Je me sens encore un peu comme ça:

C’est pénible. Ces jours-ci ce qui remonte ce sont des images de ma collègue qui semble se confondre avec un psychiatre et un médecin du travail… dont elle n’a clairement pas les compétences… mais ça n’a pas l’air de la déranger. Dans les textes anglophones qui parlent du type de comportement qu’elle a eu, ils appellent ça Word Salad. Ça dit ce que ça dit… soit du gros n’importe quoi. C’est quand même troublant à voir aller.
Mais bon… je continue d’aller mieux. On dirait que les étiquettes diffamatoires qu’elles m’ont collé dessus commencent à se détacher et que j’y vois plus clair. Je continue une forme d’enquête à ma façon et je le fais pour moi, pour me protéger, pour mettre mes connaissances à bonne cause… jusqu’à ce que j’aie la tête sortie de l’eau.
J’entrevois quand même plus d’avenues de futur qu’il y a quelques jours. La température des derniers jours me donne envie de fuir vers le nord ou dans le bas du fleuve. On verra bien. Je compte pour le moment rester enfermée passé 10h le matin et continuer d’écrire le plus possible.
C’est drôle et triste, comment j’ai cru des mensonges et des manipulations pendant des années… mais ça perd enfin de son pouvoir. Alors que ça aurait pu me détruire… parce que c’est claire en ça l’objectif. Plus jeune ça m’aurait tuée peut-être. C’est difficile à expliquer. J’entrevois ce qui pourrait être. Le fait d’écrire me rappelle aussi tout ce à quoi j’ai déjà survécu. La méchanceté qu’il y a à faire les choses que j’ai subies… c’est souvent. Ça le plus frappant.
Mais je suis en vie et j’ai la joie d’avoir la certitude de ne jamais devenir une madame qui ment comme elle respire et qui est incapable de vivre sans chercher à nuire aux autres. Ma vie est plus belle que ça, c’est certain.

J’ai perdu toute volonté d’être acceptée par ce groupe. Il n’y a pas d’obligations à être ami avec ses collègues… même si oui, il y en a beaucoup que j’aime. J’ai confiance dans ma capacité d’être polie et aidante. Ce qui m’importe ce sont les élèves. J’ai d’ailleurs vu aujourd’hui des petits cadets de police que j’ai contribué à former. J’attends toujours de voir leur regard quand ils me reconnaissent. La dernière chose que je voudrais c’est de les gêner dans l’exercice de leurs nouvelles fonctions. Quand ils sourient je leur fais signe. Sinon je les laisse tranquilles. Aujourd’hui ils souriaient. Ils étaient en train d’intervenir auprès d’un homme en détresse. J’étais pas mal fière.
Je repense beaucoup à quand j’ai commencé à enseigner ces jours-ci. J’ai eu un genre de baptême par le feu. Je n’ai jamais compris après pourquoi les gens trouvaient la tâche difficile au cégep. J’ai appris dans de très grands bassins d’élèves avec des travaux beaucoup plus longs. J’ai appris à être organisée et à garder des traces de tout ce que je faisais et construisais pour pouvoir le réutiliser plus tard. Je suis fière du chemin parcouru, peu importe ce que les langues sales essaient de faire croire à mon sujet. Peu importe la suite, je resterai toujours fière de mon enseignement… et les élèves me l’auront bien rendu aussi à travers le temps.
Mais j’ai besoin d’écrire ces jours-ci. Ça me redonne confiance en moi.
Je suis quand même tannée de devoir survivre à tout.

Le temps est venu pour une plus belle vie.