Un autre sujet (3)

Ça m’a vraiment fait pleurer beaucoup cette histoire. C’est normal je pense. Ça fait deux fois en quelques mois que quelqu’un essaie de détruire mon enthousiasme pour un projet porteur et interessant… probablement par envie de ne pas avoir eu l’idée soi-même… et sans avoir bien compris le projet. Et encore une fois, je ne suis pas une bonne victime parce que je ne fais pas ce qu’on attend d’une bonne victime. Je vais retourner lire sur cette théorie là, je pense. Ça va me faire du bien.

Je suis tannée aussi qu’on essaie de me forcer à être bien dans ma peau. En plus de déjà me sentir mal, je me sens en faite de me sentir mal. C’est ce qui est épuisant: il y a toujours quelque chose de pas correct partout tout le temps. Pas moyen de juste être vue et accueillie, non, il faut se soumettre à des règles invisibles qui ne sont même pas valides mais qui sont imposées de force comme si c’était vraiment la loi et que c’était la seule façon de vivre. Partout. Tout le temps. Tout le temps. Tout le temps.

Je viens à de finir d’écrire un livre sur une des pires expériences traumatiques de ma vie et ça inclut en bonne partie pourquoi j’ai déteste être une femme pendant 75% au moins de ma vie et j’ai passé des années à fouiller là-dedans et à revirer la question dans tous les sens, à revivre des souvenirs de l’époque et… mais apparemment je ne suis pas capable de me plonger dans mes blessures…

Je suis tannée aussi qu’on fasse comme si c’était un drame que tous mes besoins ne soient pas assouvis constamment 24h sur 24… J’ai passé 95% de ma vie sans amour et sans affection. Ça me manque à quelque part probablement, mais ce n’est pas comme si je savais vraiment ce que ça fait et que ça pouvait me manquer. En ce moment je prendrais juste les réponses adéquates aux besoins de me sentir en sécurité et d’être qui je veux.

C’est une réponse tout à fait légitime de ne pas être en couple et de ne pas avoir de relations sexuelles après avoir vécu autant de violence sexuelle que j’en ai vécu. Donc non, je n’ai rien de présent à raconter, mais ce que j’ai vécu affecte toutes les sphères de ma vie, pas juste ma sexualité et mes relations avec les hommes. Je n’ai d’ailleurs pas de problèmes avec des hommes, j’ai des problèmes avec les cons et ça me semble justifié. Je pense qu’on devrait se réjouir que contrairement à après les agressions, quand je pensais que j’étais de la merde, je n’ai eu aucune envie de coucher ni d’être en relation avec aucun des hommes qui ont agi comme des cons dans ma vie ces dernières années… aucun. Moi, j’ai changé et je m’aime plus qu’avant même si non, je ne suis pas bien dans ma peau tous les jours. Je ne sais même pas si c’est possible d’être bien dans sa peau tout le temps. Je pense que mon psy dirait non. Ça fluctue. C’est normal. Tout comme l’estime de soi fluctue aussi… il ne faut juste pas que ce soit des montagnes russes.

J’ai pensé à et parle de mes agressions sexuelles pendant vingt ans. J’ai parlé de toute la violence que j’ai vécue pendant vingt ans. J’ai besoin de juste avoir le droit de vivre avec ma vraie histoire et d’être acceptée, mais aussi que mes désirs et mes choix soient respectés.

Je penserai à la sexualité quand je rencontrerai un homme pertinent de qui j’ai envie d’être proche.

La seule chose que j’ai apprise encore une fois c’est qu’on ne peut pas faire confiance à beaucoup de gens et que beaucoup de gens ont des visions très superficielles des autres. Et ça fait mal. J’ai besoin d’être vue et connue.

À travers tout ça, je me choisis moi, ma voie et ma voix.

Je m’ennuie de faire de l’art…

J’ai aussi croisé la madame violente qui veut battre les chiens sur le trottoir. Les gens ne vont pas bien.

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