Être soi

C’est difficile, avoir le courage d’être soi. C’est quand même la meilleure chose à faire.

Mon échange avec la personne dont je parlais dans les deux derniers billets s’est terminé avec elle qui me disait qu’elle était désolée que je le ressente comme ça. Ce qui n’est pas vraiment une excuse en passant. Le problème n’est pas ce que je ressens. Le problème est ce qui a été réellement fait.

Personnellement, je trouve plus désolant que tant de femmes adultes ne s’aperçoivent pas et/ou se soumettent à l’idée que nous vivons dans une société qui force les femmes à se trouver laides et insuffisantes. Qui les maltraite jusqu’à ce qu’elles se soumettent à des critères esthétiques qui ne sont pas les leurs. Qui leur fait croire que personne ne les aimera si elles n’ont pas telle ou telle apparence… C’est répugnant et faux. Infiniment triste qu’autant de femmes mordent à l’hameçon aussi.

La décision de m’échapper de ces pensées toxiques et de ces mensonges, je l’ai prise après ma deuxième agression sexuelle. Avant, je me souciait énormément de mon apparence. C’était horrible. Je me soucie encore de mon apparence, mais d’une façon beaucoup plus saine et qui ne m’empêche pas de vivre aujourd’hui. Je n’ai pas changé ma façon d’être pour repousser les hommes, non. Je l’ai changée pour me sentir mieux et mieux vivre. De toute façon je ne fais encore aborder continuellement par des hommes. Certains s’abaissent même à faire des choses pratiquement impensables pour m’approcher. Certains n’est donc pas tout le monde qui me trouve laide au naturel, non. Il y a apparemment juste des gais et des femmes qui n’approuvent pas mon apparence… qui ne les concerne en fait pas du tout. J’avoue maintenant avoir une répugnance pour les personnes qui tentent de me faire croire le contraire. J’ai un peu pitié des personnes qui sont honteuses d’avoir des cernes par exemple. Oh mon dieu! Tu as l’air d’un humain imparfait qui est fatigué parce que nous vivons dans un monde épuisant! Misère… Je me demande pourquoi on voudrait fuir ce que l’on est à ce point. C’est à fendre le cœur.

Je ne suis pas négligée. Je me lave tous les jours. Je vais chez le coiffeur. Mes vêtements sont propres aussi. J’ai un petit look personnel, qui n’est pas gothique, non. Si j’ai envie de rajouter quelque chose à mon apparence, je vais le faire. Si je n’en ai pas envie, je ne le ferai pas… parce que je suis libre. Parce que c’est moi qui sais qui je suis, ce dont j’ai besoin et comment j’en prends soin.

C’était bizarre de l’entendre me suggérer de faire des sprints d’aspirateur alors que je passe déjà l’aspirateur tous les jours… J’ai deux chiens, tsé… et des allergies…

C’était bizarre de l’entendre dire que mon état était anormal alors que j’ai un médecin, un psychiatre et un psychologue qui m’ont dit que mon état est normal considérant ce que j’ai vécu. Et que ce qu’il me fallait, c’était de vivre de meilleures expériences avec le temps. C’est de ça que j’ai besoin: de temps et d’espace pour moi.

Au lieu de ça, j’ai vécu ce qui me traumatise le plus: découvrir qu’une personne que j’apprécie entretient des pensées négatives, voire répugnante à mon sujet.

À bientôt!

(Encore David a Wojnarowicz, oui…)

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