Pour finir l’histoire du groupe de soutien, la personne a répété à plusieurs reprises qu’il s’agissait d’un service sexuel (le groupe) alors que ce n’est pas le cas. C’est un service pour aider les femmes qui ont vécu des violences sexuelles avec leurs besoins en fonction d’où elles sont dans leur cheminement. Pas de nous imposer de parler d’une seule affaire. Pas de juste me répéter « ton corps ». Sans rien dire d’autre comme si j’étais supposée de comprendre ce qu’elle veut dire. Mon besoin à moi n’était pas de parler juste des agressions sexuelles que j’ai vécues. Comme j’ai dit, j’en parle depuis vingt ans. Mon besoin c’était d’être avec d’autres personnes qui l’ont vécu et de ne pas me sentir comme un extraterrestre… là ça c’est brisé. J’ai pleuré parce que j’étais triste d’avoir perdu ça parce que ça me faisait du bien. Mais maintenant le lien de confiance est brisé et je n’ai plus cet espace là. Elle disait aussi que je parlais de choses qui n’ont pas rapport, pas exemple mon appartement. Mais ça a rapport parce que c’est le seul endroit où je me sens en sécurité depuis vingt ans. C’est normal que l’idée de le perdre me fasse paniquer. Je parlais du fait que j’ai appliqué dans une Coop pour essayer de maintenir une forme de vie où il y ait une certaine communauté. Ça a directement rapport puisque mon but c’est d’avoir de meilleures relations et plus de contacts positifs avec des humains… appliquer dans une Coop ça me rapproche plus de ça que faire ce qui me tente vraiment quand j’écoute mes traumas; soit aller vivre dans le bois seule avec mes chiens. De toute façon je vois mal comment ça pourrait être une bonne intervention de dire aux gens qu’ils n’ont pas rapport… ni de mettre de la pression sur les femmes pour constamment parler des agressions sexuelles qu’elles ont vécues. À l’université en tout cas on apprend que toutes les sphères de la vie sont affectées… et ça correspond à mon expérience. Je vais m’arranger toute seule comme d’habitude… Histoire close.

Je suis allée voir mon médecin hier. Pour le moment mon congé est maintenu et risque d’être étiré. Ça m’a pris treize ans avant d’être entendue. Il fallait aussi que j’ai e mon travail pour rester malgré tout ce que j’ai subi de violences à cet endroit. Mais là, à cause de détails que je ne peux pas mentionner, c’est pour le moment impossible pour moi de préserver ma santé mentale et physique en allant travailler avec certaines personnes. Je ne sais pas ce qu’il en sera sur le long terme. Les médecins m’a donné des trucs à prendre pour aider mon corps à se rétablir, entre autre pour que je cesse d’avoir des crampes violentes et douloureuses dans les jambes. Je ne savais pas que ça faisait ça le stress extrême pendant des mois. Même les muscles des jambes finissent pas être affectés. Donc ça ne va pas fort encore pour le moment. J’ai quand même espoir que je vais arriver à me reconstruire. Je suis résiliente.
Il y a cependant des choses qui doivent changer.
Je retourne au lit.
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