Je suis encore triste, mais je ne sais plus comment en qualifier le degré. Il y a du bon et du mauvais. Peut-être que je suis en fait surtout déstabilisée et que c’est cette perte de repères qui me fait sentir triste. Je ne sais plus trop ce que je veux. Je sais que je suis encore profondément troublée et dégoûtée par le comportement de ces femmes qui ont essayé de faire croire que c’était mon blogue qui était violent et non ce qu’elles avaient fait. Je sais que c’est probablement un mécanisme de défenses chez elles, du déni et d’autres choses du genre… ça reste quand même extrêmement répugnant à subir. Ça me fait peur aussi à quel point les personnes qui agissent de cette façon sont nombreuses. Je leur souhaite de trouver l’aide dont elles ont besoin et d’acquérir la force, le courage et l’honnêteté nécessaires pour pouvoir faire face aux impacts de leurs choix sur la vie des autres et prennent la responsabilité de leurs erreurs au lieu d’essayer de faire encore plus mal à des personnes qu’elles ont déjà blessées.
J’ai dit que je reparlerais de cette histoire avec ma coéquipière. Je ne dirai rien d’elle à part qu’elle est gentille et intéressante. Son histoire lui appartient. C’est confidentiel. C’est de l’impact sur moi que je voulais parler. De l’impact de cet exercice. Je ne pense pas que « normale » était le bon mot, c’est un mot que je déteste en fait… Ce serait plus l’idée de me trouver enfin dans une forme d’accueil et dans une vérité. Une vérité dont je sais qu’elle existe, mais que je n’avais pas vraiment rencontrée. Mon psy me dit depuis des années que des personnes vivent des vies aussi difficiles que la mienne. Je le lis aussi. Je ne pense pas (ou si c’est le cas, je ne le sais pas), que j’en avais rencontrée rencontrée une de ces personnes. Je veux dire une avec qui il soit possible de parler calmement. Je faisais jusqu’à présent une sorte d’acte de foi. Je me doute bien que les personnes qui dorment dans les parcs autour de chez moi en ont eu une aussi, une vie difficile… mais elles ne sont pas dans un état qui nous permettrait de se parler en général. Parmi les privilèges que j’ai, il y a mon intellect. Cette histoire de douance. Je sais bien que ça m’a sauvée en un sens. Que si j’hésite n’avais pas les capacités d’apprentissage que j’ai, ce serait peut-être moi dans ces parcs. Que si je n’avais pas vécu toute cette violence, je n’aurais pas l’incroyable endurance ni la capacité d’adaptation infinie que j’ai. J’ai l’impression d’arriver d’un envers du monde… et que c’est cet envers que tant de personnes essaient de cacher ou d’ignorer qui m’intéresse, moi.
Je réalise que je n’ai plus beaucoup d’énergie ni de patience pour endurer les personnes qui nient leurs problèmes ou qui font semblant que la souffrance des autres n’existe pas. Encore moins pour les personnes qui m’ont fait beaucoup de mal et qui essaient de faire croire qu’elles sont incapables de violence… et que ce serait bien sûr moi la méchante. Une s’est même éloignée de moi comme si j’étais une merde dégoûtante risquant de la contaminer… à l’âge adulte… il faut le faire… Je sais que c’est commun les gens qui agissent comme ça mais ça me décourage quand même. Je n’aime pas les personnes qui ne travaillent pas sur elles-mêmes alors que d’autres passent leur vie en thérapie pour se remettre des comportements des personnes qui ne vont pas en thérapie…
Je suis tannée qu’on me place dans des situations qui me font perdre mon temps et me donnent l’impression de perdre ma vie.
Il y a du beau aussi, heureusement.
