Stagner

Je n’ai pas grand-chose à dire ces jours-ci. Je suis tannée de penser à et de parler de petites madames méchantes qui sourient tout le temps et qui m’ont fait des choses que je n’aurais pas pu imaginer dans ce cadre là… parce que tsé… je ne suis pas complètement conne ou naïve. Je sais bien qu’il existe des gens qui agissent comme ça.

J’ai décidé de croire en ma souffrance. J’ai vu assez de visages horrifiés quand je racontais ce que j’ai vécu. Des visages qui m’ont dit que c’était en fait encore pire que je pensais.

J’ai eu deux journées difficiles. Surtout sur le plan de la fatigue et des maux de tête. Je prends soin de moi. Je fais ce qu’il faut pour aller mieux. Les symptômes vont finir par diminuer. Je ne sais juste pas si je pourrai à nouveau être dans l’environnement où j’ai subi ça. Je suis aussi vraiment tannée de ne pas pouvoir nommer clairement tout ce que j’ai vécu. Je préférerais que tout le monde sache la vérité. Ça m’aidera. Je verrai bien ce que je ferai de cette histoire.

J’ai du raconter d’autres traumas hier. Ça faisait un moment que je n’avais pas pensé au braquage à main armée que j’ai subi quand je travaillais dans une librairie. Ma vie a été beaucoup trop mouvementée. J’ai besoin de paix, de calme et d’amour.

Malgré tout, j’ai quand même le même espoir que Charlie Brown. Celui de ne pas avoir vécu toutes mes bonnes journées. Ni d’avoir rencontré toutes les personnes qui vont m’aimer. Il y a mes amies qui me disent que je suis une personne lumineuse et aimante. Il y a mon psy qui est fâché et découragé de ce que j’ai subi. Il y a mes collègues d’autres départements qui m’écrivent pour prendre de mes nouvelles. Comme j’ai déjà dit, il y a heureusement d’autres vies à vivre.

J’ai quand même juste hâte que ça bouge un peu. Je me sens handicapée. Je le suis réellement pour le moment. C’était prévisible. Beaucoup de personnes ne réfléchissent pas assez.

Heureusement pour moi, je n’ai pas de temps à perdre à me venger. J’ai des choses plus intéressantes et plus riches à vivre et à faire. Je suis bien à la maison pour un temps. J’ai l’impression d’avoir quitté une zone radioactive qui m’empoisonnait au quotidien. Tous les faux sourires, les vacheries déguisées en blagues, les vieilles idées… Je peux respirer un peu mieux.

J’ai surtout hâte à l’avenir.

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