Les répétitions

J’ai commencé à analyser les parallèles qui sont très évidents entre les violences que j’ai vécues après ma première agression sexuelle et ce que j’ai vécu au travail dans les derniers mois. Il y en a plusieurs et c’est normal que ça m’ait autant affectée.

Dans les deux cas j’ai été déshumanisée. Dans les deux cas on a essayé de me faire croire que ce que je vivais n’avait pas d’importance et n’était pas grave (alors que des gens se tuent à la suite de ces deux types de violence: agression sexuelle, harcèlement de groupe). Dans les deux cas on a essayé de m’invalider et de me faire douter de ma santé mentale (qui me semble plutôt aller beaucoup mieux que celle des gens qui me font subir ça et qui est examinée depuis vingt ans , on se rappelle). Dans les deux cas on a essayé de m’enlever mon droit de choisir et de parler. Dans les deux cas on a menti à mon sujet. Dans les deux cas on a essayé de me faire croire que je n’étais pas comme je devrais l’être. Dans les deux cas on a préféré les apparences à la vérité. Dans les deux cas on ne s’est pas soucié de l’impact que ça aurait sur ma santé et sur ma vie. Dans les deux cas il s’agit d’un groupe lié à la littérature où il a plusieurs personnes à la pensée et aux comportements très malsains. Dans les deux cas on a essayé de profiter de mon inconscience pour me faire du mal et…

Je pleure beaucoup ces jours-ci. C’est difficile de repasser au travers de tout ça, mais je le fais avec de bonnes intentions et dans une optique utile. Ça me fait du bien que d’autres personnes comprennent de quoi je parle et reconnaissent la violence que j’ai vécue et les impacts sur ma vie. Ça me fait du bien aussi qu’on me dise que c’est normal que je sois autant affectée par ce qui s’est passé. Dans les deux cas, au moins une personne a agi d’une façon qui aurait réellement pu détruire ma vie.

Je vais avoir besoin de travailler fort en thérapie dans les mois à venir. J’ai besoin de me sortir la tête du trou noir où on essaie de m’enfoncer. Je vais être ok avec les élèves, mais je vais éviter beaucoup de personnes pour me protéger. Je pense quand même que je ne suis pas la personé qui a le plus besoin de travailler sur elle-même. Je sais cependant que peu de gens le feront.

J’ai besoin que quelque chose change.

Vraiment.

Je ne peux pas juste survivre.

J’ai le droit de vivre. J’ai le droit au respect. J’ai le droit d’être aimée. J’ai le droit d’avoir de la reconnaissance pour le travail que je fais. J’ai le droit d’être protégée. J’ai de droits humains inaliénables que des petites madames frustrées n’ont pas le droit d’essayer de m’enlever. J’ai le droit de parler. J’ai le droit à ma ou mes différences. J’ai le droit d’avoir la paix.

Après tout ça, je la mérite vraiment.

Je n’aurai surtout jamais la naïveté de croire que ce que ces personnes ont fait venait d’une intention bienveillante. Jamais.

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