Se réparer (3)

Finalement mon dossier a été fermé ce matin. Je pense que même si c’est complètement injuste et absurde, je devrai payer les frais qui restent pour pouvoir avoir la paix. La personne qui a le pouvoir d’enlever les frais ne me répond pas… mais c’est une des deux directrices qui ont agi vraiment bizarrement et mal dans le bureau donc ce n’est pas très surprenant. Quelqu’un me disait récemment que ce sont rarement les personnes les plus intelligentes et méritantes qui sont dans les postes de pouvoir (bien qu’il y ait des exceptions, oui). Ce sont plutôt les personnes qui aiment être en avant, qui ne se remettent pas en question et qui obéissent bien à ce qu’on leur demande de faire (on étant les personnes ayant plus de pouvoir qu’elles). C’est pas mal ça, je pense. On ne sait pas trop non plus qui trouve ça professionnel et normal de ne pas répondre à quelqu’un face à qui on est en tort… Il ne faudrait surtout pas admettre une erreur, mort de honte s’ensuivrait probablement.

Mon psy revenait de vacances aujourd’hui. Il était découragé, mais pas vraiment surpris. C’est la joie de faire face à de grosses institutions qui sont plus soucieuses de leur image artificielle que de justice…. Alors qu’elles devraient en fait être exemplaires sur ce point… Il a par contre soulevé un point intéressant, mon psy. Il a dit que je pouvais être fière d’avoir été plus efficace et plus forte pour me protéger et me défendre que l’institution qui devait occuper ce rôle et qui a finalement plutôt contribué à me nuire et me traiter injustement pendant des mois.

J’ai aussi décidé de changer d’intervenante pour le stress post traumatique. Elle n’est pas mauvaise. C’est juste qu’elle annule vraiment souvent et partait encore pour un très long congé de maladie. Je ne sais pas trop comment je suis supposée faire pour aller mieux et consolider mes acquis si mon suivi est inconstant. J’ai aussi beaucoup de difficulté à faire confiance aux êtres humains alors quelqu’un qui annule souvent, ça ne me fait pas vraiment du bien disons. Donc j’ai décidé de changer même si j’ai de l’empathie pour ce qu’elle vit. J’en ai profité pour discuter de la situation que je venais de traverser à l’université avec la directrice du centre afin de lui expliquer pourquoi j’avais besoin d’un suivi plus régulier. Elle non plus n’a pas trouvé que la façon dont le personnel de l’université a géré ça était adéquate. Elle a même laissé échappé un « Mon Dieu! Vous êtes vraiment mal tombée! » et un « Ben oui, c’est ça… » quand j’ai parlé du faire qu’on avait essayé de me rendre responsable du comportement du chargé de cours. Il y en a des personnes bien formées pour gérer les cas de violence… mais elles sont encore trop rares.

J’en profite pour glisser un truc drôle qui s’était passé pendant mon nettoyage dentaire. Quand j’ai eu fini de raconter mon histoire de l’université à la dame âgée qui faisait le nettoyage, elle m’a dit: « Ce sont des vrais Donald Trump ces gens là! » et j’ai bien ri, oui… et non, je ne lui avais pas parlé du syndrome de la Trumpette. Elle a fait le lien indépendamment. C’est parlant. Trump est devenu un trope dans l’imaginaire collectif.

J’ai eu une journée encore un peu à la traîne, mais c’était un peu moins pire que les jours précédents. J’ai lu le deuxième livre de Christiane F. Je dois avouer qu’elle m’énerve un peu la Christiane adulte. J’ai aussi l’impression qu’elle ment pas mal de façon compulsive puisque si on la croit, pas mal tous les succès pop des trois dernières décennies auraient été écrits à cause d’elle ou quand elle était là. J’en ressors insatisfaite d’un côté, puisque c’est encore un maudit livre qui idéalise la consommation de drogue ou tente de la faire paraître drôle et cool… En même temps ma curiosité est assouvie. Je fais le même reproche à la nouvelle (2021) adaptation en série de son premier livre. Mais en même temps ça laisse de la place pour le travail que j’élabore en ce moment.

J’ai reçu mes semis de PEI. J’ai planté ça tantôt dans mes petites serres. On verra bien. J’avais un peu plus d’énergie. Je sais que je dois être patiente. Ça prend du temps se remettre d’une si longue période d’abus. Souvent les gens pensent que la violence physique est plus grave que la violence psychologique parce qu’ils ne voient pas que c’est une fausse opposition. La violence psychologique a aussi une dimension physique, entre autres en raison du stress qu’elle provoque et qui épuise l’organisme et que cela finit pas abîmer le système nerveux… C’est très très long à réparer. Pas mal plus qu’un œil au beurre noir.

J’ai espoir quand même.

Bonne nuit

2 commentaires

  1. “La violence psychologique a aussi une dimension physique, entre autres en raison du stress qu’elle provoque et qui épuise l’organisme et que cela finit pas abîmer le système nerveux…”

    C’est tellement vrai. Et inversement, recevoir des coups, ça fesse aussi en termes psychologiques. La violence c’est la violence, sous toutes ses formes.

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    1. Oui. On considère aussi que l’anticipation d’être frappé à nouveau est plus dommageable que le coup en lui-même… tellement qu’à un moment donné cette seule peur suffit à contrôler la personne sans la frapper. Mais ça fait mal, oui. Ça coupe le souffle recevoir un coup. Aucun de ces comportements n’est acceptable.

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