Être avec soi (3)

Je ne suis pas surprise en fait que cette histoire me soit arrivée au travail. Je subis ce genre de situation depuis mon embauche. C’est juste une autre version. Ça doit toujours être à propos d’elles. Sans arrêt. Elles n’ont jamais pensé à comment j’allais être affectée par leur comportement, au fait que j’avais pris du temps pour me préparer, au fait que j’étais heureuse d’en parler et… Jamais. Ce qui importe c’est leur ego et leurs émotions non gérées… Je regrette un peu d’avoir fait cette proposition cependant. Pour moi c’était important et j’aurais du la faire ailleurs. J’avais plus ou moins fait mon deuil de l’idée de pouvoir participer et de pouvoir me réaliser dans cet endroit. Je me fais bloquer de différentes façons depuis treize ans… En me faisant crier après, en me faisant voler des idées et d’autres comportements immatures et répugnants comme ça. Trop de personnes avec des problèmes d’ego qui se pensent plus importantes que les autres. Une clique. C’est vraiment pénible et néfaste, mais c’est quand même ça la situation et c’est désolant. Ce qui me réconforte, c’est que ce qu’elles rejettent c’est une idée de moi qu’elles ont inventé dans leurs têtes. Elles ne me connaissent pas. Elles n’ont jamais vraiment essayé de le faire. Ça aide aussi que je ne veuille pas appartenir à ce groupe, à cette clique. Il y a d’autres personnes au département qui m’apprécient. Ça, je le sais.

Le rejet que j’ai vécu ne signifie pas que je le méritais ou que je suis une mauvaise personne. Les personnes qui ont un diagnostic de douance subissent de très fréquents rejets dans leur vie. Ces rejets se produisent parce que les gens dont l’ego et l’estime de soi sont problématique se sentent confrontés par la personne douée. C’est ça qui se passe quand elles s’alarment que je corrige plus vite qu’elles. Elles sont tellement fragiles qu’elles sont obligées de s’imaginer que je dois faire quelque chose de mal. La simple idée que je puisse être plus rapide ou plus efficace ou… est impossible à concevoir pour elles… Elles s’écrouleraient s’il leur fallait accepter ça. Elles n’en reviendraient pas.

Au-delà de ce que je viens d’écrire, je vais mieux. Ça me fait vraiment du bien d’avoir déménagé de bureau. Je n’ai plus à subir des commentaires mesquins ni à être surveillée sans arrêt. Je respire. J’ai un grand bureau avec des fenêtres. J’ai la paix. J’en profite. Je me sens mieux pour rencontrer mes élèves aussi. Je m’ennuie de certaines personnes qui peuvent passer me voir si elles le désirent.

J’ai parlé avec mon psy aujourd’hui. Il était pas mal découragé qu’on ait encore une fois essayé de me faire honte de parler de ce que j’ai vécu. C’est un sujet normal. Ce n’est pas une faute de ma part d’en parler ni de réfléchir à ces questions. Le fait que vous ne vouliez pas y penser parle de votre déni du réel. Pas de moi. Il était aussi découragé que les gens semblent incapables de faire des liens. Par exemple les gens qui s’imaginent que je n’ai pas d’émotions… au lieu de comprendre que ça fait vingt ans que je parle de ce que je vis et que je travaille sur mes émotions en thérapie. Si je pleurais encore à chaque fois qu’il est question de violence, de mort ou d’agression sexuelle, ce serait le signe très clair que ma thérapie ne fonctionne pas. J’en ai des émotions. Je sais ce pendant que c’est nuisible de les faire sans arrêt subir aux autres. Je sais aussi que c’est très précieux d’avoir le courage et la force de réfléchir à des sujets difficiles et sensibles en apprenant à aller au-delà de nos émotions, qui seront vécues à d’autres moments. Je suis capable de faire ça. Et ça c’est rare et précieux.

C’est ça que je veux explorer. Je veux m’explorer moi et mes capacités dans les années à venir. Je veux pouvoir me réaliser et ce n’est pas entre ces murs là que ça va se passer. Je perds mon temps et mon énergie à me remettre de conneries et de mesquineries. Ça me rend malheureuse. Je ne veux pas vivre comme ça. Je suis capable de beaucoup plus et j’ai beaucoup à offrir. Autant l’offrir à des gens qui en veulent et arrêter de subir des violences immatures et absurdes.

Ce sont quand même juste des livres et des fautes de français, hein? Ça ne vaut pas la peine de lyncher ta collègue ni de mentir à ta patronne… tsé… Il faut réfléchir et prendre du recul dans la vie. En tout cas moi ça ne suffira jamais à me faire agir aussi bassement que ces femmes l’ont fait. Jamais.

Je me choisis moi et ma vie.

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