La différence

Toute ma vie j’ai subi des humains le genre de traitements que je subi au travail. Ce n’est pas parce que je serais juste une victime non… et cette phrase est complètement fausse et tellement conne peu importe à qui elle s’adresse. La vérité c’est que les personnes neuroatypiques subissent constamment du harcèlement des personnes neurotypiques. Les études sur le sujet pleuvent littéralement. Beaucoup de personnes neuroatypiques prétendent aimer et respecter la différence, mais dans les faits, aussitôt que quelqu’un est un peu différent, la plupart du temps ça les inquiète, ça les dérange… et ils fessent dessus à cœur joie pour faire disparaître ce qu’ils perçoivent comme une menace à leur fragile identité.

Au primaire, au secondaire, à l’université, dans toutes les disciplines que j’ai étudiées, dans toutes les formations que j’ai faites, c’est toujours inévitable. Je suis toujours toujours toujours (ou en tout cas 99% du temps) la personne qui comprend, apprend et applique le plus vite. Toujours. Même dans un cours de sushi la formatrice a laissé tomber ses bras et a dit: « What the fuck? C’est sûr que tu l’as déjà fait avant! » Et non, ce n’était pas le cas. Je ne me serais pas payé un cours de débutante si je l’avais déjà fait avant. Je suis intelligente et j’apprends extrêmement vite. C’est ma principale caractéristique. Je l’ai héritée. C’est génétique. Je l’ai bien entretenue et je continue de le faire. Mais à chaque fois que je suis à quelque part où d’autres personnes peuvent me voir apprendre, ça les insécurité et si ces personnes vivent dans la compétition et ont une estime fragile, elles m’attaquent. C’est systématique. Une fille qui avait un an de moins que moi a même fait une crise de nerf publique quand nous étions à l’université parce que j’arrivais toujours avant elle et que ma présence était insupportable pour elle parce qu’elle se sentait toujours invisibilisée.

Ça m’a pas mal brisé le cœur. Je l’aimais bien et à cause de la violence que j’ai vécu, je me détestais encore et ça ne me serait jamais venu à l’esprit que qui que ce soit puisse m’envier ou jalouser. Il reste que c’est pas mal ça l’explication du harcèlement à tous les coups. Personne n’essaie d’écraser quelqu’un qu’il considère réellement inférieur. Jamais. On écrase les personnes dont on considère qu’elles ont quelque chose de plus que nous. Le problème avec ça, c’est qu’on ne réussira jamais à enlever à l’autre ce qu’il a.

Des femmes se sont imaginé que j’allais essayer de leur voler leur chum, alors que tous les hommes qui me connaissent savent très clairement qu’ils se feront rabroués s’ils tentent quoi que ce soit avec moi alors qu’ils sont en couple. Des femmes scrutent mes moindres gestes pour essayer de me prendre en faute. Des femmes me font des coups de cochon répugnants constamment. Les femmes m’ont attaquée toute ma vie… alors que moi je passe ma vie à me battre pour elles… à lutter contre la violence, à changer les choses pour nous.

C’est révoltant et épuisant. C’est aussi profondément injuste. C’est aussi pas mal stupide et inutile de m’en vouloir pour quelque chose que j’ai obtenu de façon génétique. Je ne pourrais pas le changer, même si je le voulais… à moins de me détruire moi-même… chose que j’ai faite pendant longtemps… en pétant quand même des scores et en faisant des choses que peu de personnes peuvent faire, surtout dans l’état dans lequel j’étais.

Je ne suis plus capable d’endurer la violence et la merde des autres qui ne cherchent pas à régler leurs problèmes, voire ne se posent même aucune question sur leur comportement et leurs paroles. Ça fait douze ans que je vis du harcèlement sur mon lieu de travail. Harcèlement commis par des personnes qui se disent à elles-mêmes être de bonnes personnes et sont publiquement contre la violence. Une de ces femmes qui m’a prise une idée, sa façon de me traiter c’est légalement du harcèlement. C’est reconnu comme tel depuis dix ans maintenant. Et elle ose se fâcher et me faire la morale parce que j’ose lui demander de dire mon nom la prochaine fois qu’elle utilise une de mes idées. C’est la façon de penser des agresseurs: « Comment oses-tu nommer et parler de ce que je t’ai fait? »

L’autre me demande quelle raison elles pourraient bien avoir de me voler une idée. Comme si c’était à moi de répondre à cette question. Le fait est que ça a été fait sur le plan factuel. Ça a été fait devant mes yeux. Elles ne se sont pas objecté. Elles ont souris, fières d’elles-mêmes d’avoir eu mon idée et de la présenter au département. Les personnes qui doivent répondre à la question de pourquoi elles ont choisi d’avoir ce comportement de merde là, c’est à elles-mêmes qu’elles doivent la poser. Je ne le sais pas. Moi je suis toujours respectueuse et polie avec tous mes collègues. Je ne les insulte pas. Je ne les harcèle pas. Je ne les dénigre pas. Je ne leur vole pas leurs idées. Je ne fais rien de tout ça.

Je ne sais pas si je changerai un jour de travail. Je sais cependant que ça fait douze ans que j’ai peur d’aller travailler tous les jours et que ce n’est clairement pas sain. Les gens pensent souvent que les sujets qui m’intéressent nuisent à ma santé mentale. Ce n’est pas le cas. Voir tout le travail que tant de gens font contre la violence, ça me guérit. Ce qui me retraumatise constamment, ce sont les violences que je vis au quotidien de la part de personnes profondément inconscientes ou hypocrites ou les deux. Ce sont des violences réelles. Pas des connaissances ou des images avec lesquelles j’entre en contact dans mes recherches. Ce sont les répétitions des violences, de l’absence de respect de ma personne et de mes droits et… qui me tuent. Clairement pas regarder une série de True Crime ou apprendre l’histoire de la victimologie et voir des milliers de personnes lutter contre la violence.

C’est épuisant. Je n’en peux plus. Sachant que ces personnes savent que j’ai vécu beaucoup de violence et que je souffre de stress post traumatique et qu’elles décident quand même d’agir de la sorte, ça fait de poser de sérieuses questions sur leurs motivations et leur santé mentale. Je ne suis pas responsable de la violence des autres. Je ne suis pas non plus responsable de découvrir pourquoi ils font ce qu’ils font. Je suis responsable de ma vie et de mon comportement.

Si vous voulez finir votre travail plus tôt et faire autant de choses que moi, levez vous à 4h du matin tous les jours. Même les fins de semaine, oui. Vous ne pouvez pas? C’est votre calisse de problème. Crissez-moi patience! Faites votre vie et laissez-moi faire la mienne. Peu importe ce que vous vous racontez à vous-mêmes, ce n’est pas normal que vous agissiez de façon à ce que j’aie peur d’aller travailler depuis douze ans… et que deux experts en santé mentale me disent de cacher mon intelligence et ce que je fais pour m’en tenir à des conversations superficielles avec vous pour que vous cessiez de vous en prendre à moi. Votre réflexe sera probablement de vous dire que je suis prétentieuse de dire ça. Le réflexe devrait être de vous imaginer ce que ça fait de se faire dire de cacher son intelligence pour pouvoir survivre et avoir un peu de paix.

Si vous êtes un élève qui me lit, sachez que ce n’est jamais vous le problème. Le travail que je fais avec vous, je l’aime.

Le reste de la vie va mieux. La santé remonte. Hannah et Cassius ont reçu leurs beaux colliers:

Je commence aussi à récolter ce qu’il reste dans mon jardin.

Je reviendrai sous peu.

Prenez soin de vous.

2 commentaires

  1. Je me reconnais à beaucoup d’endroits dans ton texte, à l’exception de ce qui concerne la violence genrée où je suis privilégié. Je vois ce qui est parfois une méfiance ou du mépris vis-à-vis de ma manière de réussir certaines choses. Ce que je trouve difficile, c’est qu’il n’y a rien à faire. Je ne vis pas beaucoup de discrimination par rapport à mon identité, mais plusieurs éléments que tu décris ici sont probablement ce que je vis qui y ressemble le plus.

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    1. Je suis désolée que tu en vives aussi. On n’est jamais protégé pour toujours je pense. Il suffit de tomber sur un individu ou pire un groupe pour qui notre identité est insupportable subjectivement. Courage. C’est terrible, je sais…

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