J’ai eu un rendez-vous avec une dame spécialisée dans les plans d’avenirs pour les personnes qui ont été gravement traumatisées et qui ont vécu du harcèlement. Elle a aussi travaillé en santé mentale et elle était pas mal dégoûtée et découragée de ce que j’ai vécu cette session à mon travail. Elle a dit, surprise: « C’est allé jusque là?!?! » et ça m’a fait du bien de voir sa réaction qui était la même que la mienne sauf que c’est moins traumatisant pour elle que pour moi. Elle m’a fait remarquer quelque chose après m’avoir longtemps écoutée, soit que mon milieu de travail comporte beaucoup de personnes qui sont comme mes parents, un milieu que j’ai fui à 19 ans pour ne pas en mourir. C’est donc quand même assez normal que je n’arrive pas à m’y épanouir vraiment. Ce sont des personnes très conventionnelles qui n’ont pas tant exploré qui elles sont ni questionné de qu’elles ont appris… et qui ont peur de la différence… et je n’aime pas ça.
Cette femme m’a donné de l’espoir et trouvait inacceptable ce que mes collègues ont fait. Je suis bien d’accord avec elle. Elle m’a fait du bien.
J’ai besoin de pouvoir m’épanouir. D’être libre de participer, de pouvoir contribuer, parce que j’ai beaucoup à offrir même si mes collègues présentes ne le voient pas ou le vivent comme une agression. C’est déprimant. Ce n’est pas surprenant que je sois déprimée. J’aurais quand même aimé que ces personnes envisagent que peut-être leurs comportements avaient des effets négatifs sur les autres… et que ce n’est pas que je suis toujours malheureuse, mais que je n’ose pas être heureuse avec elles ni vraiment me rapprocher parce que ce qu’elles m’ont montré jusqu’à présent ça fait mal. Ça ne donne pas envie d’être là. Et ça ne vient pas de moi, non.
J’ai eu 100% dans mon travail d’introspection sur la violence que j’ai vécue et celle que j’ai pu commettre dans ma vie. Tous les êtres humains sont capables de violence. Ce qui nous différencie les uns des autres, c’est notre capacité à questionner ce qu’on a appris et à changer notre comportement afin de ne pas reproduire les violences apprises… et de choisir le plus souvent possible d’éviter la violence. Certaines personnes ont essayé de me faire croire que j’hallucinais des violences où il n’y en avait pas. On me fait ça depuis l’enfance… mais non. Je n’hallucine pas. C’est vous qui refusez de voir ou qui manquez de connaissance et donc en voyez moins de violence… Je ne dois pas être si cruche dans ma compréhension de la violence si je pète sans arrêt des scores incroyables dans tous mes cours sur la violence, donnés par des gens qui travaillent sur la violence depuis des décennies… mais vous pouvez vous raconter ce que vous voulez.
C’est moi l’idiote qui a eu 100% alors que j’étais à moitié morte de cet événement de harcèlement de groupe et toutes les micros agressions et victimisations secondaires que j’ai vécues dans les derniers mois… oui oui… quelle tarte qui ne sait pas de quoi elle parle!
Il me faudra épousseter Aristote plus souvent. La poussière lui donne un dos velu sinon.

À plus!