Deuxième bilan de fin d’année (2)

            J’avoue avoir terminé et commencé ces deux années en étant plutôt déprimée. Je suis un peu inquiète pour le retour en classe. J’avoue ne pas être à l’aise avec l’amoncellement de personnes entre les murs que cela implique, et ce, malgré le taux de vaccination, oui. Je prendrai quand même mon courage à deux mains et j’irai enseigner de mon mieux, comme si de rien n’était en fait, malgré tout le stress supplémentaire que cela implique. 

            Ça fait plusieurs fois que je le dis, mais l’an dernier a été une année très difficile, particulièrement sur le plan relationnel. Je sais que c’est le quotidien des personnes douées. Je sais aussi que c’est en partie lié à mes différences. J’ai réussi à identifier certaines choses en réfléchissant à ma part là-dedans. Je me suis questionnée sur les deux personnes qui m’ont accusée de les avoir insultées alors qu’après relecture des conversations, il n’y avait aucune insulte de ma part dans aucune de ces conversations, à part le « criss d’enfant », mais ça, c’est arrivé bien plus tard après la fausse accusation. J’ai pu constater qu’en plus d’avoir mal et trop vite lu mon texte, la jeune éditrice avait aussi mal et trop vie lu mes messages dans lesquels je lui démontrais tout simplement que ce qu’elle me disait était faux et où il n’y avait aucune attaque de sa personne ni de son travail à aucun moment. J’en suis arrivée à la conclusion qu’il y a des personnes qui n’ont tellement pas l’habitude de se remettre en question qu’elles confondent le fait de voir leur comportement et leurs paroles critiqués avec le fait de se faire insulter. J’ai ensuite réfléchi à pourquoi certaines personnes pensaient que j’étais hors de moi quand je leur écrivais. Je pense qu’en fait la plupart des gens ne pense pas à autant de choses quand ils agissent dans la vie que le font les personnes HP. Avant de faire quelque chose, la plupart du temps je me demande comment cela va affecter la personne qui vit trois maisons plus loin… ou encore je me questionne sur comment sera affecté le voisin par mon bruit, ou le conducteur au loin lorsque je traverse la rue… C’est quelque chose qui se fait automatiquement dans mon cerveau, mais que j’accentue aussi par souci des autres et de leur vie. C’est donc quelque chose qui me fâche beaucoup, oui, quand on ne pense pas à comment son comportement ou ses paroles va m’affecter. Il y a des exceptions bien sûr… parfois je parle ou j’agis trop vite, mais je sais aussi reconnaître rapidement quand j’ai fait une erreur, comme la publication Facebook pour laquelle mon ancien « ami » m’a engueulé alors que j’avais déjà choisi moi-même de l’enlever parce que je savais que les gens se fâcheraient au lieu de questionner leurs comportements et idées. 

            Je pense que ce qu’il se passe, quand je confronte quelqu’un sur le fait qu’elle ou il m’a fait du mal, c’est que la personne n’avait pas réfléchi à l’impact sur moi et que la plupart des personnes ne sont pas habituées à recevoir autant d’informations aussi rapidement, ni à être confrontés aux implications des implications des implications de ce qu’ils ont fait… Alors que mon cerveau fonctionne comme cela, lui, et que ces informations lui arrivent à une vitesse vertigineuse. Je pense que souvent les gens sont effrayés par cette quantité d’information subite et que c’est en partie cela qu’ils prennent pour de la colère déchaînée, alors que je suis souvent parfaitement calme sur le sofa quand je leur écris, ou alors animée d’une colère, oui, mais d’une colère juste et calme. Je pense aussi qu’ils ressentent de la honte face à tout ce qu’ils n’avaient pas vu de l’impact que leurs actions et paroles pouvaient avoir sur moi. Je pense qu’ils confondent cette honte, qui est en bonne partie justifiée, avec une méchanceté de ma part et que c’est à cause de cela qu’ils pensent être insultés. Je ne dis pas que tout ce que je dis est doux, mais je pense que dans certaines circonstances, on n’a définitivement pas à être doux à la suite de certains comportements qui dénotent un très profond manque de respect. 

            J’ai soumis l’hypothèse à mon psy qui a dit que oui, même si ma colère était justifiée dans toutes les situations que j’ai vécues cette année, il pense que la plupart des gens ne sont pas habitués à ce qu’on questionne autant leur comportement et qu’ils ne sont pas habitués non plus à recevoir de tels raz-de-marée d’informations d’un coup et qu’ils peuvent trouver cela excessif… alors que pour moi, c’est juste la vitesse normale où les informations parviennent à mon cerveau et elles sont même un peu ralenties par le fait de les taper. Donc j’ai résolu d’attendre davantage avant de répondre et d’essayer de synthétiser ma pensée davantage. Je ne pense pas que le contenu sera différent, mais au moins la forme portera peut-être moins à confusion. J’ai parlé à une autre femme douée qui m’a dit que ça lui arrivait aussi, ce genre de situations et que c’était très difficile à vivre. J’ai résolu aussi de régler le moins possible de choses par messages. J’ai résolu de mettre aux poubelles définitivement les personnes qui ne prennent pas la peine de bien lire ou même de simplement me parler avant de disparaître de ma vie. Vous me direz qu’elles se sont déjà mises à la poubelle elles-mêmes et c’est vrai, mais je leur consacre encore parfois trop de temps de pensée encore. C’est en partie normal, puisque c’est très violent de se faire ghoster. Le silence, surtout lorsqu’on ignore ce qui l’a causé, est une des choses les plus dommageables pour la santé mentale d’une personne… mais ça a l’air qu’il y a des personnes qui n’ont pas envie de penser à ma santé mentale. La seule personne avec qui j’ai été vraiment vraiment bête dans toute l’année, c’est la fille qui m’a dit qu’elle n’était pas mon psy après que j’aie écouté ses problèmes pendant des mois. Dans cette situation-là, oui, j’étais vraiment bête et arrogante. J’aurais peut-être réagi différemment si je n’avais pas été en pleine crise de stress post-traumatique… Je ne sais pas. J’avoue trouver ça encore très égocentrique de sa part.

            Mais bon… J’ai fait ma partie de réflexion sur mon comportement et je n’ai aucun pouvoir sur la façon dont ces personnes ont choisi de me traiter. Je sais cependant que j’ai encore un peu plus peur des autres maintenant et que je n’ai qu’à moitié envie d’explorer de nouvelles relations. Peut-être moins qu’à moitié… Je donnerai mon amour et mon attention aux personnes dont je sais qu’elles sont respectueuses. Je sais aussi que je dois me détacher encore plus de ce que les autres pensent et de vouloir être aimée. J’ai vu cette année à quel point il était possible qu’une personne ignore complètement qui je suis même après avoir passé des années à me côtoyer, au point où j’ai l’impression que cette personne n’a peut-être même jamais écouté quoi que ce soit qui soit sorti de ma bouche. J’ai compris aussi que je dois garder certains projets et certaines ressources pour moi parce que des personnes qui se prétendent mes amies seront prêtes à me passer par-dessus pour en profiter avant moi. J’ai appris de bien vilaines choses sur les êtres humains et j’en ai confirmé beaucoup d’autres. Je pense encore quand même qu’il y a de bonnes personnes, même si ça peut parfois être difficile de les trouver. 

            Tous ces constats représentent pour moi quelque chose de positif, dans la mesure où ça m’a permis de me détacher énormément de l’opinion et de l’attention des autres qui reposent plus souvent sur des projections que sur des faits. Beaucoup de gens se racontent des histoires à votre sujet et mentent aussi aux autres à votre sujet afin de pouvoir continuer à se mentir sur elles-mêmes. Je ne suis pas comme ça, non… J’examine tout ce que je fais, je pense et en particulier mes échanges difficiles en thérapie. Je n’ai pas de problème à admettre que j’ai tort non plus. Je n’ai pas de problème à apprendre de mes erreurs ni à changer mes comportements lorsqu’il le faut. Ce n’est pas le cas de tout le monde et c’est quelque chose que je dois accepter si je veux continuer à vivre. 

            C’est à cela que je dois m’accrocher plus cette année : je sais qui je suis. Je sais que je fais beaucoup d’efforts pour les autres. Je sais que je fais toujours de mon mieux et que je me pose énormément de questions sur mon comportement. Je sais que le fait que j’aie vécu beaucoup de violence psychologique durant l’enfance me fait douter de tout tout le temps beaucoup plus que les autres. Je sais que je n’ai pas besoin de l’approbation des autres ni même d’être acceptée dans des groupes. Je sais que je dois garder mon énergie pour mes projets. Je sais que je veux travailler à me donner une meilleure vie et que tout le temps perdu cette année à m’expliquer à des personnes qui n’ont jamais eu l’intention réelle de me comprendre peut être beaucoup mieux investi pour l’avenir. Je sais que ce serait le temps de penser à déménager pour avoir plus d’espace. Je sais qu’il restera des coquilles, mais je n’ai pas envie de me relire aujourd’hui. Je sais que je suis une bonne personne. Je sais que toutes les choses que je fais pour aider les autres comptent même si elles ne sont pas dans les médias et n’obtiennent pas une reconnaissance sociale. Je sais que je ne mérite pas qu’on me parle comme si j’étais une conne ou une inférieure. Je sais que j’ai juste une vie à vivre et que je la passerai à faire des choses beaucoup plus enrichissantes que celles faites l’an, et ce, peu importe ce que qui que ce soit en pensera. C’est assez.      

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