Les traumatismes et les relations (des solutions)

            Des solutions et des conseils… en fait. Parce que beaucoup de personnes en ont besoin. Je n’en mettrai que quelques-uns. J’expliquerai pourquoi à la fin. 

Arrêtez de penser que vous savez mieux que les personnes agressées ce qu’elles ont vécu. Ça veut dire de ne pas prononcer les affreuses phrases de « Tu n’avais qu’à ne pas te laisser faire. » ou « Tu as arrêté de te laisser faire. » ou « Tu devrais arrêter de te laisser faire. ». Personne sur terre ne se fait agresser parce qu’elle s’est « laissé faire ». Une personne se faire agresser parce qu’un jour elle a rencontré une personne avec un problème de violence. Il y en a vraiment beaucoup de ces personnes-là et ce n’est presque jamais écrit sur leur visage qu’elles le sont, violentes. Arrêtez de mettre la responsabilité sur les victimes. La personne responsable, c’est la personne qui commet l’agression. Toujours. Il n’y a aucune exception. 

Arrêtez d’éviter le sujet. Je sais que pour ça ma position n’est pas la plus populaire. Beaucoup de personnes pensent que c’est une bonne idée d’éviter leur traumatisme, de ne pas y repenser. L’entourage aussi essaie de ne pas provoquer des mauvais souvenirs. Je mets les mentions nécessaires sur les réseaux sociaux pour ne pas heurter les gens quand j’écris sur ces sujets, mais je n’y crois pas. Je ne crois absolument pas à l’évitement. Les personnes qui évitent de revivre leur traumatisme, qui fuient les flashbacks, qui ne font pas tout ce qu’il est possible de faire pour évacuer les restes du traumatisme en elle développent vraiment beaucoup de problèmes de santé et sont hantées plus longtemps et plus lourdement par leur traumatisme. Je préfère confronter mes problèmes. C’est mieux pour moi et pour les autres. Donc soyez curieux. Posez des questions. Peut-être que la première question à poser est quand même : Est-ce que ça te dérange que je te pose des questions sur ce sujet?

Arrêtez d’être passifs ou de jouer des jeux avec les autres. Les personnes ayant vécu des traumatismes graves peuvent avoir tendance à fuir les relations ou à avoir peur d’initier des contacts. Ça pourrait être une bonne idée de les aider, d’aller vers elles. Arrêtez de les fuir dès qu’elles vous en parle. C’est un traumatisme supplémentaire. Si vous avez envie de vous amuser aux dépens de quelqu’un pour flatter votre ego, laissez faire. Allez voir quelqu’un d’autre. Ou personne. Ce n’est jamais brillant de jouer avec les sentiments de quelqu’un, encore moins une personne dont on sait qu’elle a vécu des choses extrêmement difficiles. Les gens ont autre chose à faire dans la vie que de se faire briser le cœur pour que vous vous sentiez superficiellement important. 

Soyez constants. Les personnes ayant été agressées peuvent parfois avoir besoin de présence et de contacts plus clairs et plus directs. Les personnes qui ont tendance à apparaître et disparaître et prendre les relations interpersonnelles à la légère peuvent avoir un effet anxiogène assez fort pour les personnes ayant été agressées parce qu’elles ont, justement, été confrontées à des personnes imprévisibles. Je sais que je me désintéresse très vite de ces personnes en tout cas. Pour moi, les relations, c’est important. Vraiment. Vous pouvez être occupés, pas de problème, mais peut-être que justement, avoir un lien clair à quelqu’un et une présence rassurante quand on est là c’est une façon de s’assurer beaucoup de liberté quand on ne peut pas être là, tout en faisant du bien à l’autre. 

Arrêtez de penser que nous sommes brisées ou fragiles. Il faut vraiment beaucoup de force pour survivre à des agressions, des traumatismes, de la violence et… si nous étions faibles, si nous n’étions que des victimes, nous serions déjà mortes. Il y a de fortes chances que nous soyons plus fortes que vous. Ravalez votre orgueil et acceptez ce fait une fois pour toutes.  

Informez-vous. Les agressions, les traumatismes, ça touche absolument tout le monde dans la société et il est anormal qu’il y ait encore autant d’ignorance à ce sujet. C’est juste complètement obscène. Si des personnes vivent ces choses, vous pouvez tolérer d’y être exposés en pensée quelques minutes ici et là afin de mieux comprendre et pouvoir agir… 

Demandez-leur aussi, surtout, de quoi elles ont besoin.

Je ne suis pas tout à fait satisfaite de cette série de textes. J’y reviendrai l’an prochain. Pour le moment, j’ai besoin d’une pause comme je l’avais annoncé il y a quelques semaines. Je ne suis plus capable de parler de violence sexuelle. Ça a commencé par ma sculpture au printemps, qui était un projet volontaire, mais par la suite j’ai été plongée de façon involontaire dans beaucoup de mauvais souvenirs, pas seulement ceux de mon agression, mais ceux d’autres personnes qui m’ont fait du mal à cause de cette agression. J’ai été plongée dans les agressions des autres, dans le fait que plusieurs personnes que je connais sont des agresseurs et… En plus que ça fait treize ans que j’en parle en classe. J’ai atteint une limite temporaire, mais vraiment, la limite est atteinte. J’ai été un bon petit soldat. J’ai assez donné. J’ai été vraiment généreuse. J’ai été très forte. J’ai besoin de parler d’autre chose. Je continuerai à parler de violence, c’est, après tout, ma spécialisation en littérature, les textes écrits en lien avec la violence extrême, mais je choisirai quand même un autre aspect de la violence à explorer dans les prochains mois. Mes bandes dessinées portent sur des formes de violence, mes peintures aussi, mais ces projets-là, j’ai envie de les faire.

Je vais me concentrer sur mes amis et moi pour un temps. Je vais essayer diverses formes de thérapies contre le stress post-traumatique et voir ce qui fonctionne ou pas. Prendre soin de ma santé en général à travers la pandémie. J’essaierai d’écrire plus sur mes projets artistiques aussi… j’ai un peu trop arrêté de parler de ça.

À plus  

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