Aujourd’hui je suis allée à mon groupe de soutien. J’étais d’assez bonne humeur, mais je suis ressortie triste. L’intervenante m’a fait réaliser que je ne parle pas beaucoup des violences sexuelles que j’ai vécues. Je ne sais pas pourquoi.
Est-ce que c’est parce que je n’ai plus de relations depuis quelques années à part des petits crushs qui tournent en cauchemar avant même qu’une historie soit commencée? Je n’ai plus de relations affectives, c’est peut-être de ça que je dois parler.
Est-ce parce que j’en ai tellement parlé en thérapie, avec des amis ou ici? Si c’est ça peut-être que d’en reparler dans un contexte où j’aurais de l’empathie plutôt que de la victimisation secondaire ça pourrait me faire du bien. Peut-être que c’est justement parce qu’on m’a si souvent fait honte ou fait sentir anormale d’en parler que je ne veux plus en parler?
Est-ce que je n’en parle pas parce que pour moi les violences sexuelles que j’ai vécues sont à l’image de toute ma vie? Et que pour moi toutes les autres violences que j’ai vécues et que je vis encore sont interreliées et que chaque chose que je fais pour aller mieux ou me sentir en sécurité est une lutte contre ce mal-être profond dont un des événements causes sont les agressions sexuelles?
Avoir été traitée comme un corps sans âme, une sorte d’objet d’apparat dont on ne se soucie pas de ce qu’il veut, ressent ou pense, c’est pas mal ça mon problème et ça ça dure depuis mon enfance, bien avant que j’aie une sexualité.
J’ai comme abandonné à force de souffrance, de déception, de répétitions horrifiantes et de violence. Je finis par avoir des crises de panique dès qu’un autre être humain de sexe masculin souhaite un rapprochement. Ce n’est pas de la négativité. C’est un trop grand nombre d’occurrences.
Je ne sais pas c’est quoi la réponse. Est-ce que ce n’était pas une bonne idée d’aller dans le groupe parce que ce qui m’habite vraiment en ce moment c’est une quête générale d’une meilleure vie, pas seulement affective et sexuelle?
Je ne sais pas.
Je dois réfléchir.
Je n’ai pas recroisé le geek à chien…
