Les répétitions (2)

Ces liens ne sont pas sortis de mon étrange esprit psychopathe, psychotique ou paranoïaque, diagnostics attribués par des personnes n’ayant absolument aucune compétence pour utiliser ces mots, non… c’est dans ma démarche sur les violences sexuelles que j’ai vécues que ces liens ont été établis… par une personne compétente sur ses sujet, oui. Je les voyais les liens, mon psy les voyait aussi et là c’était une autre confirmation que ces liens sont réels, oui.

Je trouve tout ça infiniment pénible, mais je vais aller de l’avant avec ma vie comme je l’ai toujours fait. Je trouve cependant la situation vraiment horrible et injuste. Je fais de mon mieux dans la vie. Je travaille fort. Je prépare mes cours des mois à l’avance. Je me lève à 4h45 tous les jours aussi pour finir ce que j’ai à finir avant d’aller enseigner. Je ne dénigre jamais les choix des autres, que ce soit au travail ou dans leur vie personnelle. Je ne ris jamais de l’apparence des autres. Je n’invente pas d’histoires fausses abracadabrantes à leur sujet. Je suis toujours polie. Je me donne à fond pour mes élèves, mais pas seulement. J’ai donné des cours complets à des collègues sans jamais rien demander en retour. Je partage mes connaissances que j’ai si durement et ardemment développées… et je reçois toute cette marde en retour… depuis 14 ans. C’est quand même incroyable… En retour je reçois des mensonges à mon sujet, des moqueries, de la violence psychologique, de la jalousie, des trahisons, de l’hypocrisie, des critiques qui ne reposent sur rien et ne correspondent pas aux faits et… Incroyable.

Petitcollin par « d’enfants venimeux » pour désigner les personnes adultes qui ont ces comportements. Ça me semble une bonne métaphore. Je la garde.

Pour me recentrer sur mon suivi pour les violences sexuelles que j’ai vécues, j’ai regardé le documentaire du le violeur de Tinder qui est sorti sur Crave. C’était intéressant. C’était affreux, mais ça m’a fait du bien d’entendre des femmes qui ont vécu le même type d’agression que moi. Je sais que nous sommes beaucoup, mais j’en rencontre peu et encore moins qui sont capables d’en parler. Le juge a statué que ce genre d’agression est aussi violent qu’un meurtre… parce que c’est ce que c’est, être réifiée de la sorte. Ça m’a aidée comme personne d’entendre ces femmes. Ça m’a aidée comme personne qui veut aider les autres femmes mieux comprendre le profil de cet agresseur.

Ça m’a aussi rattachée à mon histoire. L’histoire d’une personne qu’on a essayé de détruire et qu’on a essayé de convaincre qu’elle était indigne de vivre. C’est sur ça que mes collègues appuient aussi. Et oui, je porte encore beaucoup de traces de ces violences. Mais là où les personnes se trompent souvent, c’est par rapport à mes connaissances. Je ne suis plus la fillette honteuse ni la jeune femme violée que j’ai été. Je suis allée chercher les connaissances dont j’avais besoin pour me sortir de là et comprendre la réalité de ce que j’ai vécu. Et mon incroyable résilience et ma force viennent en partie de là. Je l’ai construite.

Toute cette histoire, ça m’a fait réaliser que toutes ces violences m’ont tellement épuisée que je n’ai plus vraiment de vie en dehors du travail et de mes études… J’ai quelques activités, oui, mais il faut quand même que je travaille plus fort sur ma vie. De meilleurs liens m’aideront à mieux résister aux violences et à me ressourcer davantage. Ça me donnera encore plus de force.

Mais à un moment donné il faut que ça arrête.

Je ne suis plus capable.

Je mérite beaucoup mieux que ce que je vis. Je vais travailler fort pour l’avoir.

Voilà… J’avais plus de choses à dire aujourd’hui finalement.

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