Ça y est: J’ai fini de corriger. Je suis plus ou moins en vacances. J’ai mes cours d’été, mais on sait que ça, ça me fait du bien. On dirait quand même que mon cerveau ne s’est pas vraiment fait à l’idée… l’idée qu’il peut faire ce qu’il veut pour un temps, mais que c’est aussi le moment de l’espace de réflexion pour le futur. Un jour à la fois. Je brasse beaucoup de choses ces jours-ci.
J’ai eu ma deuxième rencontre de mon groupe, ainsi qu’une autre rencontre avec ma coéquipière dont l’histoire est aussi difficile que la mienne. J’ai des devoir. Je dois essayer d’explorer la peur qui m’habite depuis l’enfance. Parce que j’ai le droit de vivre sans. Parce qu’elle est épuisante et dévore une grosse partie de ma vie.
C’est pour ça que je me pose des questions sur mon travail. Ça fait treize ans que j’ai peur d’y aller à cause de personnes qui auraient du aller en thérapie depuis longtemps au lieu d’emmerder les autres. Enfant, je me suis promis que je ne serais jamais comme mon père, c’est à dire que je ne serais pas aveugles à des violences que je fais vivre aux autres, que je ne serais pas violente non plus, que je ne pourrirais la vie de personne. J’y travaille depuis des années… et je suis tannée de subir les lubies de personnes qui ne se sont jamais posé de questions.
C’est comme cette historie de liens. C’est facile de me dire que ça ne devrait pas m’affecter autant… alors que quand on réfléchit, c’est au contraire normal que ça m’affecte autant. Parce que je vis de la violence psychologique depuis l’enfance, parce que j’ai subi des agressions sexuelles pendant lesquelles j’ai été déshumanisée. C’est pour ça que cette histoire de prétendre que je n’ai pas d’émotions m’a autant blessée. Parce que c’est une répétition de ça. C’est encore une fois une déshumanisation. Le fait de savoir que c’est commun dans la violence puisque si je ne ressens rien, c’est plus facile pour elles d’excuser leurs actions… qui paraissent alors moins graves… mais le mot clé ici c’est « paraître ». Elles ne le sont pas vraiment, moins graves. Il me semble que ce n’est pas tellement compliqué à comprendre… C’est aussi que les répétitions empirent mon trauma… et que je n’ai pas à subir ça. Personne ne mérite ça.
Les gens pensent souvent qu’on a du faire quelque chose de mal pour que ça nous arrive, que clest notre faute. La recherche montre au contraire que c’est parce qu’on fait quelque chose de bien qui affecte l’ego de certaines personnes. Les personnes gentilles sont aussi des aimants à personnes violentes parce qu’elles assument qu’on va se laisser faire… mais je ne me laisse pas faire et ça met ces personnes encore plus en colère. Elles essaient encore plus fort de taper sur ma tête de clou qui dépasse… la chose que j’aimerais vraiment que les gens comprennent, c’est qu’un grand ménage était nécessaire… parce que je ne suis pas responsable du harcèlement. Et que si j’en viens à partir sans que ces personnes aient adressé leurs problèmes… eh bien quelqu’un d’autre deviendra la cible. Parce que le problème est dans les personnes qui harcèlent et non dans celles qui sont victimisées. Ça c’est très clairement démontré aussi… et la cible, ce pourrait être vous… oui oui: vous.
Enfin… c’était une belle journée malgré les émotions qui partaient dans tous les sens. Je suis heureuse d’avoir maintenant plus de personnes pour discuter de ces sujets, des personnes qui savent de quoi elles parlent.
Mon champ d’agrumes est arrivé:

Avec une feuille de gingembre qui le masque un peu… je vais installer tout ça mieux dans les prochains jours… puisque je suis en vacances maintenant. Pour les personnes qui ont peut-être été intriguées: oui ils produiront des fruits. Il faut les polliniser au printemps avec un petit pinceau.
À plus!
Au lit!