qui a été vécu soit possible, puisse être intégré et que la personne se remette à fonctionner.

            Je pense que ce qui m’a fait le plus de peine, c’est comment les gens autour de moi ont réagi. Plusieurs personnes ne connaissent rien à la santé mentale. Les gens autour de moi pensaient que je pouvais changer de sujet, penser à autre chose, si je le désirais. Un de mes exs m’a même dit que je ne pouvais pas imposer mes symptômes aux autres et que ce serait la moindre des choses que j’arrête de les avoir… juste comme ça oui… parce qu’il pensait que c’était volontaire de ma part. D’ailleurs, je ne lui avais rien imposé. C’est lui qui m’avait couru après pour que je me remette en relation avec lui. Ce n’est pas vrai qu’on peut juste arrêter les symptômes ou s’en débarrasser rapidement comme ces personnes le pensaient. Cela signifie que dans leur tête, elles avaient diminué ce que je vivais. Au lieu de croire à la réalité de la violence que j’avais vécue, elles se racontaient que c’était une rupture comme une autre et que j’exagérais, que je me plaignais pour rien. Elles avaient décidé que c’était faux, que je souffrais de stress post-traumatique (je leur avais dit, oui, mais ça leur tentait quand même de penser que c’était faux ça a l’air, comme si elles avaient les compétences pour décider ça…) et elles étaient découragées de comment je me comportais.

            Je déteste quand les gens font ça. Je déteste quand ils se sentent supérieurs à vous et qu’au lieu de poser des questions ou de s’informer, ils préfèrent se forger une opinion complètement fausse sur vous, mais une opinion qui les arrange et leur permet de se placer en position de supériorité par rapport à vous… C’est d’une prétention et d’une superficialité infinie. Ils vous parlent alors comme à un enfant, de façon condescendante et découragée, alors que ce sont eux qui sont complètement décourageants… Ça prend 5 à 10 minutes lire une page sur le stress post-traumatique sur le net et il me semble que c’est la moindre des choses à faire quand une personne proche de vous en souffre… plutôt que de décider que la personne n’a rien et que c’est juste dans sa tête… Les relations me découragent souvent pour ce genre de raisons. Quand un de mes amis souffre de quelque chose. Je m’informe pour l’aider et le comprendre. Il me semble que c’est la moindre des choses.

            La blonde d’un de mes anciens amis m’a même traitée de personne la plus égocentrique qu’elle avait rencontré après que je lui aie parlé seulement une fois dans un party pendant cette période. C’est vrai que je parlais seulement de cette histoire… j’étais le disque qui saute que je décrivais tantôt. Elle était fâchée que je ne lui pose pas de questions sur elles pendant que j’étais en état de choc j’imagine… et après c’est moi, l’égocentrique. Il me semble que ce n’est pas difficile de comprendre dans ce genre de situation que c’est un mauvais moment pour la personne, qu’elle va mal et a besoin d’en parler. Ça prend juste un minimum de générosité et de compassion. D’ailleurs j’étais partie par moi-même, à un moment donné dans la soirée, parce que je m’étais rendue compte que j’étais juste en mesure de parler de ça et que le début d’ivresse me rendait de plus en plus triste. Je ne suis pas quelqu’un qui aime vraiment les fêtes en plus. Je ne me sens pas bien dans les contextes où il y a plusieurs personnes. Je n’aime pas avoir des conversations de groupe parce que la majorité du temps elles restent en surface et que cela m’ennuie.

            C’est vrai que j’étais un peu lourde, j’imagine, durant cette période de ma vie. Je ne méritais par contre pas de me faire traiter comme une moins que rien ni abandonner. Ça, j’en suis certaine.

5 commentaires

  1. Très bon billet.
    C’est Très interessant!

    J’ai vue beaucoup de gens entrer et sortir de ma vie aussi.
    Tous des gens qui se disent « tes amis ». Mais dès que les moments deviennent plus difficiles arrivent, ils disparaissent, car « ce n’est pas leur problème ».
    C’est un grand maux de notre société je trouve, le manque d’ampathie.
    Je trouve que les gens veulent juste le « bon » dans une relation. Le superficiel, faut que ça soit tjrs le fun, il faut tjrs rire, faut parler de tout et de rien, sans jamais vraiment rien dire de trop « vrai » .
    Les gens n’aiment pas avoir à dealer avec les vrai choses. Il ne chercheront pas à comprendre ou même à vouloir s’instruire… c’est triste.
    J’ai essayé de porter le masque du gars « le fun » durant trop d’année… Et un moment donné, le masque à fini par craqué, et moi aussi…
    Rares sont les gens / amis qui vont rester pour t’aider quand les vagues sont trop houleuses et que les choses vont mal…
    Les vrai amis, on les comptes sur les doigts d’une main.
    Et comme tu dis, même si on reste prits dans un loop, ils vont être là…
    Et parfois certains vont même t’aider à bouger l’aiguille pour que le disque arrete de sauter! 🙂

    Bonne journée !
    ^__^

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    1. C’est désolant que tu aies vécu ça… Et oui, les vrais amis restent. Les relations interpersonnelles sont devenues très difficiles et superficielles, je trouve… Courage. Il reste de bonnes personnes!

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