C’est difficile de toujours garder le moral dans ce que je traverse. Quand je parle des choses que je vis au travail, les gens pensent toujours que je parle des élèves et font ensuite des visages horrifiés quand je leur dis que non, ce sont des professeures qui font ces choses. On me demande ensuite quel âge elles ont. Un autre visage horrifié suit. J’imagine qu’on s’attendait à ce que je dis la vingtaine. Enfin… jusqu’à présent ça va. Je suis surtout allée faire des photocopies, en classe et à mon bureau. Une m’a fait un visage d’air bête. Mais comme j’ai dit, d’autres ont été gentilles. Sincèrement. Je déteste les hypocrites, les enfantillages, les pertes de temps. J’ai oublié de l’écrire mais vendredi, à la fin de mon cours, un des élèves est venu me parler d’une prof qui lui avait fait subir des traitements qui avaient eu pour conséquence une grosse perte de confiance en lui-même et dans les autres profs. Il était super triste. Moi aussi ça m’a rendue triste. Je n’ai pas demandé le nom de la prof. Il a fini par le dire. C’était bien sûr une des profs qui était impliquées dans mon histoire. Un frisson m’a parcouru le dos. Apres j’étais vraiment vraiment en colère mais je ne l’ai pas montré. Comme quoi, j’avais encore une fois raison: les personnes qui font ces choses ne les font jamais à une seule personne. Et c’est une des choses qui me faisaient peur: que les élèves en souffrent aussi. cette personne a définitivement besoin d’apprendre qu’on peut être neuro atypique ou avoir un handicap ou un trouble de différentes natures et ne pas être un imbécile pour autant. C’est révoltant.
J’aime la pluie de ce soir. Elle m’apaise un peu:
J’ai besoin de faire du ménage dans toute la souffrance que cette situation a fait remonter en moi. J’ai des remontées d’anciennes violences subies. Je suis vraiment tannée. J’aimerais ne plus jamais avoir à côtoyer ce genre de personnes. J’aimerais ne plus jamais subir ces conneries ni avoir à payer des thérapeutes sans arrêt pour me remettre des comportements dérangés de personnes qui ne vont pas bien et qui n’iront probablement jamais chercher de l’aide.
Non, rien de ce que j’ai subi n’est normal ou pas grave.
Je vais aller me reposer. J’en ai grandement besoin.
