La crise existentielle

            J’ai un peu beaucoup négligé le blogue dernièrement. Ce n’était pas par manque d’intérêt. J’étais tout simplement trop fatiguée. J’ai beaucoup travaillé et j’ai été quand même assez malade pendant les deux derniers mois. Ça n’a pas été facile. Même si j’ai passé plusieurs tests médicaux, je ne sais toujours pas ce que j’avais. Je n’ai pas eu de retour du médecin. 

            Je soupçonne par contre que j’étais malade de stress et de deuils non faits. Du stress lié à la précarité de mon emploi, ainsi que du stress de mes relations passées qui ont été très difficiles depuis l’automne dernier et des deuils que je n’ai pas encore faits. J’ai donc décidé de ralentir beaucoup pour un temps, voire de ne presque rien faire pendant quelques jours. J’en avais grandement besoin. Mon esprit et mon corps n’en pouvaient plus. Je me suis retrouvée chez le massothérapeute après avoir eu mal au dos pendant plusieurs jours. Il m’a dit que mon dos était comme un bloc de ciment et qu’il ne comprenait pas ce que j’avais fait. Je perds aussi beaucoup mes cheveux depuis quelques temps. Puisque le problème de thyroïde semble être écarté pour un moment, l’autre cause la plus commune de cela est le stress. Heureusement que j’en ai beaucoup, des cheveux, sinon je pense que je serais chauve depuis plusieurs semaines à la vitesse où ils tombent.     

            Je ne pense pas que je me suis déjà sentie aussi mal que lors des deux derniers mois. À la fin de mon deuxième contrat, pendant quelques jours, je ne pouvais absolument plus rien faire et je n’arrivais même pas à espérer quoi que ce soit. Ça m’a fait me dire que quelque chose ne va pas dans ma vie en ce moment. Ça m’a fait me dire aussi que peut-être je vis la fameuse crise de la quarantaine. Même si je n’ai pas la quarantaine encore, c’est possible. Chez les zèbres, ça peut arriver plus tôt aussi… Maintenant je vais beaucoup mieux et je retrouve de l’énergie et de l’espoir chaque jour. 

            En fait, la crise de la quarantaine n’existe pas réellement. C’est un concept qui a séduit un peu la culture populaire il y a quelques années, mais qui n’a pas de réels fondements scientifiques. Je me suis quand même mise à lire des livres sur cette crise du milieu de la vie. Ce que j’y ai appris, pour le moment, c’est que cette crise correspondrait plutôt à un moment, autour du milieu de la vie, où un événement grave vient donner une sorte de choc à la personne et la conduit à repenser qui elle est et ses choix dans la vie. Les nombreuses séparations que je me suis imposées dans la dernière année, ainsi que les longues périodes de chômage qui ont lieu entre mes contrats en enseignement comptent parmi le type d’événements qui peuvent conduire à ce genre de remise en question. 

            Quoi qu’il en soit de l’existence ou pas de cette crise, le fait de faire un examen minutieux de sa vie à un moment ou un autre est toujours une bonne idée, ne serait-ce que pour s’assurer qu’on vit encore d’une façon qui correspond à nos valeurs et à ce que l’on veut pour la suite de sa vie. Je ne pense pas que c’est mon cas. Je ne pense pas que je vis une vie qui est en accord avec qui je suis et avec ce que je veux. Ça veut donc dire que je dois amorcer un examen en profondeur de ma vie et une réflexion sérieuse par rapport à ce que je veux pour moi pour la suite, afin de me sentir moins mal au quotidien. Je préfère l’idée d’une recherche de cohérence à celle d’une recherche du bonheur. C’est donc vers cela que je vais m’orienter.  

            La première chose que je sais, c’est que je dois trouver une façon de réduire mon stress. J’en vis beaucoup au travail et dans les relations. Je ne sais pas toujours comment me calmer. Il reste aussi que ça ne relève pas que de moi. Le fait d’avoir un emploi précaire depuis des années épuise les nerfs à long terme. J’adore enseigner et je préférerais continuer à le faire, mais si ma précarité continue d’empirer comme elle le fait depuis sept ans, je ne sais pas si je pourrai le supporter très longtemps. Je fais déjà beaucoup d’efforts pour survivre à cette situation sans développer trop de soucis. Ça reste difficile. Personne ne devrait avoir à vivre cela. Je ne rajeunis pas non plus. Donc, c’est inquiétant. Je dois penser à cela sérieusement et trouver des solutions. 

            Les autres sphères de ma vie devront également être examinées. Où est-ce que je veux vivre ? Est-ce que je reste ici ou est-ce que je pars ? Dans cet appartement, cette province, ce pays ? Qu’est-ce que je peux faire pour que mes relations soient meilleures et plus enrichissantes ? Où rencontrer des personnes qui ont des valeurs plus proches des miennes ? Où vont mon temps et mon argent ? Qu’est-ce que je fais à mon corps et à ma pensée ? Ce sont toutes des questions que je devrai me poser le plus sérieusement possible, de même que plusieurs autres, tout cela dans le but de m’approcher d’une vie qui me convienne mieux et dans laquelle je me sentirai plus… vivante justement. 

            Mes activités créatrices de la dernière année ne sont pas remises en question. Je continuerai le blogue. Je vais par contre réduire un peu le nombre d’articles, mais j’essaierai de conserver le rythme d’une fois par semaine pour la bande dessinée. J’ai aussi réalisé que j’avais mis de côté l’un de mes rêves les plus importants ces dernières années, tout ça afin d’essayer d’avoir une carrière qui soit un peu sécurisante. Ça n’en valait pas vraiment la peine puisque les conditions d’enseignement en ce moment sont hors de mon contrôle. Il me faudra donc aménager mon horaire de façon à faire plus d’espace pour mon rêve et moins pour les soucis concernant l’avenir sur lesquels je n’ai pas vraiment d’emprise. 

            Je suis désolée d’être disparue. Certains jours, quand j’avais fini de travailler, je me sentais tellement fatiguée que j’avais de la difficulté à rester debout et même en position assise. Je retrouverai mon souffle sous peu et je prendrai plus soin de moi à l’avenir.

À plus !   

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