La première semaine

J’ai encore une fois survécu à tout ce qu’il y a à faire durant la première semaine de la session. Ça s’est très bien passé avec les élèves je pense. Certaines ont déjà parlé de moi en bien à leur ancienne professeure. Ça m’a fait plaisir.

J’ai trouvé le tout un peu épuisant avec le froid. Je commence trois jours à 8h du matin. Ce n’est pas le fait de me lever tôt qui m’embête, non. C’est juste un peu plus dur pour mon de me déplacer et de parler si tôt à d’autres personnes le matin. C’est le moment où je me sens le plus productive et le plus efficace. Ça m’embête un peu de devoir le passer à répéter des choses que j’ai déjà préparées plutôt qu’à être dans ma bulle à faire d’autres choses qui me passionnent au moment où je me sens un peu plus alerte. J’ai tendance à me lever plus tôt pour faire les autres choses importantes avant d’aller travailler… mais il y a quand même des limites à se lever tôt.

J’ai mis fin à mon suivi pour le stress post-traumatique parce que ce n’était pas un suivi pour le stress post-traumatique. On me disait comment être et comment vivre. À chaque fois que je disais quelque chose qui ne lui plaisait pas je me faisais dire que je ne m’aimais pas… alors que je m’aime en fait, depuis longtemps maintenant, même si j’ai quelques malaises ici et là… mais c’est normal que l’estime de soi soit fluctuante. Elle en est arrivée à me dire que je me négligeais parce que cette semaine je ne me sentirais pas bien ni belle… Après deux ans de harcèlement, d’abus de pouvoir et le suivi de de mon ex, je pense que j’ai amplement mérité de ne pas être rayonnante constamment ni de me soucier de l’être. En fait, c’est quelque chose dont je me suis débarrassée il y a longtemps, l’obsession d’être belle… et je ne vais jamais accepter qu’on me replonge de force dans ce tas de merde toxique. J’ai le droit d’être en vie et de vivre ma vie, peu importe ce que qui que ce soi (incluant moi) pense de mon apparence. Je ne vois pas comment le fait de se préférer naturelle pourrait être une preuve que je ne m’aime pas. Ce sont plutôt les personnes qui ont besoin de se changer pour sortir de chez eux sous peine de mourir de honte qui ont un problème. Elle n’arrêtait pas de me parler de ménage aussi. C’est énervant. Je prends soin de mon appartement. Il est propre. Pour l’ordre et la quantité de choses qui s’y trouve, c’est moi qui décide. Il n’y a pas de lien entre le désordre et la saleté. Il n’y a pas non plus de lien entre l’ordre et la santé mentale. Je paraphraserai Einstein en demandant: si un bureau désordonné est le signe d’un esprit désordonné, que nous indique un bureau vide?

Elle voulait aussi que je quitte mon emploi, que j’achète une maison (pour laquelle il me faudra aussi une voiture)… avec très peu d’économies. Je vois mal comment ce serait réaliste. C’est comme me demander de foncer en courant dans un mur sans mettre mes mains devant moi. Je ne sais pas ce que je veux. Je ne vais pas me mettre dans le pétrin pour la satisfaire. Je ne vais clairement pas non plus assez bien pour faire des changements aussi énormes dans ma vie. J’ai de la misère à faire mes journées. J’imagine mal comment je pourrais faire bonne impression dans un emploi inconnu demain matin.

Tout cela sans compter tous les commentaires négatifs sur ce que j’aime faire de mon temps, le gaslighting cognitivo-comportemental, le non-respect de mon introversion… la pression infinie pour que je sois une personne que je ne suis pas, que je n’ai pas demandé à être et que je n’ai aucun désir d’être… ce qui est de la violence.

Et on se demande après pourquoi je ne cherche pas plus les relations interpersonnelles…

Je suis en thérapie depuis vingt ans. Je sais qui je suis. Je m’aime comme je suis. Je m’aime en tout cas assez pour vouloir être moi et refuser qu’on me force à être quelqu’un d’autre… c’est plutôt bon signe. Ce que je voulais, c’est souffrir moins. Pas qu’on essaie de me convaincre que je devrais être quelqu’un d’autre et que j’hallucine… alors que je parle de choses factuelles.

Ça me faisait beaucoup de tort. Donc j’ai fermé le dossier. Je garde mon merveilleux psy qui a le mérite de me respecter.

J’arrête ici. J’ai besoin de repos.

Peut-être à bientôt.

5 commentaires

  1. Je suis vraiment impressionné que tu aies pu mettre tes limites aussi clairement et que tu te sois bien outillée pour savoir ce que tu veux. C’est très inspirant. Je travaille à avoir cette résilience et cette capacité d’introspection!

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    1. Ce n’est pas évident. J’avais une forme d’attachement à la personne déjà… mais en même temps quand quelque chose se répète et contredit qui on est et ce qui est bon pour nous, c’est plus facile de finir par comprendre que quelque chose ou quelqu’un ne nous convient pas.

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      1. C’est sûr, quand on développe une relation sur le plus long terme, ça fait toujours plus mal de voir l’écart entre ce qu’on est et la perception des autres. J’ai été renversé à quelques reprises ces temps-ci en constatant la perception de moi qu’avaient des personnes très proches; c’est certainement plus difficile encore lorsque ça remet en question la relation.

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